Selon notre chroniqueur Denis Gratton, les victoires récentes de la communauté franco-ontarienne s'expliquent par un mot : solidarité.

La solidarité des Francos

CHRONIQUE / On fait quoi là, les Francos ?

On se battait pour obtenir une université franco-ontarienne, on l’a eue. Vrai, ce n’est pas demain matin que les cours débuteront. Et on ne sait toujours pas ce qui sera enseigné entre les murs de l’endroit. Mais on l’a eue.

On luttait pour le bilinguisme officiel pour la Ville d’Ottawa, on l’a eu. Ce n’est pas parfait. Et les mots « officiel » et « égalité » n’apparaissent nulle part. Mais plus un maire d’Ottawa ne pourra décider de revenir en arrière et de couper des services en français. Nos acquis sont protégés. La fondation est solide.

On se battait aussi pour la gouvernance « par et pour » les francophones du Centre Jules-Léger, on l’a eue.

Et on apprenait vendredi que le projet de la Maison de la francophonie dans l’ouest d’Ottawa se réalisera – enfin ! – grâce à la contribution de 8,95 millions $ du gouvernement de l’Ontario.

Puis on peut ajouter à tout ça un monument à Queen’s Park, un hymne officiel, un ministère des Affaires francophones, des excuses pour le règlement XVII et plein d’autres petits cadeaux de tante Kathleen. Nous sommes choyés.

Mais là, on fait quoi ? On se bat pour quoi ? C’est dans notre ADN de lutter. C’est presque machiavélique de la part du gouvernement ontarien de tout nous donner ce que l’on souhaite. Ça nous tue.

Je blague, vous savez bien. Je sais qu’on a plusieurs autres luttes à gagner. Et je sais aussi que le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, se fera un plaisir de me les énumérer.

Mais avouez qu’on a le vent dans les voiles par les temps qui courent et qu’on la prend de plus en plus, notre place.  

Comment explique-t-on toutes ces victoires récentes de la communauté franco-ontarienne ? En un mot : solidarité.

La lutte épique pour sauver l’Hôpital Montfort d’une fermeture annoncée nous a démontré hors de tout doute qu’un peuple solidaire peut réaliser de grandes choses. Le regretté Jean-Robert Gauthier avait raison lorsqu’il a déclaré au tout début de la lutte S.O.S. Montfort : « Soyons solidaires et nous vaincrons ». Le sénateur avait vu juste.

Et c’est cette solidarité qui s’est accrue d’année en année qui nous a menés vers ces plus récentes victoires au niveau provincial. (Et je dis bien au niveau provincial, chers amis du mouvement « S.O.S. Vanier »).

La tempête du siècle

Mais il y a un autre phénomène qui nous a soudés et qui nous a unis il y a 20 ans. C’est l’ami Félix Saint-Denis qui me le rappelait. Je vous parle de la tempête du siècle. L’inoubliable et catastrophique tempête de verglas de janvier 1998. 

« L’entraide et la solidarité qu’on a témoignées dans l’Est ontarien durant ces six jours de verglas nous ont démontré qu’ensemble nous pouvions surmonter les pires épreuves, me disait Félix. Et c’est de Montfort et de cette solidarité durant la tempête du siècle qu’est né le spectacle à grand déploiement L’Écho d’un peuple », ajoutait-il.

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Et parlant de cette tempête de glace de janvier 1998...

Avez-vous des souvenirs à partager de ces six jours d’enfer ? Des anecdotes ? Si oui, écrivez-moi. Je pourrai partager vos histoires avec les lecteurs du Droit lorsqu’on soulignera le 20e anniversaire de cette tempête du siècle qui a privé plus d’un million de foyers d’électricité pendant plusieurs jours et qui a coûté la vie à 28 personnes.

De tristes et douloureux souvenirs pour plusieurs, je le sais. Mais aussi de belles histoires d’entraide, de courage, de persévérance et de... solidarité.