La Gatinoise Denise Thibaudeau est fière de son petit-fils Mikaël Kingsbury qui a remporté la finale de l’épreuve des bosses aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Une grand-maman en or

CHRONIQUE / Son cri de joie a retenti dans la maison lundi matin. À en réveiller tout le voisinage et même toute la ville de Gatineau.

Son petit-fils, Mikaël Kingsbury, venait de remporter la finale de l’épreuve des bosses aux Jeux olympiques de PyeongChang et s’assurait ainsi le seul titre qui manquait à son palmarès : la médaille d’or.

Sa grand-mère qui habite Hull depuis toujours, Denise Thibaudeau, 75 ans, a crié et pleuré de joie en regardant son petit-fils brandir le drapeau canadien en signe de victoire.

« Je ne trouve pas les mots pour décrire comment je me sens, a-t-elle dit lorsque jointe par Le Droit lundi matin, quelques heures après la descente victorieuse de son petit-fils. Je suis tellement heureuse. Mikaël a atteint son objectif et je n’en reviens pas. Tous ses rêves se réalisent. Ça me dépasse ! Je pète le feu, comme on dit ! J’ai fait des pas de danse dans le salon en criant ‘Merci mon Dieu !’, ‘Merci mes anges !’ », a-t-elle ajouté dans un éclat de rire.

Cette médaille d’or de Mikaël Kingsbury se veut un véritable baume sur deux années difficiles pour ses grands-parents, Denise et Jean Thibaudeau. M. Thibaudeau est paralysé et habite la résidence Villa des Brises, à Gatineau. Et Mme Thibaudeau est atteinte d’un cancer aux poumons. « Un cancer très avancé, dit-elle. La maladie ne nous a pas épargnés en 2016, mon mari et moi. »

Mais la maladie n’allait pas empêcher Mme Thibaudeau de regarder son petit-fils remporter l’or. Elle lui avait d’ailleurs promis d’être devant son téléviseur lorsque le grand jour arriverait. Elle raconte :

« À sa dernière visite chez nous, l’automne dernier, Mikaël m’a pris dans ses bras et il m’a dit : ‘Grand-maman, fais-moi une promesse. Promets-moi d’être là pour les Jeux olympiques’. Et je suis là pour lui aujourd’hui. J’ai tenu ma promesse. Et là, je suis comme Mikaël, je rêve que je serai encore là dans quatre ans. Mais j’ai une grosse lutte qui m’attend. »

— Est-ce que votre époux a regardé la descente de Mikaël ce matin (hier) ?

« Ah oui. Je l’ai réveillé ce matin. J’ai appelé à la résidence jusqu’à ce qu’il réponde. Il dort beaucoup avec les médicaments et tout ça. Mais il m’a finalement répondu et il n’a pas manqué ça. Il est tellement fier de son petit-fils. »

Mme Thibaudeau avoue qu’elle est légèrement appréhensive lorsqu’elle regarde Mikaël dévaler les pentes de ski. S’il fallait qu’il se blesse.

« J’ai mes craintes, dit-elle, mais je fais comme Mikaël. Je rentre dans ma bulle. Et ce matin, j’étais dans ma bulle. J’étais très sereine. C’était plutôt curieux parce que je suis habituellement très nerveuse en le regardant aux compétitions du circuit de la Coupe du monde. Et ce matin, c’était pour la médaille d’or aux Jeux olympiques, j’aurais dû être doublement nerveuse. Mais non, j’étais sereine. Et là, je savoure la victoire. »

Mme Thibaudeau n’est pas surprise par la performance de son petit-fils de 25 ans. « Il sautait avant de marcher, lance-t-elle. Quand il était enfant et qu’il venait nous visiter à Hull, il montait sur les divans en me disant : ‘Grand-maman, je vais sauter, attrape-moi !’. Il nous faisait peur, le p’tit vlimeux. Il était sauteur avant de marcher. Ce n’est pas d’hier tout ça. »

Le téléphone de Mme Thibaudeau n’a pas dérougi lundi matin. Parents, proches et amis voulaient tous partager leur joie avec elle.

« Et là, j’attends l’appel de Mikaël, dit-elle. Il m’appelle toujours après ses compétitions. Et j’ai bien hâte de lui parler. Mais je ne sais pas encore ce que je lui dirai. Je pense que je vais laisser la nature trouver les mots. Chose certaine, j’ai bien hâte de le revoir et de voir sa médaille d’or ! Je suis tellement heureuse », de conclure la fière grand-maman du « king des bosses » et champion olympien.