Plusieurs personnes ont assisté à l’inauguration du CT scan de l’hôpital Montfort.

Pour toi mon cœur

CHRONIQUE / La campagne de financement portait le slogan accrocheur : « Pour toi mon cœur ».

Lancée il y a deux ans par la Fondation de l’Hôpital Montfort, cette campagne visait à amasser dans la communauté la somme de 2,5 millions $ pour l’achat d’un tomodensitomètre à module cardiaque, communément appelé un « CT Scan ». Il s’agit d’un appareil à la fine pointe de la technologie sorti tout droit des films Star Trek avec lequel les médecins obtiennent un diagnostic cardiaque de manière rapide, fiable, non invasif et sans inconfort pour le patient. L’appareil permet de déceler la plupart des maladies et des troubles cardiaques les plus graves, et il permet également la détection d’embolies pulmonaires.

On a donc généreusement donné dans le cadre de cette campagne. Sans trop savoir ce que signifiait le mot « tomodensitomètre ». Mais on savait que si c’était pour l’Hôpital Montfort, que nos sous n’allaient pas être gaspillés et que cet appareil au drôle de nom était essentiel au travail des médecins du seul hôpital universitaire francophone de l’Ontario.

La communauté a Montfort à cœur. Alors elle a donné « Pour toi mon cœur ». Et Montfort a pu récemment se procurer son tomodensitomètre — le seul appareil du genre dans la grande région d’Ottawa — et il est en fonction depuis quelques semaines.

Et une vie a déjà été sauvée...

Kevin Ciesielski, un homme d’Ottawa âgé de 45 ans, était présent jeudi matin au dévoilement officiel du tout nouveau « CT Scan » de l’Hôpital Montfort. Entouré de médecins et de cardiologues de l’endroit, du président-directeur général de Montfort, Dr Bernard Leduc, du président de la campagne « Pour toi mon cœur », Me Lawrence Greenspon, et de la présidente-directrice générale de la Fondation de l’Hôpital Montfort, Christine Sigouin, M. Ciesielski a offert son témoignage.

« Il y a un mois, jour pour jour, j’ai subi un triple pontage, a-t-il dit d’emblée. Mais mon histoire a débuté l’été dernier.

«Je me rendais à ma voiture lorsque j’ai soudainement manqué de souffle. Je trouvais ça plutôt curieux puisque je me croyais en bonne santé, je suis sportif et je n’aurais jamais cru que j’avais un problème cardiaque. Alors je n’en ai pas fait de cas. Mais ces courts essoufflements se sont répétés à quelques reprises durant l’été. Mais puisque je n’avais pas de douleurs ni de symptômes, je les ai ignorés.

«Un jour, poursuit-il, ma femme et moi marchions notre chien. À un moment donné, j’ai tendu la laisse à mon épouse en lui demandant de prendre la relève parce que j’avais vraiment le souffle court. Je n’avais même plus la force pour tenir la laisse du chien et je me demandais même si je pouvais continuer à marcher pour rentrer à la maison. Ma femme m’a vite convaincu de voir mon médecin de famille.»

M. Ciesielski a subi une batterie de tests qui n’ont rien indiqué d’anormal. Mais son médecin l’a tout de même dirigé vers un cardiologue de l’Hôpital Montfort.

«Une fois ici à Montfort, reprend-il, j’ai subi un électrocardiogramme, ainsi qu’une échographie, mais on n’a rien trouvé. Tout indiquait que mon cœur fonctionnait normalement. J’ai ensuite porté un moniteur à fréquence cardiaque pendant deux semaines, mais, encore une fois, les tests se sont avérés négatifs. Tout semblait donc normal. Jusqu’à ce que je revienne à Montfort le 26 septembre pour passer un CT scan.»

En quelques instants, les images captées par le tout nouveau tomodensitomètre et retransmises à travers le module cardiaque ont démontré un blocage important de trois artères du cœur de M. Ciesielski. «Mes artères étaient bloquées à 90 % et 95 %», de préciser ce dernier.

Il a été transféré d’urgence à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa où il a subi un triple pontage six jours après son arrivée.

«Un arrêt cardiaque était imminent puisque je n’avais aucun symptôme et aucune douleur, de dire M. Ciesielski. Et sans cet appareil (le tomodensitomètre), je ne serais probablement pas ici aujourd’hui. Et je remercie les médecins et les cardiologues de l’Hôpital Montfort et de l’Institut de cardiologie de m’avoir sauvé la vie.»

À souligner que la campagne «Pour toi mon cœur» a atteint 73 % de son objectif de 2,5 millions $ et qu’il est encore temps d’y contribuer. Les sommes recueillies permettront de déployer toutes les fonctionnalités de l’appareil et de l’utiliser à pleine capacité.

Pour faire un don : www.pourtoimoncoeur.com