Drew Dobson est à la tête du mouvement SOS Vanier.

S.O.S. Vanier

CHRONIQUE / C'est une véritable petite armée qui prend vie à Vanier. Une armée pour contrer l'arrivée de l'Armée du Salut. Une armée contre l'Armée, bref. Comme quoi c'est la « guerre ».
D'un côté, l'Armée du Salut qui compte construire en 2019 un tout nouvel édifice multiservice au 333, chemin de Montréal, en plein coeur du quartier Vanier. Ce nouveau centre de l'Armée du Salut viendrait remplacer les locaux de cet organisme qui se trouvent actuellement sur la rue George, dans le marché By d'Ottawa.
De l'autre côté, un regroupement citoyen qui s'est donné le nom évocateur de S.O.S. Vanier et qui compte bien empêcher la venue de ce nouveau centre de l'Armée du Salut à Vanier.
Et ce soir, à 18 h, S.O.S. Vanier tiendra une manifestation devant l'édifice à condominium situé au 200 de l'avenue Lafontaine, de l'autre côté de la rue où l'Armée du Salut compte construire son nouveau centre de 50 millions $.
Pourquoi une manif devant cet édifice ? Drew Dobson, le propriétaire du Finnigan's Pub (voisin de la future Armée du Salut à Vanier), est à la tête du mouvement S.O.S. Vanier. Il explique pourquoi le groupe a choisi ce lieu pour manifester.
« Les dirigeants de l'Armée du Salut se trouveront dans cet édifice du 200 Lafontaine, mardi soir, pour offrir aux propriétaires de condos de ce building une présentation du centre qu'ils comptent construire au 333 chemin de Montréal, raconte M. Dobson. Or, il s'agit d'une présentation privée à laquelle le public et les médias ne pourront assister. C'est ce qu'ils appellent des consultations publiques ? On parle ici d'une présentation privée et non d'une consultation publique. Tout le processus s'est fait secrètement et il est clair que l'Armée du Salut n'a aucunement l'intention de consulter les résidents et les gens d'affaires de Vanier. Ils s'en tiennent à des présentations privées, et c'est la raison pour laquelle nous, S.O.S. Vanier, serons devant cet édifice mardi soir. On invite les gens à se joindre à nous au Finnigan's Pub à 18 h, et nous traverserons la rue pour nous rendre devant le 200 Lafontaine à 18 h 15 », précise M. Dobson.
Les efforts de S.O.S. Vanier ne s'arrêteront pas à cette manifestation. Le public est déjà invité à visiter la page Facebook de ce regroupement. Et une campagne de sociofinancement a récemment été lancée sur le site gofundme.com afin d'amasser des fonds qui, explique M. Dobson, couvriront les frais légaux si jamais S.O.S. Vanier devait porter sa cause en justice. L'objectif de cette campagne est de 25 000 $.
« Nous organiserons aussi des activités communautaires pour amasser des fonds, ajoute M. Dobson. Nous aurons également des t-shirts de S.O.S. Vanier qui seront bientôt mis en vente, et des affiches d'appui à notre mouvement seront installées dans les commerces du quartier. »
Tout ça, c'est du « pas dans ma cour », nous le savons.
Et si j'écris « nous », c'est parce que je suis Vaniérois et que j'habite à un jet de pierre du terrain visé par l'Armée du Salut pour son nouveau centre. Et comme j'ai expliqué dans ma chronique du 27 juin dernier (« La cour est pleine »), je crois que nous, Vaniérois, avons le droit dans ce cas-ci de crier haut et fort : « pas dans ma cour ! ». Parce que le quartier Vanier et les gens qui y habitent font déjà plus que leur part pour aider les démunis et les familles dans le besoin d'Ottawa. Je ne reprendrai pas ici la liste exhaustive d'organismes d'entraide qui ont pignon sur rue à Vanier.
Enfin, ce que dit S.O.S. Vanier en trois mots est ceci : assez, c'est assez !  
Alors que les élus d'Ottawa nous parlent depuis des années d'une revitalisation du désolant chemin de Montréal et d'un renouveau à Vanier, voilà qu'on veut y ajouter un centre de 350 lits pour les écorchés de la vie...
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