Une plaque à la mémoire de René Doré, un Vaniérois bien connu qui a rendu l’âme en 2003 à l’âge de 60 ans, a été inaugurée à la cabane à sucre du Muséoparc de Vanier.

Hommage à l’ami René

CHRONIQUE / On a inauguré une plaque commémorative dans la cabane à sucre du Muséoparc Vanier vendredi dernier. Une plaque à la mémoire de René Doré, un Vaniérois bien connu qui a rendu l’âme en 2003 à l’âge de 60 ans.

C’est un beau geste qu’on a posé. Parce que René Doré avait Vanier tatouée sur le cœur. Cette ville était son lieu de naissance, son lieu de travail, sa communauté, sa famille, sa vie.

Si le Muséoparc a tenu à lui rendre cet hommage, c’est surtout parce que René est celui qui a eu cette idée folle de transformer l’ancien hôtel de ville en musée. C’est aussi lui qui a demandé qu’on y ajoute une cabane à sucre, la seule en milieu urbain au pays.

Personne n’y croyait. Comment réussira-t-il à exploiter une cabane à sucre en pleine ville ? Y a-t-il assez d’érables dans la petite forêt du parc des Pères-Blancs pour fabriquer du sirop ? Qui voudra visiter une cabane à sucre à Vanier plutôt que d’en visiter une en milieu champêtre, dans la nature et par une belle journée ensoleillée d’un doux printemps. (Ça existait à l’époque, des doux printemps).

Non, personne n’y croyait trop à cette idée farfelue de René. Mais lui, si. Et aujourd’hui, la cabane à sucre de Vanier est l’une des plus visitées de la région le printemps venu, et son Festival des sucres annuel, qui en sera à sa 36e édition en 2020, croît en popularité d’année en année.

Un vrai visionnaire, l’ami René.

Voici un autre exemple de son amour pour sa ville natale.

La Ville de Vanier a été fusionnée à la Ville d’Ottawa en janvier 2001. On en discutait depuis plusieurs années de cette fusion. Et la grande majorité des Vaniérois étaient contre. Mais, comme on dit, on ne peut pas arrêter le progrès et Vanier fut parmi les 12 municipalités amalgamées à la Ville d’Ottawa en 2001.

Mais en 2000, quelques mois avant la fusion, René Doré, à titre de président de l’organisme Action Vanier (un groupe qu’il a fondé), a commandé la fabrication de deux énormes affiches de bois sur lesquelles on pouvait lire « Bienvenue à Vanier —Welcome to Vanier ». Et ces deux affiches ont été installées aux entrées Ouest et Est de la ville.

Fusion ou non, les gens allaient savoir qu’ils entraient dans Vanier à la vue de ces affiches. Comme quoi, pour René, Vanier allait toujours exister. (Je n’ai pas vérifié, mais je crois que ces affiches sont toujours là, sur la promenade Vanier et sur le chemin de Montréal).

René Doré était greffier de la Ville de Vanier. Et lui et son épouse, Diane Doré, la présidente de la fondation du Centre Pauline-Charron et ancienne conseillère municipale étaient aussi propriétaires d’un dépanneur situé à deux pas de chez moi.

Je m’y arrêtais presque chaque matin à mes débuts comme journaliste au Droit. Non pas pour me procurer un chip, un p’tit Coke ou un Jos Louis, mais bien pour me procurer un scoop.

Le dépanneur de René et Diane était un second hôtel de ville de Vanier. Le maire Guy Cousineau s’y arrêtait chaque matin pour un café, tout comme plusieurs conseillers municipaux. Donc, quand j’allais faire mon tour une heure ou deux après le passage des élus, René et Diane avaient toujours un scoop à m’offrir, une nouvelle qui allait sûrement faire la manchette de l’édition du Droit du lendemain.

Le maire Cousineau s’est parfois demandé qui était ma source. Je ne lui ai jamais dit. Mais il n’avait qu’à regarder vers le bureau de son greffier…

J’aimais bien René Doré. Un bon ami. Et cette plaque qu’on a inaugurée vendredi, tout comme la rue du secteur Vanier qu’on a renommée en son nom, sont des honneurs pleinement méritées.

Si t’étais encore des nôtres René, je te paierais ce midi ton hamburger « oignons seulement » chez McDo, comme tu l’aimais. Juste pour te remercier pour tout.