La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney

Pas de cadeau pour la Fête du Canada

CHRONIQUE / C’était trop beau pour être vrai…

Elles allaient enfin se rencontrer et se parler dans le blanc des yeux. Un miracle de la Saint-Jean, rien de moins.

On apprenait mardi dernier que la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, a finalement accepté de rencontrer la ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, pour discuter du financement de l’Université de l’Ontario français (UOF). On sait déjà qu’Ottawa est prêt à offrir des millions de dollars pour le lancement en 2020 ou 2021 de cette université franco-ontarienne que le gouvernement conservateur de l’Ontario a mis sur la glace jusqu’à ce que les finances de la province soient rétablies dans quatre, huit, seize ou 32 ans… Mais jusqu’à lundi dernier, Mme Mulroney semblait ne rien vouloir entendre de cette ingérence du fédéral dans un domaine (l’éducation postsecondaire) qui est de compétence provinciale.

Puis cette semaine, ô surprise !, le gouvernement Ford s’est dit prêt à entamer la discussion avec le gouvernement fédéral sur leurs contributions financières respectives en ce qui a trait au financement de l’UOF.

La communauté franco-ontarienne a poussé un long soupir de soulagement. Enfin ! Ils allaient enfin mettre la politique — pour ne pas dire la politicaillerie — de côté, pour ensemble travailler à l’avancement et l’épanouissement des francophones de l’Ontario. Une lumière au bout du tunnel. 

La présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam, a même rêvé à une entente de principe entre Mme Joly et Mme Mulroney d’ici quelques jours, ce qui serait, selon elle, un beau cadeau de la Fête du Canada.

Mme Adam avait le droit de rêver à une entente rapide entre les deux ministres puisque ces deux dames allaient se croiser à la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne qui a débuté jeudi à Iqaluit.

Mais voilà qu’on apprenait hier que Caroline Mulroney, pour une deuxième année consécutive, est absente de cette conférence qui réunit les ministres responsables de la francophonie dans leurs provinces et territoires respectifs.

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Pourquoi n’y est-elle pas ? À Queen’s Park, on dit que Mme Mulroney, à titre de nouvelle ministre des Transports de l’Ontario (après s’être fait retirer son poste de Procureure générale de la province), doit demeurer à Toronto pour des réunions imprévues.

Ah bon. Elles doivent être importantes en joual vert ces réunions imprévues. Si importantes seraient-elles, ces réunions imprévues, qu’elles empêcheraient la ministre des Affaires francophones de la province qui compte le plus de francophones hors Québec à participer à une conférence sur… la francophonie canadienne. Cherchez l’erreur.

Non, Mme Adam, pas de cadeau de la Fête du Canada. Pas d’entente de principe. Même pas de rencontres. Rien. Le statu quo.

Alors quand cette rencontre entre Mme Joly et Mme Mulroney aura-t-elle lieu ? Je devine à l’automne, pas avant. Parce que l’été, les ministres se transforment en « flipper » de boulettes de steak haché et éplucheurs d’épis de blé d’Inde. Surtout pour Mme Joly, qui a des votes à aller recueillir dans les barbecues de son patelin à quelques mois des élections fédérales. Donc, peut-être à l’automne, cette rencontre Joly-Mulroney. Un gros peut-être.

C’était trop beau pour être vrai.