Pour l’instant, Amanda Simard a toujours l’intention de solliciter un deuxième mandat à titre de députée de Glengarry-Prescott-Russell à l’Assemblée législative.

Amanda Simard, la résistante (2e partie)

CHRONIQUE / La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, est vite devenue une héroïne de la communauté franco-ontarienne, il y a un an, lorsqu’elle a tourné le dos au Parti conservateur de Doug Ford pour siéger comme députée indépendante à l’Assemblée législative de l’Ontario. Comme francophone de souche de l’Est ontarien, Mme Simard ne pouvait accepter que son parti impose à sa communauté des coupures qu’elle qualifie depuis d’injustes et d’injustifiables.

Son geste a été applaudi, tout comme son courage, sa détermination et son audace. Mais au cours de la dernière année, son étoile semble avoir un peu pâli aux yeux de certains élus municipaux de sa circonscription alors que ceux-ci n’ont pas raté une occasion de souligner l’absence de leur députée à certains événements tels le Banquet de la francophonie de Prescott-Russell, l’assemblée générale annuelle de l’Union des cultivateurs franco-ontariens et — surtout diront certains — aux inondations du printemps dernier qui ont fortement touché ce comté.

Aussi, en janvier dernier, les maires des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) n’ont pas invité la députée Simard au congrès annuel de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (AMRO) qui se déroulait à Toronto en présence de plusieurs ministres du cabinet Ford, par crainte que sa présence nuise à leurs chances de faire avancer des dossiers locaux.

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« Ils m’ont écartée de ce congrès et c’était voulu, affirme Amanda Simard. Guy Desjardins (maire de Clarence-Rockland), Pierre Leroux (maire de Russell) et Stéphane Parisien (directeur général des CUPR), ont passé la dernière année à me caler. Tout ce qu’ils font c’est de m’abaisser. Et après ils s’attendent à ce que je saute dans leurs bras ? On va s’entendre que de sauter dans leurs bras n’est pas la première chose qui me vient en tête lorsque j’ai du temps libre.

« Je suis à Toronto quatre jours par semaine, poursuit-elle. Les vendredis et les dimanches sont des jours de déplacement, je suis sur la route. Aux événements dans mon comté, on voit le député fédéral (le libéral Francis Drouin), et là on se demande où est la députée provinciale. Mais moi, contrairement à Francis, je passe 12 heures de ma semaine en déplacement.

« Durant les inondations, je suis allée voir la situation mais je ne voulais pas prendre de photos par respect pour les victimes. Je ne suis pas allée avec le maire de Clarence-Rockland, il ne m’a pas invitée. Et selon moi, c’était « fake » de juste aller là et de faire semblant de travailler. Justin Trudeau venait justement de se faire « blaster » pour ça. Mais les gens de mon bureau de comté ont énormément aidé les victimes. J’ai fait le travail que j’avais à faire, mais je n’ai pas fait la grosse couverture médiatique. C’était peut-être une erreur. Si j’avais pris une seule photo, peut-être que ça aurait tout changé.

« Et une chose qui me dérange vraiment, ajoute la députée, c’est que tout ce que certains maires affirment à mon égard dans les médias, ils disaient exactement la même chose de mon prédécesseur (l’ex-député libéral Grant Crack). Mais ils le disaient discrètement, jamais dans les médias. Ils disaient toujours : « Grant Crack est nulle part, on ne le voit pas, il ne vient pas à nos événements et bla, bla, bla ». Ils n’arrêtaient pas de le caler. Mais dans son dos, pas sur la place publique. Dans mon cas, par contre, c’est correct de le dire aux médias. Avec moi, c’est un traitement différent. Deux poids, deux mesures. Je ne sais pas si c’est une question de jalousie ou d’ambition politique.

— Que voulez-vous dire par « ambition politique » ?

— J’ai su que deux maires qui n’arrêtent pas de parler contre moi ont des ambitions politiques. Ils veulent mon poste. Donc il y a des jeux qui se jouent. Plus ils m’attaquent, plus de chances ils ont. Mais je ne m’en fais pas avec ça. Je sais que je fais mon travail de députée de la façon dont il doit être fait. Et je n’ai aucune excuse à faire pour ça.

DEUXIÈME MANDAT

— Avez-vous l’intention de vous présenter pour un deuxième mandat ?

— Je l’espère. J’adore ce que je fais. C’est un privilège de pouvoir représenter les gens de Glengarry-Prescott-Russell. Tant et aussi longtemps que les gens voudront que je les représente, je les représenterai.

— Mais en vous présentant comme candidate indépendante, ne risquez-vous pas d’ouvrir la porte à d’autres candidats aux… ambitions politiques ?

— Je ne me représenterai pas comme indépendante. Je veux me joindre à une équipe parce que c’est ensemble qu’on fait avancer les choses. Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin. Je partage beaucoup de valeurs avec le Parti libéral de l’Ontario (PLO). Il a de bonnes idées. On commence à voir les plateformes des candidats (à la course au leadership du PLO) et ça m’intéresse beaucoup. Et pour la francophonie, ce sont les libéraux, tant au provincial qu’au fédéral, qui ont toujours été les amis des francophones. Je prends ça en considération. Je veux cependant m’assurer que l’équipe avec laquelle je vais me joindre respecte mes électeurs afin que ceux-ci aient tout ce qu’ils méritent. Je veux que toutes les cartes soient sur la table. Et je veux des engagements de la part du nouveau ou de la nouvelle chef (libéral). Je n’échangerai pas mon indépendance pour n’importe quoi. »