Suzanne Pinel, alias Marie-Soleil, chante toujours. « Je vais chanter dans les maternelles et les jardins d’enfants, ainsi que dans les résidences pour aînés », raconte-t-elle.

Marie-Soleil brille toujours

CHRONIQUE / «Le clown Samuel, aime les enfants ; aime les enfants, le clown Samuel... »

Si vous êtes d’une certaine génération, vous avez immédiatement reconnu cette ritournelle de Suzanne Pinel, alias Marie-Soleil. Durant les années 1970 et 1980, cette dame originaire de la Basse-Ville d’Ottawa a touché le cœur de milliers d’enfants de partout au Canada et dans le monde en leur communiquant son amour pour la culture et la langue française.

Au cours de sa carrière, cette ancienne infirmière de l’Hôpital d’Ottawa, qui apportait sa guitare au travail pour amuser les enfants malades, a enregistré 15 albums, six disques compacts, de même que plusieurs publications sonores didactiques. Et ses nombreux outils pédagogiques ont été distribués à l’échelle mondiale.

« Et ça se poursuit aujourd’hui, dit-elle fièrement. Les jeunes qui ont grandi en chantant mes chansons ont maintenant des postes à travers le monde. Et souvent, je vais recevoir un message électronique d’un parent qui cherche mes disques et mes outils pédagogiques pour pouvoir les redonner à leurs enfants. J’ai récemment eu une demande d’une dame en Russie qui voulait mon matériel pour ses enfants. J’ai aussi reçu des courriels de l’Espagne et du Liban il y a quelques semaines. Quand j’étais jeune, on chantait les 100 plus belles chansons françaises. Mais pour ces générations-là, mes chansons sont un peu les chansons folkloriques de leur temps. Et c’est merveilleux que mes outils pédagogiques puissent, encore à ce jour, circuler dans la francophonie canadienne et mondiale. »

L’ORDRE DE LA PLÉIADE
En cette Journée internationale de la francophonie, la section canadienne de l’Assemblée parlementaire de la francophonie décorera sept personnes de l’Ordre de la Pléiade, un honneur qui reconnaît le mérite de personnalités ayant contribué à faire rayonner la langue française.

L’ancien ministre conservateur et ex-ambassadeur canadien à Paris, Lawrence Cannon, sera parmi les sept personnes honorées ce soir au parlement canadien. Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, sera également du nombre. Des honneurs pleinement mérités pour ces deux hommes.

Et se joindra à eux la grande Suzanne Pinel, qui est déjà membre de l’Ordre de l’Ontario et de l’Ordre du Canada.

« De recevoir l’Ordre de la Pléiade est tout un honneur et je suis vraiment contente, dit-elle. J’ai été chanceuse d’avoir ma langue en héritage. Et j’ai voulu partager mon amour pour ma langue et ma culture avec tous les petits trésors qui grandissaient. Mais je n’ai jamais pensé que ça m’apporterait un tel honneur. J’ai simplement fait quelque chose que j’aime et qui m’a fait grandir moi-même. J’ai été très gâtée.

«Une autre chose pour laquelle j’ai été choyée, d’ajouter Mme Pinel, c’est qu’avec mes petites chansons, j’ai eu la chance d’aller dans toutes nos régions francophones au Canada. Et que ce soit chez les Fransaskois, les Franco-Manitobains ou les Acadiens, pour ne nommer que ces trois communautés, c’est la même joie de vivre qui existe partout. Ces gens m’ont rendue heureuse. Et cet honneur que je reçois (l’Ordre de la Pléiade), je le partage avec tous ces gens-là, ainsi qu’avec tous les parents et les enseignants qui choisissent de faire vivre leur culture et leur langue à leurs enfants.»

Et que fait Suzanne Pinel aujourd’hui ?

«J’ai plus de 70 ans, je suis rendue vieille, vous savez. Mais ça, il ne faut pas le dire à personne, répond-elle en souriant. En fait, je continue de faire la même chose, mais comme bénévole. Je vais chanter dans les maternelles et les jardins d’enfants, ainsi que dans les résidences pour aînés. Je présente des ateliers dans les conseils scolaires. Je m’occupe du Pique-nique des oursons au CHEO (Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario). Et j’aide les nouveaux arrivants qui ont parfois du mal à compléter les formulaires et la paperasse nécessaires pour obtenir leur citoyenneté», ajoute-t-elle, elle qui a été juge de la citoyenneté canadienne au gouvernement fédéral de 1997 à 2010.

Bref, Marie-Soleil brille toujours. Et à sa façon, elle continue de propager sa passion et son amour pour la francophonie de génération en génération.