Les températures durant le jour ne rechuteront pas sous le point de congélation au cours des deux prochaines semaines, selon Météo Média.

Pas demain le printemps

CHRONIQUE / On prévoit un maximum de 3 degrés Celsius aujourd’hui. Puis de 6 samedi, et de 4 dimanche. En fait, les températures durant le jour ne rechuteront pas sous le point de congélation au cours des deux prochaines semaines, selon Météo Média.

Serait-ce déjà le printemps ? Est-ce possible ? Jouera-t-on au golf avant Pâques ? Ou est-ce que l’hiver prend tout simplement une pause pour nous revenir en mars encore plus froid et impitoyable qu’en décembre et janvier dernier ? Et risque-t-on de revivre les inondations dramatiques du printemps 2017 ?

Allons demander à l’expert en la matière, Gille Brien.

M. Brien a été météorologue à Environnement Canada pendant 33 ans et il est l’un des rares experts en biométéorologie au Québec. La météo, « lui y connaît ça », comme dirait le regretté Olivier Guimond.

Auteur des livres Les baromètres humains : Comment la météo nous influence et Ce qu’on ne vous dit pas sur le changement climatique, Gilles Brien sera de passage au Salon du livre de l’Outaouais du 2 au 4 mars prochain.

J’aurais donc pu attendre qu’il soit à Gatineau la semaine prochaine pour lui poser mes questions. Mais si le printemps est réellement arrivé, l’ennemi numéro un de l’hiver que je suis veut le savoir. Et tout de suite. Et je suis pas mal certain que vous êtes aussi curieux que moi.

Alors, M. Brien ? Le printemps est-il réellement à notre porte ?

Non, répondra-t-il. L’hiver n’a pas dit son dernier mot.

« On entre présentement dans la dernière période de l’hiver, de dire le météorologue. On utilise parfois le terme «la démolition de l’hiver» pour parler des trois dernières semaines avant l’arrivée du printemps. Ce sera effectivement doux jusqu’au début du mois de mars. Mais ce sera ensuite le retour du froid. Et n’oublions pas que mars est le mois des tempêtes. La tempête du siècle de 1971 s’est abattue en mars. Puis on a eu la tempête du 15 mars dernier qui a causé le cafouillage sur l’autoroute 13, à Montréal. Il tombe en moyenne de 38 à 40 cm de neige sur l’Outaouais en mars. Et de 10 à 11 cm en avril. On a donc encore un bon 50 cm de neige à tomber sur la région. Et la succession de dépressions qui viennent des Grands Lacs que l’on a vues cet hiver devraient se poursuivre au printemps. On se dirige donc vers un printemps - je ne dirais pas froid - mais frais. Et avec des précipitations au-dessus de la normale pour l’Outaouais. »

Conclusion : Ce n’est pas demain matin qu’on sortira nos bâtons de golf...

D’AUTRES INONDATIONS ?
Mais « la question qui tue » des résidents de l’Outaouais est celle-ci : risque-t-on de revivre des inondations comme celles du printemps dernier ?

« Oui, de répondre M. Brien. Le danger demeure cette année parce que le sol est saturé d’humidité. Il y a eu beaucoup de pluie à l’automne. Le sol est gelé et la neige qui le recouvre agit comme une couche isolante. Donc le sol glacé ne peut pas absorber l’humidité, la pluie.

«Le niveau des rivières est élevé, ajoute-t-il. Et avec la période qui commence — mars et avril — durant laquelle on a des précipitations, des tempêtes ou de la pluie abondante comme on en voit depuis quelques années... bien, on a tous les ingrédients sur la table pour maintenir un risque d’inondations cette année.

Est-ce que ce sera pire que l’an dernier ? Ça reste à voir. Mais avec le sol saturé d’eau et la neige au sol qui fondra, il y a un risque significatif cette année», de conclure Gilles Brien.

Misère...

AU SALON DU LIVRE
Le météorologue Gilles Brien sera au Salon du livre de l’Outaouais du vendredi 2 mars jusqu’au dimanche le 4 dans le kiosque des Éditions de l’Homme.

Il donnera également une conférence intitulée Qui dit vrai sur le changement climatique ? le vendredi, à 19 h, sur la scène Jacques-Poirier.