Des lecteurs m’ont écrit pour rectifier certains faits que j’ai décrit dans une récente chronique sur l’histoire de Vanier.

Seulement à Vanier...

CHRONIQUE / Dans ma chronique de mercredi dernier, je vous ai parlé d’un Club Playboy qui était situé sur le chemin Riverain, dans le secteur Vanier, durant les années 1960 et 1970.

Je ne savais pas qu’un tel club avait déjà eu pignon sur rue dans ma ville natale. Je l’ai appris en lisant l’un des textes publiés dans le recueil Raconter Vanier aux Éditions David.

Or, quelques lecteurs m’on écrit pour rectifier et préciser certains faits. D’abord, il ne s’agissait pas d’un Club Playboy tel qu’on retrouvait dans plusieurs grandes villes américaines à cette époque. Voici ce qu’un lecteur prénommé Yvon m’a écrit. Vas-y Salomon mon ordi. Partage ce courriel, mon cher ami à clavier :

« J’ai été policier à Vanier de 1959 à 1976. Il n’y a jamais eu un Club Playboy à Vanier, mais un hôtel appelé Riverside dont l’attrait principal était le Rib Steak House avec des serveuses en costume de Playboy bunnies. Mais cet hôtel n’a jamais utilisé le nom Playboy ».

Donc si je comprends bien, les propriétaires de l’hôtel Riverside imitaient la formule des clubs du fondateur du magazine Playboy, Hugh Hefner, mais sans utiliser le nom « Playboy », donc sans devoir payer à ce dernier des frais de franchise. Seulement à Vanier...

C’est un peu comme si j’ouvrais un restaurant de hamburgers à service rapide, que j’installais un gros « M » jaune lumineux devant l’endroit, mais que je n’appellerais pas ce resto un « McDonald ». Quelqu’un a dit : mise en demeure ?

Dans le prochain courriel, une lectrice prénommée Louise mentionne les noms des propriétaires et de deux employés de ce Rib Steak House. Toutefois, je ne partagerai pas les noms de ces gens dans cette chronique. Vous comprendrez pourquoi dans l’autre courriel qui suivra. Vas-y d’abord avec le courriel de Louise, Salomon :

« Le Club Playboy était situé dans l’hôtel Riverside, propriété de deux frères. (Il y avait un) responsable des Bunnies pour leur attribuer les sections à servir. Et il veillait également à la bonne tenue des clients. »

Merci pour votre courriel, Louise. Mais en lisant celui qui suit, je ne suis pas sûr que c’est sur les clients qu’il aurait dû veiller. Salomon, vas-y pour ce courriel de Léo :

« J’ai travaillé pour ces deux frères à cet hôtel comme serveur et préposé au bar. J’étais étudiant et je faisais une belle fortune à cet endroit. J’en ai vu des vertes et des pas mûres pour mon jeune âge. Je devais parfois donner un coup de main aux serveuses «bunny» à quitter les lieux en taxi pour ne pas que le propriétaire les harcèle à la fermeture. »

La belle affaire, n’est-ce pas ?

Mais Léo dit-il vrai ? Y avait-il réellement des « vertes et des pas mûres » qui se passaient dans ce Rib Steak House alias Club Playboy ? Fort probablement. Mais pratiquement impossible aujourd’hui de le prouver. Voilà pourquoi j’ai choisi de ne pas inclure les noms des personnes concernées.

Mais ce que Léo raconte ne me surprend pas du tout. Vanier était un peu Far West et dévergondée durant ces années-là. D’ailleurs, même le chef de la Police de Vanier dont j’oublie le nom avait été emprisonné à l’époque. Oui, le chef en prison.

Pourquoi ? Parce qu’on l’avait surpris comme client lors une descente policière dans un bordel du chemin de Montréal ! Le chef ignorait que ses hommes allaient investir l’endroit ce jour-là. Et, comme on dit, il s’est fait prendre les culottes baissées.

Seulement à Vanier, disais-je...