Une crise interne secoue présentement le mouvement Richelieu.

Le mouvement Richelieu en péril

CHRONIQUE / C'est la guerre au sein d'un organisme qui a comme devise : « Paix et fraternité ». Une guerre qui pourrait mener vers la fin du mouvement Richelieu tel qu'on le connaît.
Le Droit a appris que le Richelieu International (RI) a intenté une poursuite de 160 000 $ contre l'Association Richelieu Fondateur (ARF), en plus de demander à cette dernière de cesser d'utiliser le nom, le sigle et les emblèmes « Richelieu ».
Ironiquement, c'est l'Association Richelieu Fondateur, autrefois nommée District #1 ou District Fondateur, qui a justement fondé le tout premier club Richelieu au monde, ici même à Ottawa, en 1945.
L'ARF regroupe plus d'une quinzaine de clubs Richelieu de trois régions, soit de l'Est-Ontarien (Cornwall, Alexandria, Embrun, Hawkesbury, etc.), de l'Outaouais québécois (Gatineau, Maniwaki, Gracefield, etc.) et de la grande région d'Ottawa. « Ainsi regroupés par l'ARF, les clubs Richelieu peuvent se donner une plus grande visibilité, avoir un impact plus important dans notre société et se donner des projets de plus grande envergure », peut-on lire sur le site web de cette association. 
La poursuite intentée par le Richelieu International vise, entre autres, à obliger tous ces clubs qu'il chapeaute à se doter d'un nouveau nom.
Selon ce que Le Droit a appris, ce serait une restructuration engagée en 2011 (le Livre bleu) par le RI qui aurait déclenché les hostilités entre les deux partis. Ce Livre bleu proposait, dit-on, la division de l'Association Richelieu Fondateur en séparant les clubs ontariens d'un côté, et les clubs québécois de l'autre.
L'Association Richelieu Fondateur a refusé ce changement, mais elle a conclu une entente avec le RI pour mettre sur pied un projet pilote d'une durée de deux ans qui permettait à l'ARF de gérer ses propres affaires tout en payant une cotisation au Richelieu International. Le Richelieu International Europe a également opté pour un tel projet pilote.
Deux ans plus tard, au moment de renégocier cette entente, le RI aurait exigé une cotisation plus importante d'approximativement 75 $ par membre de l'ARF. L'ARF a refusé cette hausse et aurait proposé des cotisations de 60 $ par membre au RI. Mais celui-ci aurait refusé cette offre de l'ARF et il aurait de plus refusé un chèque de 18 000 $ l'ARF, somme totale des cotisations versées par les 300 membres de cette association.
Les choses se sont dégradées. L'ARF aurait cessé de verser des cotisations au RI et il n'y aurait eu aucune communication entre les deux partis depuis, malgré les tentatives de l'ARF. Toutes les lettres expédiées au RI par l'ARF seraient répondues par les avocats qui représentent le RI dans cette affaire, dit-on.
Et le RI intente maintenant une poursuite de 160 000 $ contre l'ARF pour son utilisation du nom et du sigle Richelieu.
La belle affaire, n'est-ce pas ? « So much » pour « Paix et fraternité »... Faudra-t-il maintenant utiliser la devise « Guerre et fratricide » ?
Et qu'adviendra-t-il si le Richelieu International gagne cette cause ? Devra-t-on changer le nom du Parc Richelieu à Ottawa ? Et du Centre communautaire Richelieu-Vanier ? Et de tous les autres endroits et monuments dans l'Outaouais et l'Est-ontarien qui portent le nom « Richelieu » ?
Devra-t-on oublier l'héritage que les membres des Clubs Richelieu des huit dernières décennies nous ont légué ? Ce serait bien dommage.
Dans une publication du Richelieu Ineternational, on peut lire ce qui suit :
« Le Richelieu International veille à l'épanouissement de ses membres et à la promotion de la francophonie par le biais d'actions humanitaires, culturelles et sociales. Les clubs Richelieu se veulent des tribunes qui favorisent la culture, l'ouverture d'esprit, la prise de conscience, les ÉCHANGES, la concertation et l'action collective. (...) Le Richelieu veut, dans une grande chaîne d'amitié, privilégier tout ce qui peut réunir ces francophones ».
J'en conclus que certains auraient peut-être intérêt à relire la raison d'être du mouvement Richelieu...