Mais grâce à nos amis conservateurs et leur chef Doug Ford qui aiment bien nous provoquer de temps en temps, on se regroupe, on lutte, on chante, on crie, on brasse la cage, on s’amuse… et on gagne.

Merci Doug Ford!

CHRONIQUE / En cette Journée des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens, j’aimerais prendre un moment pour remercier du fond du cœur les conservateurs de l’Ontario.

Quoi ? Pourquoi riez-vous ? Je suis sérieux.

Pensez-y. Si ce n’était pas des conservateurs, les Francos ne se verraient presque jamais. On ferait tous nos petites affaires dans nos petits coins, on se souhaiterait « bonne journée à nous » tous les 25 septembre et on retournerait à nos petites affaires dans nos petits coins.

Mais grâce à nos amis conservateurs qui aiment bien nous provoquer de temps en temps, on se regroupe, on se revoit au front, on lutte, on chante, on crie, on brasse la cage, on s’amuse… et on gagne. Ensemble.

Il y a eu le règlement XVII qui a mené à la fondation du quotidien Le Droit, il y a 106 ans. Si en colère contre les conservateurs étions-nous qu’on a décidé de continuer à se parler à longueur d’année dans NOTRE quotidien. Et on continue à se parler dans Le Droit depuis. Merci, chers conservateurs.

Plein de luttes, petites et grandes, ont suivi au fil de décennies. Puis en 1997, notre cher ami conservateur, Mike Harris, a décidé un bon matin de fermer notre hôpital. Si contents étions-nous de nous revoir au front que notre « party » a duré cinq ans avant que les conservateurs abdiquent. Qu’on a eu du « fun » durant ces cinq années de lutte pour sauver Montfort ! Merci Mike Harris.

Les choses se sont un peu calmées par la suite. Puis, en novembre dernier, c’était au tour du conservateur Doug Ford de nous réveiller.

Et voilà que nous descendions dans les rues — partout en Ontario — par un 1er décembre ensoleillé. Si heureux étions-nous de nous rassembler à nouveau qu’on a mis le magasinage de Noël de côté pour se revoir et chanter.

Merci, chers amis conservateurs. Merci Doug Ford. Sans vous, disais-je, on ne se reverrait jamais, nous les Francos.

Et ce qu’il y a de plus amusant dans tout ça, c’est qu’on gagne tout le temps. Parfois, ça prend du temps (voire Montfort), mais en fin de compte, on gagne. On aura notre université. Et on continuera à se battre pour ravoir notre Commissariat aux services en français et un théâtre de la Nouvelle-Scène en bonne santé financière.

On sera toujours là pour lutter et on aime ça. Les Franco-Ontariens viennent au monde avec des gants de boxe aux poings, comme dit la grande Gisèle Lalonde. Et elle a raison. Mais les conservateurs ne l’ont jamais compris et ils le ne comprendront jamais.

Merci à eux.

Les libéraux, par contre, ont tout compris. Avec les « rouges » au pouvoir, on obtient à peu près tout ce que l’on désire. Ils ont compris que la meilleure façon de nous fermer le clapet est d’acquiescer à nos demandes, petites et grandes. J’avoue que c’en est presque ennuyant.

Si craintifs de nous réveiller sont-ils, nos amis libéraux, qu’ils nous offrent parfois des choses qu’on n’a même pas demandées ! Un ministère des Affaires francophones.

Une chanson officielle. Un monument à Queen’s Park et j’en passe.

Mais le problème avec ça, c’est qu’on ne se voit jamais. Et on aime se rassembler. On aime monter au front ensemble. On aime se revoir.

Donc en cette Journée des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens, j’offre à nouveau mes sincères remerciements aux conservateurs de l’Ontario.

Sans vous, chers amis, nos gants de boxe accumuleraient la poussière. Et nous en serions bien malheureux.

Bonne Journée des Francos la gang ! Nous sommes, nous serons.

Ou comme le dit un vieil ami qui ne « feel » pas trop fort ces jours-ci et qui a grandement besoin de vous pour se relever et retourner s’amuser au front avec vous : l’avenir est à ceux qui luttent.