Le poste de police de Vanier, en 1975.

Racontez-nous Vanier

CHRONIQUE / Hé bien... en voilà une qui ne me lit jamais.
C'est un peu ce que je me suis dit en apercevant le titre d'un courriel que m'a fait parvenir une lectrice du nom de Véronique Sylvain : « Racontez-nous Vanier ».
Quoi ? Vous voulez que je vous raconte Vanier ? Mais Madame Sylvain, ça fait plus de 25 ans que je raconte Vanier dans nos pages ! J'ai raconté à peu près tous mes souvenirs de ma ville natale au fil des ans. Je vous ai tout dit. Je pense même, par moments, que je vous en ai trop parlé !
Exemple ? Je descendais la rue Saint-Paul dans le Vieux-Gatineau, lundi matin. Une bonne partie de cette rue était inondée la semaine dernière. Mais l'eau avait reculé lundi et cet homme s'affairait à nettoyer les dégâts laissés sur son terrain et dans le sous-sol de sa maison par la crue printanière.
« Bonjour Monsieur, que je lui lance. Je suis journaliste au quotidien Le Droit.
- Tiens ! Comment ça va Gratton !? », réplique-t-il en me reconnaissant de ma « grosse face » dans le journal.
On a jasé quelques minutes. Et quand je lui ai demandé son nom, il m'a répondu :
« Serge. Et mon nom de famille est le même que ton école secondaire à Vanier.
- André-Laurendeau ?
- C'est ça. Serge Laurendeau. C'est mon nom ».
Tu sais que t'as trop parlé de ta ville natale quand un lecteur - qui a rarement mis les pieds à Vanier - se souvient du nom de ton école secondaire !
M. Laurendeau m'a ensuite demandé si on avait eu des inondations à Vanier. Non, rien à signaler. La rivière Rideau est restée bien calme.
Je me demande même si elle est déjà sortie de son lit, cette rivière. Quand j'étais enfant, j'entendais chaque printemps les adultes se dire entre eux que la rivière Rideau était haute et qu'elle était menaçante. Et ils semblaient fort inquiets, les adultes.
Dans ma tête d'enfant, je m'imaginais une inondation comme les immenses vagues qu'on voit dans le film Les Dix Commandements, lorsque Moïse, alias Charlton Heston, sépare la Mer Rouge en deux. Et je voyais le tout Vanier sous l'eau. Il faisait peur, le mot « inondation ».
***
Mais je me suis toujours demandé pourquoi les gens de Vanier s'inquiétaient tant à l'époque chaque printemps. Disons que j'ai tout compris au cours des derniers jours... 
Ceci dit, Mme Sylvain ne m'a pas écrit pour que je lui raconte Vanier, malgré le titre de son courriel. Véronique Sylvain s'occupe des communications pour les Éditions David, une maison littéraire d'Ottawa. Et sa missive portait sur un concours d'écriture que tient cette maison d'édition et qu'on a nommé « Racontez-nous Vanier ». Et si vous avez toujours rêvé d'être publié dans un livre, ce concours s'adresse à vous.
En fait, « Racontez-Nous Vanier » s'adresse à tous les francophones et francophiles qui résident à Vanier et dans les environs ou qui y ont passé des moments de leur vie. (Non, vous n'êtes pas éligibles si votre seul souvenir de Vanier est une soirée bien arrosée au Playmate, ou une séance de magasinage dans une boutique de pot.)
Racontez plutôt un moment heureux, ou triste. Ou encore une visite chez des proches qui sont Vaniérois, ou une observation que vous avez faite en passant par Vanier. Libre à vous. Pourvu que votre histoire se déroule dans cette ancienne ville autrefois nommée Eastview.
Les auteurs et auteurs en herbe intéressés sont invités à écrire un court texte (1000 à 1500 mots). Et un recueil réunissant les 40 meilleurs textes reçus sera publié par les Éditions David à l'automne et lancé officiellement le 10 novembre prochain lors d'une soirée organisée au Centre communautaire Richelieu-Vanier.
La date limite pour soumettre votre oeuvre est le 31 juillet 2017. Et pour vous inscrire, visitez le www.racontez-vanier.com. Ou composez le 613-695-3339.
J'ai déjà hâte de vous lire.