La mauvaise passe des Sénateurs passera. Parole d’ambassadeur.

Du déjà-vu

CHRONIQUE / Une mauvaise passe. C’est tout. Les Sénateurs d’Ottawa traversent simplement une mauvaise passe. Ils s’en sortiront.

J’ai écrit, il y a deux semaines, que j’en avais marre de les voir perdre. Et c’est vrai. Mais de là à tourner le dos à l’équipe comme plusieurs le font depuis un certain temps, non. L’ambassadeur officiel des Sénateurs autoproclamé que je suis n’abandonnera pas son équipe en ces temps difficiles. Je le répète, ce n’est qu’une mauvaise passe. Dieu sait que nous, partisans des Sens, en avons vu d’autres. Ou comme disait le légendaire Yogi Berra : « It’s deja vu all over again. »

À LIRE AUSSI : L'ambassadeur bien fatigué

Rappelez-vous les premières années de cette franchise. Misère ! Aller voir un match au Centre municipal d’Ottawa (avant l’ouverture de l’amphithéâtre à Kanata en 1996) n’était pas une sortie de plaisir, mais bien une torture. Une véritable torture. L’équipe était tellement nulle, c’en était gênant.

Rappelez-vous aussi la saga Alexei Yashin, cet ancien capitaine des Sénateurs qui a exigé une renégociation de contrat à trois reprises… en cinq ans ! Le gars a même fait la grève pendant une saison entière pour obtenir les millions $ qu’il convoitait.

Puis dans l’une des plus brillantes transactions de l’histoire des Sénateurs, Yashin a été envoyé aux Islanders de New York en échange d’un géant défenseur du nom de Zdeno Chara et du premier choix au repêchage des Islanders (Jason Spezza). Les Sens, menés par le capitaine Daniel Alfredsson, allaient alors se classer parmi les meilleures équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) pendant une bonne dizaine d’années.

Mais c’est du passé. Les Sénateurs traversent aujourd’hui une mauvaise passe. Une autre. Et ils s’en sortiront. Encore une fois.

« C’est le propriétaire, le problème », affirment plusieurs. Ils ont raison, je crois. Eugene Melnyk donne effectivement l’impression d’un homme qui n’est plus capable de se permettre une équipe de la LNH. La vente de feu effectuée au cours des dernières semaines en témoigne.

Mais Melnyk vendra son équipe un jour. Il n’aura plus le choix. Et tout ira pour le mieux pour les Sens, n’ayez crainte chers amis partisans.

Rappelez-vous l’hiver 2003, il y a 16 ans. L’équipe croulait sous les dettes et elle était à un cheveu de la faillite. Certains partisans étaient si convaincus qu’elle allait être déménagée dans une ville américaine qu’ils lui tournaient le dos. Comme d’autres le font aujourd’hui.

Tenez, voici des extraits d’un texte du Devoir publié le 3 janvier 2003 :

« Le propriétaire [des Sénateurs] Rod Bryden n’a pas versé les chèques de paye aux joueurs, mais leur a plutôt donné une lettre leur promettant de les payer d’ici une semaine. […] La nouvelle voulant que les joueurs n’ont pas été payés a été mal accueillie par les amateurs et les médias. La nouvelle a d’ailleurs fait la une de tous les journaux. »

Et vous pensez que les choses vont mal aujourd’hui !? On ne pouvait même plus payer les joueurs, bordel ! Le Devoir ajoutait :

« Plusieurs craignent que Bryden n’aura d’autre choix que de vendre l’équipe et la déménager. […] On dit qu’ils ont des dettes de 375 millions $, dettes accumulées au cours des dix premières années d’existence de l’équipe. »

Ce texte a été publié le 3 janvier 2003. Un mois plus tard, on apprenait qu’un milliardaire de Toronto du nom de Eugene Melnyk, alors président fondateur et actionnaire majoritaire de la compagnie pharmaceutique Biovail Corporation, était intéressé à acheter les Sénateurs et le Centre Corel (aujourd’hui le Centre Canadian Tire) et maintenir l’équipe à Ottawa.

Melnyk allait devenir le « sauveur ». Fin de la mauvaise passe. Jusqu’à aujourd’hui…

Y aura-t-il un autre « sauveur » cette fois-ci ? Oui. Sûrement. Une rumeur veut que Power Corporation – communément appelé « les Desmarais » – serait parmi des investisseurs qui lorgnent les Sénateurs depuis un certain temps. Non pas pour déménager l’équipe à Québec dans le Centre Vidéotron de Pierre Karl Péladeau. (Imaginez !) Mais bien pour la maintenir à Ottawa. Y a-t-il du vrai dans cette rumeur ? Seul le temps le dira.

Chose certaine, la mauvaise passe passera. Parole d’ambassadeur.