Les Bergers de l’Espoir ont multiplié les consultations avant de choisir un emplacement pour leur nouveau projet.

La bonne façon

CHRONIQUE / Après l’Armée du Salut qui compte construire un méga-refuge de 350 lits au 333 du chemin de Montréal, à Vanier, voici que les Bergers de l’Espoir comptent construire à leur tour un édifice de 42 logements au 765 du chemin de Montréal, à moins de deux kilomètres de là.

Ce futur immeuble des Bergers de l’Espoir sera érigé à l’angle du chemin de Montréal et du chemin Lang’s, tout près des terrains de l’Hôpital Montfort.

Mais contrairement à la possible arrivée de l’Armée du Salut dans le secteur Vanier, ce futur immeuble à logements des Bergers de l’Espoir n’a soulevé aucune controverse au sein de la population qui habite le secteur, aucune protestation.

Pourquoi ? Parce que les Bergers de l’Espoir ont bien fait les choses… eux. Ils ont fait leurs devoirs.

Premièrement, ils ont opté pour l’approche « logement d’abord » qui procure un logement permanent aux itinérants, contrairement au modèle des refuges d’une autre époque comme celui de l’Armée du Salut de la rue Georges, dans le marché By, et comme celui que cet organisme compte ni plus ni moins reproduire en plein cœur du secteur Vanier, au grand dam des résidents de ce quartier.

Le futur édifice des Bergers de l’Espoir du 765, chemin de Montréal comptera 42 studios, soit des logements permanents pour les femmes et les hommes admissibles. Ceux-ci bénéficieront d’un appui 24 heures par jour, ainsi que de différents services de soutien offerts par le personnel de l’endroit.

Mais cet organisme a été plus loin que de choisir l’approche « logement d’abord ». Il fallait aussi consulter les gens et les résidents concernés par la construction d’un immeuble de 42 logements pour itinérants. Il ne fallait pas tout planifier, obtenir le financement et les permis nécessaires pour ENSUITE en parler à la population touchée par ce projet.

On a vu ce que cette méthode « en coulisses » a donné dans le cas de la construction du méga-refuge de l’Armée du Salut à Vanier. Quand les Vaniérois ont appris avec stupéfaction que cette entente entre l’Armée du Salut et la Ville d’Ottawa était un fait accompli, la marmite a sauté dans Vanier. Avec raison.

Les Bergers de l’Espoir ont choisi de procéder autrement. Ils ont respectueusement consulté, eux. Et ce, avant même de savoir s’ils allaient obtenir le financement nécessaire pour la construction de cet immeuble de 42 logements en milieu de soutien.

Voici ce que le conseiller municipal d’Ottawa, Tobi Nussbaum, avait à dire au sujet de l’approche utilisée par cet organisme :

« Lorsque les cadres supérieurs des Bergers de l’Espoir m’ont informé l’été dernier de leur demande de financement, je les ai invités à contacter l’association communautaire du quartier (Fairhaven) afin d’informer les résidents, même s’ils ne savaient pas encore si des fonds leur seraient alloués. Tout à leur honneur, le personnel des Bergers de l’Espoir s’est adressé à l’équipe de gestion de l’association communautaire, a assisté à l’une des réunions ordinaires, a organisé une séance portes ouvertes et a même fait du porte-à-porte afin de sensibiliser et d’informer les résidents au sujet de cette demande. Et le personnel des Bergers de l’espoir s’est engagé à poursuivre son travail auprès du public tout au long du processus. »

L’Armée du Salut aurait-elle dû procéder de la même façon avec son méga-refuge prévu à Vanier ? Poser la question, c’est y répondre.

La réaction du public aurait-elle était différente si elle avait agi ainsi ? Difficile à dire, puisqu’on compare un peu des pommes et des oranges, c’est-à-dire qu’on parle d’un refuge de 350 lits contre un immeuble de 42 logements.

N’empêche que si les Vaniérois avaient été consultés par l’Armée du Salut avant que celle-ci débute la planification de son méga-refuge dans leur cour, ils n’auraient peut-être pas l’impression aujourd’hui de s’être fait passer un sapin par la Ville d’Ottawa.

Ils auraient au moins eu leur mot à dire. Ils auraient au moins été respectés.