Jonathan Pitre a été un exemple de persévérance et de courage. Le Conseil des écoles catholiques du Centre Est a choisi de nommer une école à son nom.

L’école Jonathan Pitre

CHRONIQUE / Ce n’est jamais facile de trouver un nom pour une nouvelle école. Enfin, je pense. On ne m’a jamais confié cette tâche, et c’est bien tant mieux. La dernière fois que j’ai proposé un nom pour quelque chose – dans une chronique qui se voulait légère et divertissante – un débat interminable s’ensuivit.

C’était à l’automne 2006. On cherchait un nom pour l’artère principale de Gatineau qui allait finalement être baptisée le boulevard des Allumettières. Dans ma grande naïveté – et d’un clin d’œil à l’enfant en nous – j’avais suggéré qu’on le nomme le boulevard Bobino, en l’honneur du comédien Guy Sanche, natif de Hull, celui qui a incarné ce personnage légendaire qui a inspiré des millions de « tout-petits » durant ses 28 années de diffusion à la télé de Radio-Canada.

Plusieurs ont aimé ma suggestion. Beaucoup plus que je le croyais. Une pétition en faveur de ce nom avait même recueilli plus 1 300 signatures ! Puis finalement, le nom Bobino n’a pas été retenu pour ce boulevard. Et le choix du nom « des Allumettières » était parfait, il s’imposait. Ces courageuses femmes qui ont marqué l’histoire de Hull devaient vivre à tout jamais dans notre mémoire.

Mais grâce à mon amie, la Gatinoise Jacinthe Beaudin, qui a mené une véritable croisade pour que Guy Sanche soit enfin reconnu dans sa région natale, la bibliothèque de la Maison de la culture porte aujourd’hui son nom. Et j’avoue qu’il colle mieux à une bibliothèque qu’à un boulevard.

Bon, excusez le détour, je reviens à la tâche de nommer une école. Pas facile, disais-je. Le nom choisi doit inspirer les élèves. Il doit partager avec eux les valeurs fondamentales de la vie qui leur permettront d’atteindre leurs plus beaux et leurs plus grands rêves.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre Est (CECCE), à Ottawa, devait trouver un nom pour sa nouvelle école élémentaire située dans le quartier Riverside Sud. Ce quartier se trouve dans le sud de la capitale – vous l’aviez deviné – pas très loin de l’aéroport.

Le CECCE a alors décidé de procéder par un sondage au sein de la communauté scolaire de ce quartier. Et comme vous l’avez peut-être lu dans notre édition de mercredi dernier, la communauté a choisi de nommer sa nouvelle école : l’école élémentaire Jonathan Pitre.

Quel choix génial ! On ne pouvait mieux choisir. Chapeau aux francophones de Riverside Sud.

Le nom d’une école élémentaire doit inspirer les enfants qui la fréquentent, disais-je. Il doit transmettre des valeurs d’humanité, de persévérance, de courage, d’empathie, de gratitude. Jonathan Pitre, durant ses 17 années avec nous, a incarné ces valeurs, et tant d’autres.

« L’enfant papillon », comme on l’avait affectueusement surnommé, a lutté toute sa vie contre une rare et douloureuse maladie de la peau qui le rendait prisonnier de son corps. Mais malgré cette impitoyable maladie, Jonathan a défié son destin par amour pour la vie, par résilience et par son sourire qui nous a tous inspirés. Il nous a tellement appris. Il a été de son vivant… une école.

Jonny Boy, comme l’appelait tendrement sa mère, avait choisi de sensibiliser la population à sa rare maladie. Il s’était donné cette mission afin que d’autres enfants n’aient pas à vivre, comme lui, cette douleur cruelle et incessante qui l’a habité toute sa vie.

Sa mère, Tina Boileau, m’a dit ceci lorsque je l’ai rencontrée au printemps 2018, quelques semaines après le départ de son fils : « Jonathan s’était donné comme mission de sensibiliser les gens à sa maladie, et je pense qu’il a fait ça et beaucoup plus. Il a inspiré les gens. Il est venu nous chercher, on l’a tous dans notre cœur ».

Et par cette nouvelle école qu’on nomme en son honneur, Jonathan Pitre continuera à vivre dans notre cœur et inspirer les générations à venir.

Tu ne seras jamais oublié Jonny Boy. Mission accomplie.