Ce que vous devez savoir sur la LCBO du secteur Vanier, à Ottawa.

Le LCBO de Monsieur le maire

CHRONIQUE / Ainsi, les employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont déclenché une grève d’une journée, mardi. Et sur les 404 succursales en province, seulement 60 ont été ouvertes par des employés-cadres non syndiqués.

Y avait-il une succursale de l’Outaouais ouverte, hier ? Peut-être deux ou trois, je l’ignore. Et y aura-t-il d’autres grèves d’une journée de déclenchées par les employés ? Le Bon Dieu le sait et le diable s’en doute. En tout cas, il s’est doutait au moment d’écrire ces lignes.

Mais s’il y a d’autres jours de grève, je devine que de nombreux Gatinois traverseront le pont, ces jours-là, pour venir se procurer leur « p’tit rouge » dans une succursale de la LCBO, du côté ontarien. Et puisque l’une des succursales de la LCBO les plus près de Gatineau se trouve en plein cœur de Vanier, il y a certaines choses que vous devez savoir avant de venir la visiter.

Mais avant d’aller plus loin, je vous raconte une petite anecdote sur la SAQ qui m’est revenue hier matin. C’était en 1998, Manon et moi venions de déménager dans le secteur du Plateau à Hull. Manon est originaire de Hull. Mais le Franco-Ontarien que je suis habitait au Québec pour la première fois de sa vie. Et je n’étais pas tout à fait familier avec les nombreux acronymes utilisés dans la Belle Province.

Un jour, je quitte faire des courses et je m’arrête à une succursale de la SAQ pour, justement, un « p’tit rouge ». J’appelle Manon pour lui demander lequel elle préfère. La conversation s’est déroulée comme suit :

« Allô ?

— Allô Manon. Je suis à la SQ.

— Mais… que fais-tu là ? T’as eu un accident !?

— Heu… non. Je vais très bien.

— Alors que fais-tu là ?

— Bien… je viens chercher un vin, c’t’affaire !

— Au poste de police !!? »

Inutile de préciser que j’ai vite appris la différence entre la SQ, la SAQ et la SAAQ.

Fin de l’anecdote. Je reviens à la LCBO de Vanier et ce que vous devez savoir.

D’abord, le mendiant devant les portes n’est pas agressif ou dérangeant. En fait, il est sympathique comme pas un. Et il est toujours là, à longueur de journée, été comme hiver, jour de canicule comme jour de grands froids de janvier. C’est son métier. J’ignore son prénom, mais lui m’appelle « Capitaine » et moi je l’appelle « Monsieur le maire ».

Je lui ai collé ce sobriquet, car le gars semble connaître tous les clients de ce LCBO et tous les gens de Vanier. Il les salue par leur prénom. Il serre la main à certains d’entre eux. D’autres ont droit à un « high five ». Si un client se pointe avec son chien, il tiendra la laisse de l’animal sur le trottoir pendant que son maître magasine. Ou il surveillera votre vélo. Je lui ai donc dit, un jour, qu’il était le maire de Vanier. Il a bien ri et il a répliqué : « J’aime ça ! Bonne journée Capitaine ! ».

Autre chose à savoir à la LCBO de Vanier : en entrant, vous arriverez face à face avec un imposant gardien de sécurité. Le gars doit mesurer six pieds et huit pouces et est bâti comme une armoire à glace.

Il a été embauché il y a un an ou deux. Pas par choix, mais bien par nécessité. Avant son embauche, les employés de cette succursale, qui est située dans un secteur, disons rock’n’roll, passaient plus de temps à courir après les voleurs sur le trottoir qu’à servir les clients. Même « le maire de Vanier » ni pouvait rien, à part pointer dans la direction que le voleur s’était enfui.

Autre point : n’hésitez pas à parler français dans cette succursale de Vanier. Je dirais que deux employés sur trois sont francophones. Et les autres sont francophiles. L’affichage est dans les deux langues. Même Jean-Paul Perreault s’y sentirait à l’aise. C’est tout dire.

Je dois cependant vous avertir que le terrain de stationnement de cette succursale est un véritable derby de démolition. Sûrement le pire terrain de stationnement d’Ottawa. Trop petit, trop étroit, trop occupé, très mal configuré. Il faut s’armer de patience et être extrêmement vigilant, surtout les fins de semaine. En fait, venez donc à vélo. Ça vous évitera les désagréments et Monsieur le maire surveillera votre bécane.

Finalement, et vous le savez peut-être, les vins coûtent moins cher en Ontario qu’au Québec. Vous risquez même d’être agréablement surpris.

Alors voilà pour la leçon. Bienvenue à Vanier, chers amis de Gatineau, faites comme chez vous et tchin-tchin !