En septembre dernier, j’ai utilisé les services de VIA Rail pour un rapide allez-retour à Montréal.

Y a de ces jours…

CHRONIQUE / Je n’avais pas pris le train depuis des lunes. Mais en septembre dernier, j’ai utilisé les services de VIA Rail pour un rapide allez-retour à Montréal.

Embarquement à 7 h. Rencontre à Montréal d’une heure ou deux. Puis retour à Ottawa sur le train de 14 h. Merci beaucoup et à la prochaine.

Quand sera cette «prochaine»? Sais pas. Mais depuis ce jour, pas une semaine ne passe sans que VIA Rail me fasse parvenir un courriel pour me tenir au courant de ses aubaines, ses rabais, ses nouveautés. Et c’est fatigant, ça.

Encore hier, VIA m’a écrit: «Nous avons remarqué que vous n’avez pas pris le train depuis un certain temps, donc nous prenons un instant pour vous saluer et vous rappeler que… bla, bla, bla…».

Croit-on vraiment que ce courriel me convaincra de réserver un billet pour Dieu-sait-où? Je ne recevais pas de courriels de VIA Rail avant septembre dernier. Mais il n’a suffit que d’un simple allez-retour pour que je devienne du jour au lendemain un ami virtuel de cette compagnie de transport ferroviaire.

Je sais que je pourrais facilement me «désabonner» de ces courriels d’un simple «clic». Mais si jamais je dois réemprunter le train, ce serait bien de connaître les aubaines en vigueur… Bref, j’aimerais avoir le meilleur des deux mondes.

Je suis allé passer cinq jours à New York à l’automne 2011. Il y a plus de sept ans. Et j’ai utilisé les services de «l’agence de voyage en ligne» Expedia pour réserver mon billet d’avion et ma chambre d’hôtel. Or, qui m’écrit hebdomadairement depuis les sept dernières années pour m’annoncer les «incredible New York deals» ? Bien oui. Expedia. Et je me répète, c’est fatigant, ça.

Mais c’est comme ça. Et ce n’est pas d’hier. Vous recevez tous ces courriels publicitaires. On est tous dans le même bateau. Bienvenue en 2019, Gratton.

Mais je vous le dis, y a de ces jours où — si je pouvais me le permettre — je m’achèterais une petite maison à la campagne, pour ne pas dire «dans le bois», où j’élèverais des poules et des lapins et où je ferais pousser mes légumes en me coupant totalement des nouvelles technologies, voire des courriels, de Facebook et du reste. Une marche en forêt avec mon chien serait ma sortie quotidienne. Le reste du temps, je vivrais tranquillement au gré et au rythme des saisons. Et pour parler à mes amis et mes proches, j’utiliserais cette antiquité nommée un «téléphone». Si antique serait-il, qu’il ne serait même pas «intelligent». Nous aurions au moins ça en commun, mon téléphone et moi.

Y a de ces jours, je vous dis…

La semaine dernière, J’ai fouillé sur Google pour obtenir le prix et la disponibilité d’un item chez Canadian Tire. Des essuie-glaces, pour tout vous dire.

Donc je trouve l’item que je recherche, j’obtiens le prix et on indique qu’il en reste trois chez le Canadian Tire le plus près de chez moi. Parfait. Merci Google.

Or, cinq minutes plus tard, je jette un coup d’oeil sur Facebook, question de voir ce que le reste du monde a à dire, pour regarder une photo du souper que Bernadette a préparé hier soir et une autre photo de Roger qui pellette son entrée de cour, lorsqu’un message de Canadian Tire passe parmi le flot.

«N’oubliez pas que nos essuie-glaces pour votre voiture sont disponibles et bla, bla bla.»

Tout de même incroyable. Je fouille dans un moteur de recherche et, cinq minutes plus tard, Facebook vient me rappeler ce que j’ai trouvé sur ce moteur de recherche. Quelqu’un a dit: «Big Brother is watching»?

Et ai-je mentionné que tout ça me fatigue?

Une petite maison dans le bois. C’est parfois tout ce que je demanderais. Avec un foyer à bois pour les froids jours d’hiver. C’est tout.

Ah oui, j’oubliais. Une petite maison dans le bois, mais à cinq minutes des magasins et services, si possible. Et pas trop loin d’un hôpital non plus, je ne rajeunis pas. Et avec le câble pour la télé, évidemment. Et avec Netflix aussi. J’aime bien Netflix. Et avec…

(Soupir…)

Dites-moi, ça existe quelques part, le meilleur des deux mondes?