Ghislaine Beaudoin, et son chien Beast, marcheront jusqu’au Texas. Elle est encouragée par sa fille Naomie Bradley.

Gatineau-Texas... à pied !

CHRONIQUE / Ghislaine Beaudoin, 61 ans, quittera pour le Texas le 1er avril, jour de Pâques.

Ce matin-là, elle quittera sa résidence de Buckingham en saluant sa fille et son garçon, et elle partira en direction de l’état des cow-boys... à pied. À la marche.

Non, je ne vous tends pas un poisson d’avril, chers lecteurs. Je vous le jure. Et non, Mme Beaudoin n’est pas tombée sur la tête. Cette sympathique dame a la ferme intention de marcher 3 000 kilomètres jusqu’au Texas, et elle se donne cinq mois pour y parvenir.

Pourquoi le Texas ? « C’est un état qui m’a toujours attirée et j’ai toujours voulu y aller, répond-elle. Et c’est une destination chaude. Disons que je ne marcherais pas jusqu’au Pôle Nord », ajoute-t-elle en riant.

Fonctionnaire de profession, Ghislaine Beaudoin est retraitée du Bureau du Conseil privé depuis le 5 mars dernier. Et cette marche de 3000 km qu’elle entreprendra bientôt est un rêve qu’elle veut réaliser depuis plusieurs années.

« Et je suis en pleine forme, dit-elle. Je marche quatre heures par jour et ça ne me dérange pas du tout. Et si quelque chose devait m’arriver, je me dis que préfère mourir de cette façon que de mourir assise dans ma chaise à la maison. »

Et à deux semaines de son départ, elle est prête. Elle est déterminée. Elle poussera un espèce de panier sur roues dans lequel se trouvera ses effets personnels, sa bouffe, sa tente de camping, son sac de couchage et le reste. Et il y aura une place dans ce panier pour le petit lit de son chien de race shistzu nommé Beast qui l’accompagnera dans son aventure. Et Beast a reçu toutes les piqûres exigées par les États-Unis pour pouvoir entrer en territoire américain.

« Je compte marcher environ 20 milles par jour, dit-elle. Je me promets un repas chaud par semaine. Le reste du temps je mangerai des fromages, des noix, des fruits et autres que j’apporterai avec moi. Je compte m’approvisionner en nourriture aux trois jours. Et je coucherai dans un hôtel ou un motel une fois par mois afin de défaire mes bagages, aller à la buanderie et peut-être visiter un peu le lieu où je me trouverai. » Mais le reste du temps, sa tente sera sa maison.

Elle sait exactement le trajet qu’elle suivra. Son panier sera décoré des drapeaux du Québec et du Canada. « Et j’aurai mon téléphone intelligent en cas d’urgence », souligne-t-elle.

Mme Beaudoin peut compter sur l’appui de ses deux enfants dans cette aventure. « Je l’encourage à 100 %, de dire sa fille Naomi. Je l’encourage comme elle m’encouragerait si j’entreprenais un projet. Je fais pour ma mère la même chose qu’elle ferait pour moi. Et elle est vraiment prête ! je n’ai aucune inquiétude. Elle y parviendra. »

Mais Mme Beaudoin ne craint-elle pas la solitude pendant ces cinq mois à marcher avec son Beast comme seul compagnon ?

« Pas du tout !, répond-elle. Quand je marche mes quatre heures ici, je vois pratiquement toujours le même paysage. Tandis que là-bas, ce ne sera jamais la même chose, jamais le même paysage. Ce sera comme ma télévision personnelle, ajoute-t-elle en souriant.

«Et je rencontrerai plein de gens, reprend-elle. Oui, je sais qu’il y a des gens dérangés un peu partout dans ce monde. Mais il y aussi du bon monde sur cette Terre. Et si quelqu’un veut m’héberger une nuit ou m’offrir un repas chaud, probablement que je l’accepterai. La seule chose que je n’accepterai jamais tout au long de ma route, c’est un «lift».»

Mme Beaudoin créera une page Facebook sur laquelle on pourra la suivre et l’accompagner dans son périple. Elle songe aussi créer une campagne de sociofinancement pour amasser quelques dollars. Mais non pas pour elle, mais bien pour des causes qui lui tiennent à cœur, notamment la réadaptation de Sabryna Mongeon qu’elle connaît bien.

Je vous reviens dans une prochaine chronique avec tous les détails. D’ici là, bonne chance et bon courage, Mme Beaudoin.

Et bon voyage !