Les tiques à pattes noires se trouvent surtout dans les régions du sud du Québec, ainsi que dans le sud, l'est et le nord-ouest de l'Ontario.

La piqûre

CHRONIQUE / Julie est malade depuis sept ans. Cette Gatinoise âgée de 41 ans et mère de deux enfants était pourtant sportive, active, énergique. Elle pétait de santé, quoi. Il n'a cependant suffi d'une simple marche dans la nature pour que sa vie bascule.
Aylmeroise depuis 2012, Julie habitait auparavant à Cantley, au nord de Gatineau. Et c'est là qu'elle a été piquée par une tique. « En me promenant dans un champ de fleurs avec mes enfants, dit-elle. Je croyais qu'il s'agissait d'une piqûre de maringouin. J'avais cette éruption cutanée d'un rouge bleuté sur ma cuisse gauche. Mais je n'en ai pas fait de cas. C'est resté là. »
Ce que Julie ignorait, c'est qu'elle avait été piquée par une tique aux pattes noires infectée par la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Et depuis, cette mère de famille vit un véritable cauchemar.
Maux de tête chroniques, inflammation du cou, faiblesses, tremblements, étourdissements, troubles visuels et cardiaques... Et ça, c'était au début de sa maladie, durant les deux premières années. Aujourd'hui, presque sept ans après avoir été piquée par une tique infectée, Julie souffre de crises de spasmes, de nausées quotidiennes, d'allergies alimentaires et environnementales, de déshydratation chronique, d'arythmie sévère et de fatigue neurologique qui la limite considérablement dans ses déplacements. Julie résume parfaitement le tout d'une seule phrase : « Mon garçon de huit ans ne m'a jamais connue en santé. »
« Malgré tout ça, ajoute-t-elle, je réussis à avoir une vie quasi normale de maman. Mais je ne peux plus travailler. Les avant-midis sont plus difficiles pour moi. Il y a eu un temps où j'étais tellement faible que je marchais à quatre pattes le matin dans la maison pour préparer mes enfants pour l'école. Et j'ai passé trois mois à dormir semi-assise dans mon lit parce que la pression sur ma tête était trop intense quand j'étais couchée. »
Julie a consulté son médecin de famille durant les premiers mois de sa maladie. Mais pour se faire dire par ce dernier qu'elle souffrait probablement de dépression post-partum alors que son fils était déjà âgé de deux ans. « J'ai ensuite eu un diagnostic de fibromyalgie car j'étais en douleur constante. Puis les médecins pensaient que c'était peut-être le syndrome de fatigue chronique. Et pendant tout ce temps, c'était la maladie de Lyme », déplore-t-elle.
Incomprise du système médical du Québec, Julie s'est tournée vers un médecin d'Ottawa. « La maladie de Lyme semble encore taboue au Québec, lance-t-elle. C'est comme si les médecins n'ont pas le droit de diagnostiquer la maladie de Lyme chronique. Et parce qu'il n'y a aucune façon d'être traitée au Québec, je n'ai pas le droit à l'assurance-salaire. L'incompréhension du système médical au Québec vis-à-vis la maladie de Lyme amène les patients à vivre dans l'isolement et certains à avoir des pensées suicidaires. Je n'ai pas cette détresse, mais il est important que la population et le système de santé sachent que la maladie de Lyme existe et que c'est très souffrant. »
RASSEMBLEMENT À OTTAWA
Les tiques à pattes noires se trouvent surtout dans les régions du sud du Québec, ainsi que dans le sud, l'est et le nord-ouest de l'Ontario. On en trouve aussi en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Les tiques s'agrippent à la peau, mais les retirer en l'espace de 24 à 36 heures permet ordinairement de prévenir l'infection et, ainsi, la maladie de Lyme.   
Un important ralliement organisé par le mouvement VOCAL (Voice of Canadians about Lyme) se tiendra le samedi 3 juin, de 13 h à 16 h, sur la colline du Parlement canadien, à Ottawa. Ce rassemblement vise à sensibiliser la population à la maladie de Lyme.