La guerre se poursuit chez les Richelieu

CHRONIQUE / La situation s'envenime au sein du mouvement Richelieu de la grande région d'Ottawa-Gatineau.
On apprenait la semaine dernière que le Richelieu International (RI) a intenté une poursuite de 160 000 $ contre l'Association Richelieu Fondateur (ARF), en plus de demander à cette dernière de cesser d'utiliser le nom Richelieu et les marques de commerce du RI.
Or, il appert que Richelieu International a décidé d'élargir la portée de l'action aux clubs membres de l'Association Richelieu Fondateur (à l'exclusion des clubs qui sont à la fois membres du RI).
« Nous ne nous enjouons pas de devoir mener cette action juridique et notre objectif demeure le règlement, mais nous n'aurons pas le choix d'aller jusqu'au bout si l'ARF et ses clubs membres continuent à employer les marques Richelieu sans droit et sans autorisation », peut-on lire dans un document interne du Richelieu International dont Le Droit a obtenu copie.
L'Association Richelieu Fondateur compte 16 clubs membres, soit ceux d'Alexandria, Casselman, Cornwall, Embrun, Long-Sault, Longpré, Rockland, Maniwaki (2), Gatineau (2) et Ottawa (5).
Le Richelieu International, dont les bureaux sont situés à Ottawa, compte 220 clubs et plus de 4 000 membres à travers le monde. Le Richelieu est présent dans l'Est du Canada, aux États-Unis, en France, en Europe et en Afrique.
Le président du Richelieu International, Luc Doucet, a clairement expliqué sa position dans ce dossier dans une infolettre distribuée la semaine dernière à ses membres et dont Le Droit a obtenu copie. En voici des extraits :
« L'ARF n'a jamais accepté les changements à la structure du RI. (...) L'ARF se considère différente des autres clubs de notre organisation et refuse de payer la même cotisation, refuse la structure organisationnelle du RI et refuse de reconnaître l'autorité du Richelieu International sur les clubs du mouvement. Ce différend perdure depuis de nombreuses années et l'ARF a cessé de payer les cotisations au RI depuis cinq ans. Ainsi, l'ARF n'est pas membre du RI, mais continue de s'afficher comme Richelieu et d'utiliser le nom Richelieu et ses marques de commerce. Ce qui cause un préjudice au RI. »
Médiation ?
Mais sur un ton un peu plus conciliant, M. Doucet indique dans son infolettre que les clubs de l'Association Richelieu Fondateur qui réactiveraient leur adhésion au Richelieu International n'auraient pas à rembourser les cotisations impayées des cinq dernières années.
« Le RI ne cherche pas à obtenir une compensation financière de l'ARF, a-t-il écrit. Nous voulons tout simplement que les clubs de l'ARF reviennent au sein de notre mouvement, au même titre que tous les autres clubs avec les mêmes droits, privilèges et responsabilités. Nous voulons l'équité. Ainsi, les clubs de l'ARF qui réactivent leur adhésion au RI n'auront qu'à payer la cotisation 2017-2018. »
M. Doucet ajoute que chaque club de l'Association Richelieu Fondateur a reçu une mise en demeure parce que dans sa défense, cette association a indiqué qu'elle n'avait aucune autorité sur ses clubs membres et que chaque club était indépendant et fonctionnait à sa guise.
Joint cette semaine par Le Droit, M. Doucet a refusé de commenter ce litige, mais il s'est dit favorable à une rencontre avec l'Association Richelieu Fondateur en présence d'un médiateur.
« Je suis prêt à rencontrer une délégation de quelques personnes de l'ARF, j'attends leur réponse, a-t-il dit. Et j'espère que d'ici la fin octobre, on aura une rencontre avec un médiateur indépendant, dans un lieu indépendant, et qu'on aura réglé les différends pour le mieux-être de l'ARF et du RI. J'ai un désir de régler. Je trouve ça très malheureux que les différends existent depuis des années », a conclu le président du Richelieu International dont la devise est « Paix et fraternité »...