La ville de Vanier, en 1975

Le Club Playboy de Vanier

CHRONIQUE / Il y avait cette taverne, dont j’oublie le nom, qui se trouvait sur le chemin Riverain dans l’ancienne ville de Vanier. Je crois qu’on l’appelait simplement la taverne Riverside, parce que le chemin Riverain se nommait Riverside avant la fusion des municipalités, en 2000.

Cette taverne se trouvait au sous-sol d’un édifice. L’endroit était un peu sombre, un peu démoralisant, un peu désolant. 

Mais durant mes études collégiales, au début des années 1980, un bon ami et moi nous donnions rendez-vous à cette taverne tous les mardis soirs. On appelait cette sortie « les mardis sacrés ».

On prenait quelques bières, on jasait de notre semaine, de nos bons et de nos moins bons coups, on jouait quelques parties de billard et on allait clore la soirée au restaurant Louis’, à quelques pas de là, où l’on s’empiffrait de pizza. Puis on rentrait se coucher en se donnant rendez-vous à notre prochain « mardi sacré ».

(Je répéterais l’exercice aujourd’hui et j’aurais l’estomac en nœuds pendant des jours et des jours. Rien à voir avec la pizza de Louis’, tout à voir avec la vieillesse.)

Si je vous parle de tout ça, c’est que j’ai récemment appris qu’un Club Playboy a déjà occupé les locaux de la taverne Riverside durant les années 1960. Oui, un Club Playboy à Vanier. Je l’ignorais.

Ces clubs hyper sexistes où les serveuses devaient porter des uniformes de Playboy Bunny étaient très populaires dans les années 1960. Et on en trouvait dans toutes les grandes (et moins grandes) villes américaines, le tout premier ayant vu le jour à Chicago en 1960.

Heureusement, la société a évolué. (Bien qu’à ce niveau, elle ne semble pas avoir évolué tant que ça, par les temps qui courent...). Et pratiquement tous les clubs Playboy ont fermé leurs portes durant les années 1980.

Mais jamais n’avais-je entendu parler de la présence de l’un de ces clubs dans ma ville natale de Vanier. Faut croire que ceux qui le fréquentaient ne s’en vantent pas aujourd’hui...

Comment ai-je appris l’existence de ce club ? Dans le livre Raconter Vanier.

Je vous ai parlé de ce livre dans une chronique publiée en mai dernier. Il s’agit d’un recueil d’une trentaine de textes inspirés par des histoires ou des souvenirs de Vanier et rédigés par des Vaniérois qui ont participé au concours « racontez-nous Vanier » lancé par les Éditions David le printemps dernier.

Près d’une cinquantaine de personnes ont soumis un texte dans le cadre ce concours et un peu plus d’une trentaine d’œuvres ont été retenus par le jury au sein duquel j’ai eu l’honneur de siéger. J’ai donc lu tous les textes soumis dans le cadre de ce concours, et je me suis bien amusé. 

Certains textes sont nostalgiques, d’autres sont drôles et amusants (voire celui sur le Club Playboy d’Eastview), certains sont très touchants, et l’ensemble de l’œuvre est fort intéressant. Et si le cœur vous en dit, vous pourrez aussi lire la préface de ce livre écrite par un certain chroniqueur vaniérois du quotidien Le Droit... (Merci aux Éditions David de m’avoir accordé ce privilège.)

Le livre Raconter Vanier a été lancé vendredi dernier et est disponible en librairie ou aux Éditions David.

Parlant de Vanier... À classer dans la filière « petites victoires ».

On se plaint souvent — moi le premier — qu’on ne peut être servi en français dans certains commerces d’Ottawa.

Et le plus frustrant, c’est lorsqu’on ne peut être servi dans notre langue dans une succursale de la LCBO (Régie des alcools de l’Ontario), une société de la Couronne ontarienne pourtant assujettie à la Loi 8.

Or, j’ai récemment appris que toute personne qui postule pour obtenir un emploi à la succursale de Vanier de la LCBO doit maintenant passer un test d’évaluation du français. Donc tout nouvel employé à cette succursale devra dorénavant être bilingue.

Ce test aurait dû être imposé il y a belle lurette, je le sais. Mais bon, mieux vaut tard que jamais.

Petite victoire, disais-je.