C’était le «Jersey Day», jeudi, à l’école secondaire Garneau à Orléans. La grande majorité des élèves, de la direction et du personnel ont enfilé un chandail de hockey à la mémoire des disparus de la tragédie de Humboldt et du décès de Jonathan Pitre. Cynthia Maisonneuve, Maxime Séguin, Christian Berini, Maxime Normand, directeur adjoint et la directrice, Marie-Josée Brosseau, étaient du groupe.

Recueillement, souvenir et solidarité

CHRONIQUE / L’école secondaire catholique Garneau, à Orléans, avait des allures du Centre Canadian Tire, hier, alors que plus de la moitié des quelque 1200 étudiants portaient un chandail de hockey.

Mais contrairement à un match de notre équipe favorite, l’ambiance n’était pas à la fête à Garneau, jeudi, mais bien au recueillement, au souvenir et à la solidarité.

Plus de 600 élèves ont revêtu les couleurs d’une équipe de hockey pour rendre hommage aux 16 victimes de la tragédie routière survenue vendredi, en Saskatchewan, ainsi que pour poser un geste de solidarité envers la famille de Jonathan Pitre, « l’enfant papillon » de Russell décédé le 5 avril dernier après avoir lutté toute sa vie contre cette rare maladie qu’est l’épidermolyse bulleuse.

En fait, pratiquement tous les établissements scolaires d’Ottawa, de Gatineau et de partout ailleurs au Canada ont participé jeudi au « Jersey Day », une journée spéciale organisée par un groupe de mères de la Colombie-Britannique dont les enfants pratiquent le hockey. L’idée de cette journée a été lancée sur les réseaux sociaux lundi, et d’innombrables institutions et compagnies canadiennes ont décidé de prendre part à ce mouvement de solidarité sans précédent en mémoire des 16 victimes de Humboldt, en Saskatchewan.

À l’école secondaire Garneau, on n’a pas hésité un seul instant avant « d’embarquer » dans cette campagne d’espoir et d’amitié.

« Le Conseil (des écoles catholiques du Centre-Est) a fait parvenir une note à toutes les directions d’écoles pour nous aviser de la tenue de ce «Jersey Day», que nous pouvions souligner comme nous le voulions, explique le directeur adjoint de l’école secondaire catholique Garneau, Maxime Normand. Ici à Garneau, nous avons un programme de hockey chez les 7e et 8e années, ainsi qu’un cours de hockey de la 9e à la 12e année. Nous comptons de plus six équipes de hockey au sein de notre école, dont une qui participera à un tournoi à Niagara Falls, la semaine prochaine. Et beaucoup de nos enseignants sont parents de joueurs de hockey. Donc il va sans dire que pas mal tout le monde ici a été touché par ce terrible accident en Saskatchewan et qu’il fallait faire quelque chose de marquant en ce Jersey Day. »

Un présentoir affichant deux bâtons de hockey et les photos de Jonathan Pitre et des jeunes hockeyeurs décédés dans la tragédie de vendredi dernier ont été installés à l’entrée de l’école. Une minute de silence a été respectée en matinée, jeudi, puis les élèves de la 7e et de la 8e année sont sortis de classe à 8 h 10 pour former une chaîne humaine en signe de solidarité avec la communauté de Humboldt et la famille de Jonathan Pitre. Des bâtons de hockey « orphelins » ont aussi été placés devant la porte des salles de classe.

« Cet accident en Saskatchewan aurait pu arriver à n’importe qui, explique Christian Berini, 14 ans, un élève de 8e année à l’école Garneau et joueur des 67’s d’Ottawa de la ligue junior AAA de l’Ontario. Nous venons tout récemment de revenir d’un tournoi qui se tenait à Sudbury. Et des tragédies comme celle-là font réfléchir. »

« Les jeunes décédés dans cet accident étaient des joueurs de hockey comme nous », renchérit son collègue de classe et capitaine des 67’s junior AAA, Maxime Séguin.

« C’est vraiment horrible ce qui s’est passé. Personne ne s’attendait à ça et ça touche toute la communauté de hockey au Canada », ajoute l’étudiant de 13 ans.

Cynthia Maisonneuve est une étudiante de 10e année à Garneau et elle est hockeyeuse pour les Gloucester Cumberland Stars, une équipe féminine de hockey d’Ottawa. Elle s’est dite marquée, elle aussi, par la tragédie de Humboldt, mais elle avait aussi une pensée pour Jonathan Pitre.

« J’ai entendu Jonathan dire dans une vidéo qu’il souffrait chaque jour et que sa maladie était très douloureuse, a-t-elle dit. Il a sensibilisé tout le Canada à cette maladie et tout le monde a été touché par sa vie. Il était vraiment fort et courageux », conclut Cynthia.