La reproduction de Poudlard des frères gatinois Mathieu et Philippe Bélanger-Landry compte près de 75000 pièces Lego.

Les rois du Lego

CHRONIQUE / Tout parent vous le dira, il n’y a rien au monde de plus douloureux que de poser son pied nu sur une brique Lego. Une véritable torture.

Marc Landry et son épouse, Linda Bélanger, en savent quelque chose. Leur maison de Gatineau peut parfois se transformer en un véritable champ de mines. Gare où vous posez le pied !

C’est un peu normal, à bien y penser, puisque leurs deux fils, Philippe, 19 ans, et Mathieu, 17 ans, sont des experts en Lego. Des créateurs. Ou des AFOL, comme on dit dans le jargon Lego, pour Adult Fans of Lego.

En fait, on peut dire sans se tromper que Philippe et Mathieu Landry-Bélanger sont les meilleurs créateurs Lego du Québec. Et ils ne se contentent pas de reproduire un ensemble Lego en suivant les instructions fournies sur une feuille de papier par cette compagnie. Ils ont franchi cette étape il y a bien longtemps, bien avant d’atteindre l’adolescence. Leur impressionnante collection d’ensembles Lego montés en fait foi.

Ces deux frères créent, guidés uniquement par leur imagination sans bornes et par leur million de pièces Lego. Et leurs créations sont uniques et tous simplement époustouflantes.

Oui, ils comptent plus d’un million de pièces Lego de toutes les formes et de toutes les grosseurs dans leur collection ! La majorité d’entre elles sont achetées en ligne, là où le coût est beaucoup moins élevé qu’en magasin. Il faut cependant savoir où chercher et où magasiner sur la toile. Disons qu’il faut être un AFOL invétéré.

En novembre 2017, Philippe et Mathieu ont participé à leur toute première exposition Brickomanie, soit une exposition qui se tient annuellement dans la région de Montréal et qui rassemble près de 10 000 amateurs et mordus des Lego.

En créant en pièces Lego des reproductions de 12 chars d’assaut de la Deuxième Guerre mondiale, réalisées à l’échelle (1/35) à partir de photos et de plans trouvés sur la toile, les deux jeunes Gatinois se sont vus décerner le prix « coup de cœur recrue » par les juges.

C’était un début. Mais le prix que Philippe et Mathieu convoitaient le plus à la Brickomanie était celui de la meilleure création. Ou le meilleur MOC, comme disent les experts, pour My Own Creation. Ils se sont donc mis au travail dès leur retour de Montréal. Ils avaient un an devant eux pour créer quelque chose qui allait renverser les juges.

Et ils ont trouvé…

En novembre dernier, à leur deuxième participation à la Brickomanie, Philippe et Mathieu Landry-Bélanger ont été couronnés les meilleurs créateurs Lego au Québec.

Leur création : la maquette de la célèbre école de sorcellerie Poudlard de l’univers de Harry Potter. Une œuvre inouïe qui a demandé 1250 heures de travail et approximativement 75 000 pièces Lego !

« Si on avait travaillé 35 heures par semaine sur cette création, elle nous aurait pris neuf mois à compléter », affirme Mathieu. « On a beaucoup travaillé sur notre création durant l’été, enchaîne Philippe. On travaille toujours ensemble, Mathieu et moi. Mais nous n’étions pas tout à fait satisfaits, donc on a recommencé certaines parties les soirs et les fins de semaine. Je dois avouer que j’ai pris un peu de retard dans mes études, mais j’ai tout de même réussi à me rattraper. »

Philippe étudie en histoire à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Mathieu complète pour sa part son secondaire V au collège Nouvelles Frontières et songe poursuivre ses études universitaires en arts et lettres. Et bien qu’ils comptent participer à l’édition 2019 de la Brickomanie, en novembre prochain, les frères Landry-Bélanger y mettront la pédale douce cette fois-ci, question de laisser la priorité à leurs études.

« On va rapporter ce qu’on a déjà créé, dit Philippe. Et on a quelques idées pour notre prochaine création. Mais ce ne sera pas un aussi gros projet que le château de Poudlard. On s’est rendu compte que ça demande énormément de temps avec nos études et le reste. »

« On célébrera le 50e anniversaire de la mission Apollo 11 et du premier homme sur la Lune en 2019, renchérit Mathieu. Alors on pense recréer la scène de l’alunissage. »

Ah. Juste ça…