Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, est le porte-parole de La Résistance.

La Résistance

CHRONIQUE / L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a tenu sa première conférence de presse, hier, depuis l’annonce surprise de jeudi dernier du gouvernement Ford sur l’abandon de la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français et l’abolition du Commissariat aux services en français.

Je n’avais pas vu autant de journalistes à une conférence de presse convoquée par les Franco-Ontariens depuis la… faut le dire… depuis la lutte du mouvement S.O.S. Montfort.

Mais là s’arrêtent les similitudes entre la toute première conférence de presse d’il y a 20 ans pour sauver « notre » hôpital et celle d’hier pour sauver notre peau.

Celle d’hier a duré 45 minutes, pas plus. À l’époque de Montfort, il fallait parfois apporter son sac de couchage et son lunch aux conférences de presse de S.O.S. Montfort tellement elles pouvaient s’éterniser.

Tout le monde voulait prendre la parole avant que la présidente de S.O.S. Montfort, Gisèle Lalonde, s’avance au micro. Les députés fédéraux et provinciaux, les élus locaux, les présidents et présidentes des FOFO de ce monde, etc.. Tout le monde voulait y mettre son grain de sel. Je crois même que le concierge de l’hôpital a mentionné quelques mots à un moment donné.

In-ter-mi-na-ble. Un enfer pour les journalistes.

Hier, aux bureaux de l’AFO, seuls les médias étaient admis dans la pièce où se tenait la conférence de presse. Pas de députés, pas d’élus, pas de FOFO, pas de monsieur et madame tout le monde et pas de concierge. Et il n’y avait que deux personnes au micro : le président de l’AFO, Carol Jolin, et le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk. Trois quarts d’heure et c’était fini. Merci bonsoir. La joie des journalistes.

Il y a une autre différence entre Montfort et la lutte d’aujourd’hui qu’on a baptisée « La Résistance » (j’aime ça). À l’époque, Gisèle Lalonde avait été choisie comme leader du mouvement S.O.S. Montfort dès le premier jour de cette lutte qui allait durer cinq ans. C’était clair. Elle était la porte-parole, elle était la présidente du mouvement. Point à la ligne.

Hier — moment cocasse — un journaliste a demandé à Messieurs Jolin et Hominuk qui était le porte-parole du mouvement La Résistance. Les deux hommes se sont regardés sans dire un mot pendant quelques secondes. Puis Peter Hominuk a finalement chuchoté à M. Jolin : « je pense que c’est toi ».

Inquiétant, dites-vous ? Non. Pas du tout. Je crois que les deux hommes ne s’attendaient tout simplement pas à la question : « qui est votre Gisèle Lalonde ?».

Carol Jolin, voire l’AFO, a assumé le leadership de cette nouvelle lutte dès le début et, si je me fie à ce que j’ai entendu hier à la conférence de presse, les Franco-Ontariens sont sur la bonne voie. L’AFO et son président seront nos « Gisèle Lalonde ».

Le plan de match est clair. Aucun compromis ne sera accepté, a-t-on assuré. Quarante manifestations se tiendront simultanément un peu partout en province le 1er décembre. L’AFO s’assurera de tenir régulièrement d’autres événements rassembleurs pour la communauté au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Elle continuera aussi de demander une rencontre avec le premier ministre Doug Ford afin de lui parler dans le blanc des yeux. Déjà, 32 000 $ ont été amassés. Soixante-dix juristes se sont réunis au bureau de l’AFO jeudi pour élaborer une stratégie. Et si le gouvernement ne recule pas — tant du côté de l’université que du commissariat — la cause sera portée en justice.

Bref, on ne lâchera pas. Les Francos sont solidaires. La Résistance est solide et prête au combat.

Gisèle Lalonde peut en être fière.