En Amérique du Nord, le changement d’heure a lieu dans la nuit du 4 au 5 novembre, soit une semaine après l’Europe.

Changer l’heure, pour ou contre ?

CHRONIQUE / Une lectrice m’a écrit pour me poser la question suivante : « Bonjour M. Gratton. J’ai demandé à Google quand il fallait changer l’heure. Comme réponse, j’ai obtenu le 29 octobre 2017. Je suis pourtant certaine que c’est le 5 novembre. Est-ce que je suis correcte ? »

Avant de vous répondre, chère lectrice, j’ai à mon tour une question pour vous. Si vous êtes certaine qu’on recule l’heure le 5 novembre prochain, pourquoi êtes-vous allée vérifier sur Google ?

Mais bon. J’en conclus que vous n’étiez pas si certaine que vous l’affirmez. Et pourtant, vous avez raison. C’est bien le 5 novembre 2017 que l’on revient à l’heure normale. Ou à l’heure d’hiver, si vous préférez.

Alors pourquoi Google a-t-il « répondu » : le 29 octobre 2017 ? Parce que ce moteur de recherches vous a probablement dirigée vers un site Web français ou européen. Et les dates de changements d’heure du printemps et de l’automne différent en Europe et en Amérique du Nord.

En Europe, le changement d’heure de l’automne a lieu le dernier week-end d’octobre.

Mais depuis 2007, le Québec, l’Ontario ainsi que toutes les autres provinces canadiennes (sauf la Saskatchewan), se sont alignés sur les États-Unis, prolongeant ainsi d’un mois la période de l’heure avancée d’été qui débute trois semaines plus tôt au printemps et se termine une semaine plus tard en automne.

Tout ça pour dire qu’on devra reculer nos montres (pour ceux et celles qui portent encore une montre) dans la nuit du 4 au 5 novembre.

Ça répond à votre question, ma chère lectrice ?

De rien.

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Ceci étant dit...

Je déteste reculer l’heure. Je déteste la noirceur à 16 h 30, en plein après-midi. Et je déteste le fait que les mots « reculer l’heure » soient synonymes des mots : froid, hiver, neige, refroidissement éolien, tempête hivernale, chaussée glissante, gratte en plastique, mitaines, foulard, grippe, déneigeuse... Et je pourrais continuer. C’est à tout ça que je pense quand j’entends les mots : reculer l’heure.

Et je ne suis pas le seul. Une pétition signée par plus de 8 200 personnes a d’ailleurs été déposée à l’Assemblée nationale du Québec, en 2013, afin d’abolir le changement d’heure. Cette pétition n’a évidemment pas porté fruit. Mais c’est tout de même un signe assez clair qu’il y a un paquet de monde qui grince des dents quand vient le temps de modifier le temps.

J’ai trouvé un texte sur le site Web de MétéoMédia dans lequel on énumère les « pour » et les « contre » du changement d’heure. On y soulève deux « pour » et quatre « contre ».

Chez les « pour » : 

1. L’heure normale (ou l’heure d’hiver) augmente la clarté le matin (transport, sécurité). Bon point.

­­2. L’heure d’été (ou l’heure avancé) permettrait des économies d’énergie.

Je n’en suis pas convaincu. On économise peut-être l’énergie le soir venu, l’été, puisque le soleil ne se couche pas avant 21 h. Mais il nous en faut davantage le matin, alors que le soleil se lève plus tard. Et, en général, on utilise plus d’énergie le matin qu’à 20 h le soir. Mais je sais qu’on pourrait longuement débattre cette question.

Passons donc aux « contre » le changement d’heure :

1. Les changements d’heure peuvent provoquer des troubles de sommeil temporaires. Certaines études avancent même qu’ils favoriseraient la dépression en automne et des risques d’infarctus lors du passage à l’heure avancée. (Ils favoriseraient la dépression en automne, dit-on. Voir paragraphe ci-haut qui débute avec les mots : « Je déteste reculer l’heure »...).

. De nombreux agriculteurs soutiennent que le bétail s’adapterait difficilement aux changements d’heure, ce qui provoquerait une baisse de rendement et de la production. (Même les vaches sont contre les changements d’heure. Ils les font meuh...gler de rage).

3. Les changements d’heure perturberaient la prise de médicaments de certains patients.

4. Les changements d’heure seraient nuisibles aux enfants qui arrivent mal à gérer cette perturbation deux fois par année, ce qui a évidemment des conséquences pour les parents.

Alors voilà. Quatre arguments contre cette pratique et deux arguments pour. 

En fait, la seule bonne chose, selon moi, dans ces changements d’heure, c’est l’immense joie que je ressens dans la nuit du samedi au dimanche de mars quand vient le temps d’avancer l’heure. Parce que les mots « avancer l’heure » sont synonymes des mots : printemps, été, chaleur, golf, chalet, vacances...

Je ne voudrais pas perdre ce merveilleux moment annuel.

Donc à bien y penser, oubliez tout ça. Gardons les changements d’heure et apprenons — nous les « hiver-phobes » — à vivre avec nos dépressions automnales. Et au diable ce qu’en pensent les vaches.