Marie-France Lalonde, ancienne députée provinciale et ministre aux Affaires francophones de l’Ontario

Eh bien dansez maintenant!

CHRONIQUE / La Terre appelle les libéraux d’Orléans. Répondez.

Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passait dans la tête des libéraux de la circonscription d’Orléans ces derniers mois. Les élections fédérales se tiendront le 21 octobre prochain, dans 32 jours. La campagne électorale a été officiellement lancée le 11 septembre dernier, il y a huit jours. Mais à Orléans, c’est aujourd’hui qu’aura lieu l’assemblée d’investiture libérale pour élire un candidat à ces élections du mois prochain. C’est ce qu’on appelle «dormir au gaz».

Pourquoi a-t-on attendu si longtemps ? Pourquoi a-t-on attendu le déclenchement des élections avant d’allumer ?

Ce n’est pas comme si les libéraux avaient été pris au dépourvu. Le député sortant, Andrew Leslie, a annoncé le 1er mai qu’il quittait la politique et qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections. Le 1er mai ! Pourquoi a-t-on attendu plus de quatre mois et demi avant de lui choisir un successeur ?

Deux candidates se feront face aujourd’hui à cette assemblée d’investiture libérale dans Orléans, soit l’ancienne députée provinciale et ministre aux Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, et la comptable agréée et femme d’affaires, Khatera Akbari.

Pauvres elles. Au cours des dernières semaines, ces deux dames ont dû faire du porte-à-porte — si elles en ont fait — en demandant aux contribuables orléanais de voter pour elles… si leur nom apparaît sur le bulletin de vote. «Bonjour Monsieur. Je me présente, Marie-France Lalonde. Il se peut que je ne sois pas la candidate libérale dans votre circonscription. Mais si je le suis, pourriez-vous voter pour moi s’il vous plaît ?». Pas convainquant comme présentation.

Et n’allez pas croire que Mme Lalonde est assurée de remporter cette investiture libérale d’aujourd’hui, que sa victoire n’est qu’une formalité et que son adversaire est une candidate «poteau».

En 2017, à l’investiture libérale dans Ottawa-Vanier, Khatera Akbari a terminé deuxième sur huit candidats. Deuxième derrière Mona Fortier, mais devant l’ancienne directrice générale de la radio Unique FM, Véronique Soucy, et devant l’ancien député fédéral, Francis Leblanc. En fait, la course était si chaude entre la députée Fortier et Mme Akbari qu’il a fallu sept tours de scrutin avant qu’on déclare une gagnante ! Pas une «poteau», disais-je. Loin de là. Et j’oubliais, Mme Akbari est aussi présidente de l’Association libérale fédérale d’Orléans…

Ça pourrait donc chauffer cet après-midi chez les libéraux de ce patelin. Et pendant qu’ils se déchireront entre eux en pleine campagne électorale, les candidats des autres partis politiques poursuivront leur porte-à-porte qu’ils ont entamé il y a des semaines, voire des mois.

Si cette circonscription était acquise et rouge libéral depuis toujours, je ne dis pas. Mais on parle d’Orléans, une circonscription baromètre, là où le député fédéral élu est toujours membre du parti vainqueur à la Chambre des communes, et ce depuis plus de 25 ans.

Non, je ne sais vraiment pas ce qui se passait dans la tête des libéraux d’Orléans cet été. Je ne comprends vraiment pas leur stratégie.

Mais leur petite sieste estivale risque de leur coûter une circonscription clé.

Et ils n’auront qu’eux-mêmes à blâmer.