Que faire, que faire pour éloigner les oiseaux nuisibles comme les outardes ou les mouettes? demande un lecteur.

Les oiseaux de malheur

CHRONIQUE / Un lecteur prénommé Michel m'a écrit la semaine dernière pour me dire ce qui suit :
« C'est à la fois triste et comique de constater que certaines des plages de la région sont fermées en raison des mouettes et des outardes. Triste parce qu'on prive des gens de se baigner alors que la saison est si courte. Et comique parce qu'on voit des sauveteurs impuissants regarder des oiseaux se baigner.
«Comment se fait-il que nos gestionnaires soient incapables de gérer un problème de la sorte ? Il existe des moyens forts simples pour les faire fuir ou les empêcher de venir à ces endroits, comme de petites clôtures en bordure de l'eau, un petit teckel pour japper après, courir après, taper des mains, des canons, etc.
-Michel M.»
Son courriel faisait suite à l'annonce de la semaine dernière sur la fermeture de trois plages de l'Outaouais, soit celles du lac Beauchamp et du parc Moussette à Gatineau, ainsi que celle du Camp des Voyageurs Tim Horton à Quyon.
Le ministère québécois du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a fermé ces plages mardi dernier parce que «les eaux de la baignade de ces plages n'étaient pas conformes aux normes de qualité bactériologique», pouvait-on lire dans un communiqué de presse.
Est-ce que les outardes et les mouettes contribuent à la dégradation de la «qualité bactériologique» de ces eaux ? J'imagine. Sont-elles entièrement responsables ? J'en doute. Elles n'aident sûrement pas. Ça n'emprunte pas les bécosses, une mouette. Ni une outarde. Ça fait là où leur petit coeur d'oiseau leur en dit. Plouf. Dans l'eau.
Il faudrait donc les chasser ou les éloigner des plages. Et ce n'est pas si facile qu'on le croit, mon cher Michel...
Chasser une mouette, c'est facile. Dites-lui simplement qu'on nouveau McDo vient d'ouvrir un peu plus loin en ville et elle quittera la plage à la vitesse qu'on prépare un Big Mac.
Une outarde, par contre, c'est une autre paire de manches.
Le terrain de golf Château Cartier du secteur Aylmer avait ce même problème, il y a quelques années. L'a-t-il encore ? Je n'en sais rien. Je ne joue plus là. Mais à l'époque, c'était un sérieux ennui. Les outardes s'étaient approprié les deux trous qui longent la rivière des Outaouais et rien ne les faisait bouger de là.
On a tout essayé. Il y avait d'abord cet homme qui passait régulièrement avec son golden retriever, et ce gros toutou prenait un malin plaisir à courir après les outardes. Mais les oiseaux allaient se reposer un peu plus loin pendant quelques minutes. Et ils revenaient sur «leur» terrain de golf dès que le chien quittait les lieux.
Le lecteur prénommé Michel suggère l'utilisation de canons dans son courriel. Le Château Cartier a essayé ça aussi. La direction de l'endroit s'était procuré un appareil qui imitait le bruit d'un canon toutes les quinze minutes. Mais les golfeurs ont vite fait savoir aux dirigeants de ce club que ce canon dérangeait encore plus que les outardes !
Je les comprends. Un coup de canon qui résonne pendant que vous vous élancez pour frapper la balle peut, à la limite, causer un arrêt cardiaque. Ou pire, il peut vous faire rater votre coup...
Le Château Cartier est donc passé au plan «C» : des épouvantails en forme de coyotes. Des épouvantails de bois placés un peu partout le long de la rivière. Cette ruse a-t-elle fonctionné ?
Pas vraiment. En fait, un peu, oui. Pendant quelques semaines. Mais les outardes sont tranquillement revenues une à une lorsqu'elles ont compris que ces coyotes étaient momifiés. Et j'ai une photo chez moi d'une maman outarde qui dort confortablement avec sa marmaille au pied de l'un de ces coyotes de bois. Ça dit tout.
Alors que faire pour éloigner les mouettes et les outardes et ainsi redonner les plages de la région aux baigneurs ?
La première étape serait, selon moi, de laisser ces oiseaux tranquille. Et la deuxième serait de s'attarder plutôt à ce que l'on déverse dans nos cours d'eau.
Je pense qu'on découvrirait assez vite qui sont les vrais «oiseaux de malheur»...