Denis Gratton

Fenêtres mortelles

CHRONIQUE / Je suis allé voir des oiseaux, hier. Toutes sortes d’oiseaux.

Non, je ne suis pas allé flâner dans les bois. Je ne suis pas ornithologue non plus.

Denis Gratton

La « p’tite fille » de Mulroney

CHRONIQUE / On a tous accroché à LA déclaration de l’ancien premier ministre, Brian Mulroney, lors de son passage à l’émission « Tout le monde en parle », dimanche soir

En parlant de la députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, M. Mulroney a dit : « La p’tite fille qui a démissionné, elle est partie. C’est fini ça. » Ouch.

La « p’tite fille » ? Vraiment, M. Mulroney ? Vous qualifiez une femme de 30 ans, une élue et une professionnelle de « p’tite fille » ? En 2019 ?

L’ancien premier ministre l’a échappée, celle-là, c’est le moins qu’on puisse dire. Lundi après-midi, il a exprimé ses « sincères regrets » pour ce « mauvais choix de mots ».

À LIRE AUSSI

Brian Mulroney «regrette» d’avoir qualifié Amanda Simard de «p’tite fille»

Marie-France Lalonde réplique à Mulroney

Cela dit, M. Mulroney avait raison en affirmant : « J’étais de toutes les luttes depuis 50 ans pour la minorité francophone au Canada. Je n’en ai pas manqué une. Ma fille se loge exactement au même endroit que moi. Elle est membre d’un gouvernement, ce n’est pas elle qui décide, elle est prise justement à travailler avec ses collègues pour réparer les pots cassés. Elle est la meilleure voix que les francophones de l’Ontario pourraient jamais avoir, croyez-moi. »

D’abord, l’ancien premier ministre du pays a raison en affirmant qu’il était de toutes les luttes pour la minorité francophone au Canada. Il y était, notamment, durant la lutte de cinq ans pour sauver l’Hôpital Montfort.

« M. Mulroney a toujours appuyé S.O.S. Montfort, a dit la grande Gisèle Lalonde en novembre dernier. Il nous a appuyés jusqu’au bout. Il m’a appelée à quelques reprises pour me dire de continuer, d’avancer, de ne pas lâcher. Il prenait pour nous », a ajouté celle qui a présidé le mouvement populaire S.O.S. Montfort jusqu’à sa victoire définitive en 2002.

Je reviens à la déclaration de M. Mulroney à TLMEP. Je crois qu’il a mis le doigt sur le « bobo » en affirmant que sa fille, la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, « est prise à réparer les pots cassés » et que « ce n’est pas elle qui décide ».

Les pots cassés, dans ce cas-ci, ce sont l’abolition du Commissariat aux services en français de l’Ontario et le sabotage de la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français. Deux décisions qui ont été prises par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et ses pseudo conseillers. Et je suis convaincu que Caroline Mulroney n’était même pas au courant de ces coupures avant qu’elles soient annoncées, le 15 novembre dernier.

Souvenez-vous où elle se trouvait lorsque cette bombe est tombée sur l’Ontario français et que tous les journalistes la cherchaient pour obtenir ses commentaires. Elle participait à une conférence quelconque à Terre-Neuve ! Quitte-t-on la maison quand on sait que celle-ci s’apprête à brûler ?

« Ce n’est pas elle qui décide, a dit son père, elle est prise à travailler ses collègues pour réparer les pots cassés. »

Exactement, M. Mulroney. Bien dit. Elle est prise à travailler avec Doug Ford. Elle est prise à justifier des décisions injustifiables. Elle est prise entre l’arbre et l’écorce. Entre défendre les décisions de son gouvernement est son désir réel d’être « l’amie des Franco-Ontariens ».

Moi aussi je crois que Caroline Mulroney est la meilleure voix à Queen’s Park pour défendre les Francos. Vrai, il y aura toujours Amanda Simard. Mais Caroline Mulroney est la seule élue dans le caucus conservateur et dans le cabinet de Doug Ford qui semble comprendre la réalité de la communauté franco-ontarienne.

Et comme a dit hier le président de l’Assemblée de francophonie de l’Ontario, Carol Jolin : « Elle [Caroline Mulroney] est la meilleure personne pour faire face à la situation. Le budget provincial du 11 avril et la réforme provinciale en santé seront des tests pour la ministre Mulroney et sa capacité à défendre les intérêts des francophones ».

C’est effectivement là qu’on saura si Caroline Mulroney est réellement capable de « réparer les pots cassés », de prendre les décisions qui s’imposent pour défendre les Franco-Ontariens et d’être leur voix.

Si elle ne le fait pas, et si le 11 avril se transforme en une autre « journée noire » pour les Francos, on pourra alors conclure que Brian Mulroney avait tort, et que ses mots étaient ceux d’un père qui voulait simplement défendre… sa « p’tite fille ».

Denis Gratton

L’ami Leucan

CHRONIQUE / Je vous ai parlé de Kloé Jetté-Francoeur, le mois dernier (« Le courageux combat de Kloé », le 19 février 2019).

Kloé est une jeune adolescente de 13 ans, de Gracefield dans la Haute-Gatineau, qui est atteinte du cancer. Une maladie qui s’acharne sur elle depuis plus de six ans.

Denis Gratton

Y a de ces jours…

CHRONIQUE / Je n’avais pas pris le train depuis des lunes. Mais en septembre dernier, j’ai utilisé les services de VIA Rail pour un rapide allez-retour à Montréal.

Embarquement à 7 h. Rencontre à Montréal d’une heure ou deux. Puis retour à Ottawa sur le train de 14 h. Merci beaucoup et à la prochaine.

Denis Gratton

La calculatrice de poche

CHRONIQUE / C’était en 1974. Peut-être 1973. Dans ces années-là, quoi.

Je commençais le secondaire dans cette immense école rebaptisée quelques années plus tôt : l’école secondaire André-Laurendeau.

Denis Gratton

Un thank you de la Croix-Rouge

CHRONIQUE / J’ai un ami prénommé Daniel. Un gars avec le cœur sur la main. Ou comme disait mon père : un gars qui « a le cœur à la bonne place ».

Comme plusieurs, Daniel a voulu contribuer en septembre dernier pour venir en aide aux victimes des tornades dévastatrices qui ont balayé certains secteurs de Gatineau, de l’Outaouais et de la grande région d’Ottawa. Mon ami a donc fait un don de 25 $ à la Croix-Rouge canadienne, l’organisme qui a pris en charge les sinistrés, ces gens laissés sans demeure et, dans plusieurs cas, sans ressources. Et la Croix-Rouge canadienne s’est assurée d’écrire à Daniel pour le remercier de sa générosité.

Denis Gratton

Souvenirs d’Alex Trebek

CHRONIQUE / « Dolorès, ô toi ma douloureuse. Perdue dans le Colorado. Tout nu, dans ça d’épais d’eau, Je rêve à ton dos Dans ma Toronado. »

Aussi curieux que cela puisse paraître, cette drôle de chanson écrite par Robert Charlebois en 1968 me rappelle Alex Trebek, ce Canadien originaire de Sudbury, qui anime le jeu questionnaire américain Jeopardy !, depuis 35 ans.

Denis Gratton

Sabryna Mongeon: héroïne de la France

CHRONIQUE / L’ambassade de France à Ottawa a déroulé le tapis rouge mercredi soir pour accueillir Sabryna Mongeon.

Car aux yeux de Kareen Rispal, l’ambassadrice française au Canada, la jeune Gatinoise de 20 ans qui a frôlé la mort dans la nuit de Noël 2017 est une véritable héroïne.

Denis Gratton

Les vieux «sourres» de Vanier

CHRONIQUE / Vanier, la mal-aimée, n’a pas souvent l’occasion de se péter les bretelles.

Cette ancienne ville devenue en 2001 un secteur de la ville d’Ottawa est souvent le souffre-douleur du reste de la population de la capitale nationale. La mal-aimée, disais-je. Mais nous, Vaniérois, préférons l’appeler « notre secret bien gardé ».

Denis Gratton

Du déjà-vu

CHRONIQUE / Une mauvaise passe. C’est tout. Les Sénateurs d’Ottawa traversent simplement une mauvaise passe. Ils s’en sortiront.

J’ai écrit, il y a deux semaines, que j’en avais marre de les voir perdre. Et c’est vrai. Mais de là à tourner le dos à l’équipe comme plusieurs le font depuis un certain temps, non. L’ambassadeur officiel des Sénateurs autoproclamé que je suis n’abandonnera pas son équipe en ces temps difficiles. Je le répète, ce n’est qu’une mauvaise passe. Dieu sait que nous, partisans des Sens, en avons vu d’autres. Ou comme disait le légendaire Yogi Berra : « It’s deja vu all over again. »

À LIRE AUSSI : L'ambassadeur bien fatigué