L’Armée du Salut ne lâche pas le morceau et compte aller de l’avant avec la construction d'un méga-refuge de 350 lits sur le chemin de Montréal pour remplacer celui qui est situé sur la rue George.

Un motel ou un refuge ?

CHRONIQUE / Ainsi, c’est en octobre prochain que le mouvement S.O.S. Vanier se fera entendre en justice.

Comme Le Droit le rapportait la semaine dernière, le Tribunal d’appel de l’aménagement local – autrefois appelé la Commission des affaires municipales de l’Ontario – entendra l’appel des opposants au projet de construction du méga-refuge de 350 lits de l’Armée du Salut sur le chemin de Montréal, en plein cœur de Vanier.

De nombreux Vaniérois ne veulent rien entendre de la présence de ce refuge dans leur cour, et ils l’ont clairement fait savoir au cours de la dernière année à grands coups de manifestations et de sorties publiques. Mais l’Armée du Salut ne lâche pas le morceau et compte aller de l’avant avec la construction de ce centre qui remplacerait celui présentement situé sur la rue George, dans le marché By d’Ottawa.

J’ai clairement signalé mon appui au mouvement S.O.S. Vanier dès les premiers jours de ce conflit. Ce refuge, qui compterait 60 lits de plus que l’Hôpital Montfort, n’a pas sa place, à mon avis, au cœur d’une communauté qui, déjà, en arrache. 

J’avoue cependant qu’un voisin vaniérois a récemment semé un doute dans ma tête. On jasait l’autre jour lui et moi de ce projet de l’Armée du Salut et il ne semblait pas tout à fait d’accord avec la position prise par S.O.S. Vanier.

 Me dis-tu que t’es en faveur de la construction de ce méga-refuge ? lui ai-je demandé.

« Pas nécessairement, m’a-t-il répondu. J’aimerais mieux qu’on le construise ailleurs. Mais entre toi et moi, ça ne peut pas être pire que ce qui se trouve là en ce moment. »

Hmmm… Vu d’même.

Il a un peu raison, le voisin. Ce qui se trouve présentement au 333 du chemin de Montréal – là où l’Armée du Salut veut s’établir – n’a vraiment rien d’un attrait touristique. Oh que non.

On parle du motel Concorde, un vieux motel qui a connu de plus belles années et qui abrite une taverne qui, elle aussi, a connu de plus belles années. Le mot « miteux » me vient en tête pour qualifier ce motel. Mais je vais me retenir, n’y ayant jamais séjourné. Mais allez jeter un coup d’œil sur les commentaires laissés sur le site TripAdvisor par d’anciens clients de ce motel et ça vous donnera une bonne idée des lieux. Certains de ces commentaires sont à faire frémir.

Et c’est sans parler des alentours de ce motel, c’est-à-dire du va-et-vient des filles de joie sur les trottoirs du chemin de Montréal et la clientèle que ces fleurs de macadam attirent. Disons que ce n’est pas un coin de Vanier où je vous suggérerais d’aller marcher avec votre chien le soir venu.

Est-ce qu’un nouveau refuge où les allées et venues des usagers seraient supposément contrôlées par les employés de l’Armée du Salut pourrait être mieux que ce motel pour le quartier Vanier ? Je ne sais pas. Je vous pose la question, chers lecteurs vaniérois.

Je ne retire pas mon appui à S.O.S. Vanier. Mais pas du tout. Sauf que la question se pose : un motel tombé en désuétude ou un nouveau refuge pour sans-abri ?

« Quatre trente sous pour une piasse », me répondra le voisin…  

***

DES SOUHAITS VENUS DE LOIN

Changement de sujet… Je recule un peu dans le temps et je vous ramène aux Fêtes.

J’ai reçu quatre cartes de Noël plutôt « spéciales » en décembre dernier. Quatre souhaits venus de loin. De très, très loin.

En décembre 2017, je vous ai parlé des élèves de 5e et de 6e années du Brookside College, à Melbourne, en Australie, qui suivaient un cours de français. Et dans le cadre de ce cours, ces 115 étudiants devaient rédiger une carte de Noël en français à offrir à des personnes qui ne pouvaient être auprès de leurs proches durant les Fêtes. Mais puisqu’on ne compte pas tellement de francophones en Australie, ces jeunes élèves, à la suggestion de leur enseignante – une Canadienne originaire d’Ottawa – ont fait parvenir leurs cartes de souhaits aux patients de l’Hôpital Montfort.

J’ai rédigé une chronique à ce sujet et l’équipe des communications de Montfort a fait parvenir mon texte à l’enseignante en question.

Or, le mois dernier, quelques jours avant Noël, j’ai reçu quatre cartes de Noël fabriquées et rédigées par des élèves du Brookside College de Melbourne, à l’autre bout du monde. Une note accompagnait ces cartes :

« Cher Monsieur Gratton,

«Je suis professeure de français au Brookside College. Vous vous souvenez peut-être avoir écrit un article sur certaines cartes de Noël que nous avons faites pour les patients de l’Hôpital Montfort. Nos étudiants veulent garder la tradition d’envoyer des cartes de Noël et des vœux pour les patients, et ils me demandaient pour vous aussi !

Nous espérons que vous apprécierez les cartes et ces nombreux souhaits. Joyeux Noël et bonne année 2019.

Sincères amitiés,

— Heather Jones»

Merci beaucoup Mme Jones. Et un merci grand comme la Terre à Oliver, Marie, Joyleen et Maria pour vos merveilleuses cartes. Je les conserverai précieusement. Et sachez, chers élèves du Brookside College, que les patients de l’Hôpital Montfort qui ont reçu vos souhaits des Fêtes le mois dernier ont été très touchés par votre geste et votre générosité. 

Bonne année à vous tous et poursuivez cette tradition. En ces froids mois d’hiver, ici au Canada, vous souhaits réchauffent nos cœurs.

— Denis