Guy Laflamme, directeur général d'Ottawa 2017

WOW

CHRONIQUE / Sapré Guy Laflamme. Il me l'avait bien dit.
J'ai assisté à un match du Rouge et Noir d'Ottawa l'automne dernier. Un ami m'avait invité dans une loge de la Place TD pour regarder cette partie et Guy Laflamme, le directeur général d'Ottawa 2017, s'y trouvait. On a donc jasé pendant un bon bout, lui et moi, c'est-à-dire entre les passes de Henry Burris et les « mouchoirs sur le jeu ».
« Tu sais ce que j'ai vraiment hâte de voir l'an prochain ? (cette année), lui ai-je demandé.
-Quoi ?
-Ces affaires qui s'appellent La Machine dont tu parlais l'autre jour en conférence de presse. Est-ce vraiment aussi flyé que tu le disais ?
-Denis, crois-moi, les gens n'en croiront tout simplement pas leurs yeux, m'avait-il répondu. Ce sera spectaculaire. Du jamais-vu en Amérique du Nord. Ce sera grandiose. Ne manque surtout pas ça. »
Bon. Il en beurre épais, me suis-je dit. Mais ça fait partie de ses tâches, quoi. Mais... non. Guy Laflamme n'en beurrait pas épais. Pas du tout. Il aurait même pu en ajouter quelques couches.
Parce que je suis allé voir La Machine dans le marché By samedi midi et... je n'ai pas de mot. Enfin, oui. J'ai un mot qui me revient en tête. Un seul : wow.
C'était hallucinant comme théâtre urbain. Spectaculaire et grandiose, comme disait Guy Laflamme. Audacieux. Mais je ne vous apprends probablement rien ce matin puisque vous les avez sûrement vues, ces créatures géantes mécaniques, Long Ma le dragon et Kumo l'araignée. Je pense que le tout Ottawa et le tout Gatineau étaient dans les rues du marché By samedi midi. Une mer de monde a n'en plus finir.
Une mer de monde qui a applaudi lorsque les artistes de La Machine sont montés dans l'araignée pour prendre leur place « au volant » de cette créature. Une mer de monde qui est devenue solennellement silencieuse lorsque Kumo s'est réveillée et a commencé à s'étirer les pattes sur une douce musique. Une mer de monde qui riait lorsqu'elle se faisait arroser par Kumo et Long Ma. Une mer de monde ébahie par l'enjambée de Kumo par-dessus des feux de circulation et les crachements de feu de Long Ma. Une mer de monde qui suivait pas à pas ces machines époustouflantes dans le marché. 
Je n'ai jamais vu Ottawa si en vie que samedi dernier. Jamais. C'était enivrant. Wow.
Sapré Guy Laflamme.
Le dragon et l'araignée se sont pourchassés dans les rues du marché pendant quelques heures. J'étais sur la rue Clarence et j'ai profité de l'absence de ces deux créatures sur ma rue pour retourner à ma voiture garée deux pâtés de maisons plus loin. Mais comme je marchais vers la rue Dalhousie, j'aperçois Long-Ma le dragon tourner lentement le coin pour se diriger vers moi. Long-Ma suivi de la mer de monde. D'un tsunami de monde.
Pas le choix, j'ai dû m'arrêter, me coller sur un mur et regarder le spectacle passé. (Et me faire arroser par un dragon). Une simple marche vers le stationnement municipal qui, habituellement, me prend trois minutes, a pris 30 minutes en ce samedi après-midi.
Mais je ne m'en plains pas. Mais pas du tout ! En fait, pour tout vous dire, après le passage de Long-Ma, j'espérais que Kumo tourne le coin à son tour.
On retombe si rarement en enfance.