Denis Gratton

Mourir auprès des siens

CHRONIQUE / La Maison Mathieu-Froment-Savoie, qui est reconnue par le milieu médical et communautaire comme un maillon indispensable de soins palliatifs dans l’Outaouais, pourrait bientôt offrir un service d’accompagnement à ses patients qui désirent mourir à la maison.

La Maison Mathieu-Froment-Savoie compte déjà 12 chambres où les personnes en fin de vie peuvent vivre le plus sereinement possible les derniers moments. Une demande a déjà été déposée auprès du gouvernement du Québec pour l’obtention de cinq chambres additionnelles.

Denis Gratton

La nouvelle devise des Francos

CHRONIQUE / «Y en aura pas de facile », disait l’ancien entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Claude « Piton » Ruel.

C’était au printemps 1969. Lorsqu’un journaliste a demandé au coach Ruel si le Canadien allait gagner la coupe Stanley, il a répondu par cette phrase – « y en aura pas de facile » – qui est devenue l’une des expressions les plus populaires du Canada français.

Chroniques

Les vacances de Ford à Hollywood

CHRONIQUE / Ainsi, le premier ministre de l’Ontario. Doug Ford, a passé les Fêtes en milieu francophone. C’est déjà ça.

Le hic, c’est qu’il n’était nulle part au Canada. Il n’a pas réveillonné avec les Franco-Ontariens. Il n’a pas partagé le souper de Noël avec les Québécois. Et il n’a pas accueilli la nouvelle année en compagnie des Acadiens, des Fransaskois, des Franco-Manitobains ou avec toute autre communauté francophone au pays.

Denis Gratton

Briser l’isolement

CHRONIQUE / « Le plus difficile pour eux, c’est l’isolement. Je pense que mon beau-frère et ma sœur se sentent parfois bien seuls. »

Alain Larivière, le fondateur et propriétaire de la brasserie et du pub Les Brasseurs de Montebello, dans la Petite-Nation, est aussi ambassadeur de la Société Alzheimer Outaouais. Sa mère est décédée de cette terrible maladie il y a quelques années. Et sa sœur aînée, Ginette, 59 ans, en est atteinte depuis l’âge de 48 ans.

Denis Gratton

Les rois du Lego

CHRONIQUE / Tout parent vous le dira, il n’y a rien au monde de plus douloureux que de poser son pied nu sur une brique Lego. Une véritable torture.

Marc Landry et son épouse, Linda Bélanger, en savent quelque chose. Leur maison de Gatineau peut parfois se transformer en un véritable champ de mines. Gare où vous posez le pied !

Denis Gratton

Deux ans loin des siens

CHRONIQUE / Le carton laissé sur la table d’un café a piqué ma curiosité. « Personne ne devrait être sans famille », pouvait-on y lire sous une photo d’une jeune Syrienne au sourire un peu timide et aux yeux pleins d’espoir.

La jeune femme sur la photo se nomme Hanan Al Taha. Voici son histoire.

Chroniques

Les « grandes citations »

CHRONIQUE / En ces derniers jours de l’année 2018, voici 10 citations retenues parmi plus de 40 entrevues réalisées au cours des douze derniers mois dans le cadre des « Grandes entrevues » du samedi. Bonne (re)lecture et bonne année 2019.

LE 2 FÉVRIER 2018

MIKAËL KINGSBURY : OBJECTIF OR

« À PyeongChang, je devrai faire le travail que j’ai fait dans les dernières courses et ne pas me laisser intimider par les Jeux olympiques. […] Je sais ce que j’ai à faire et j’ai une équipe gagnante qui sait quoi faire pour gagner. »

Denis Gratton

Le progrès...

CHRONIQUE / Quand j’étais enfant, nos emplettes de Noël se faisaient dans les commerces du chemin de Montréal, l’artère principale de ma ville natale de Vanier. Des commerces familiaux, dans la plupart des cas. Des commerces spécialisés.

On poussait parfois les recherches pour le cadeau parfait en empruntant l’autobus pour se rendre sur la rue Rideau, là où le tout Ottawa magasinait avant l’arrivée du père Noël et la naissance du p’tit Jésus. Les magasins Woolworth, Caplan’s et Freeman se partageaient la clientèle. C’était bien avant la construction du Centre Rideau. Dans ce temps-là, il fallait sortir dans la rue pour marcher d’un magasin à l’autre. Imaginez l’effort surhumain que ça demandait…

Denis Gratton

L’évêque « peace and love »

CHRONIQUE / « Le Pape François nomme un évêque auxiliaire à Alexandria-Cornwall », se lisait le titre d’un communiqué de presse reçu jeudi dernier. Et dans ce communiqué, on apprenait la nomination du Père Guy Desrochers comme évêque auxiliaire de Mgr Terrence Prendergast, l’Archevêque d’Ottawa.

Il y a sûrement des gens de Hull qui se secouent la tête en signe d’incrédulité en apprenant cette nouvelle ce matin. Parce que les baby-boomers hullois qui ont connu Guy Desrochers dans son adolescence et sa jeune vie adulte, mais qui ont perdu sa trace au fil des ans, n’auraient jamais pensé que ce gars-là deviendrait un jour prêtre. Encore moins un évêque. Lui qui, comme tant d’autres de sa génération, avait tourné le dos à l’église.

Guy Desrochers lui-même n’y croyait rien lorsqu’il a reçu « l’appel de Dieu » alors qu’il travaillait comme graphiste au quotidien Le Droit, au début des années 1980.

« Je suis né à Hull dans le quartier Saint-Raymond, raconte-t-il. J’étais adolescent dans les années 1970. C’était le temps du “peace and love”,  du “make love, not war” et tout le kit. C’était l’époque de la drogue, du sexe libre, de la boisson et le reste. Le pot, le “hash” et quelques produits chimiques de temps en temps, j’ai connu tout ça. J’ai arrêté d’aller à la messe à l’âge de 14 ans. Et de l’âge de 14 à 24 ans, je n’ai jamais mis les pieds dans une église. Je me souviens, à l’âge de 18 ans, d’avoir dit à ma mère : “tu t’es fait avoir. Dieu n’existe pas”. Elle m’a répondu qu’elle ne pouvait plus rien faire et qu’elle continuerait à prier pour moi. Je lui ai répliqué : “c’est ça, prie. Ça ne te fera pas tort”. Cinq ans plus tard, à mes 23 ans, ma mère m’a offert une bible. Mon frère et moi en avons bien ri. J’ai laissé cette bible sur mon bureau en me disant : “toi, je ne te toucherai jamais. Je sais ce qu’il y a là-dedans et je serais obligé de changer mon style de vie. Et je l’aime, mon style de vie. Je ne toucherai pas à cette bible”. Elle est restée sur mon bureau, et je ne l’ai pas touchée pendant un an ».

Mais la maladie de son père allait tout changer. Hospitalisé à l’âge de 55 ans souffrant d’une grave maladie du cœur, les médecins lui avaient annoncé qu’il avait 50 % de chances de mourir sur la table d’opération.

« J’avais tellement peur de perdre mon père, se souvient Guy Desrochers. J’étais tellement attaché à lui. J’allais le visiter tous les soirs après mon travail au Droit. Je m’inquiétais. Et lorsqu’il est tombé malade, j’ai commencé à me poser des questions sur le sens de la vie. À quoi ça sert ? On étudie pendant tant d’années, on travaille pendant tant d’années, et après on s’en va dans un trou noir pour l’éternité. Ça ne faisait pas de sens. »

Puis l’appel de Dieu est venu…

«Après trois semaines de visites à l’hôpital, j’étais devenu très anxieux. Puis un soir, alors que je me trouvais seul dans ma chambre, une petite voix dans mon cœur m’a dit : “lis ta bible et tu trouveras les réponses que tu cherches”. J’ai regardé ma bible et je me suis encore dit que je ne toucherais jamais à ça. La petite voix est revenue une deuxième fois quelques jours plus tard. “Lis ta bible et tu trouveras les réponses que tu cherches”. Encore une fois j’ai dit : jamais. Si ma vie est un péché, je veux rester dedans. Puis la voix est revenue une troisième fois. Et cette fois-là, j’ai cédé. J’ai dit : “D’accord, je vais changer Seigneur. Mais ne te presse pas, je ne veux pas changer trop vite”. (Rires). Puis j’ai commencé à lire ma bible. Chaque soir, pendant 45 minutes. Et au bout de deux semaines, je commençais à avoir le feu dans mon cœur. Je commençais à trouver les réponses que je cherchais sur le sens de la vie.

“Mon père a été hospitalisé pendant un mois et demi, ajoute-t-il. Deux mois après son opération, il faisait du ski de fond dans le Mont-Bleu, derrière chez nous. Il a vécu en pleine santé jusqu’à l’âge de 86 ans.”

La conversion de Guy Desrochers a duré huit ans. Et à l’âge de 32 ans, celui qui avait renié l’église et juré qu’il ne toucherait jamais à sa bible a été ordonné prêtre. Il célébrera ses 30 années de prêtrise le 7 janvier prochain. “J’ai réalisé que le monde a peut-être besoin de prêtres, dit-il. Mais pas n’importe quelle sorte de prêtre. Des prêtres qui ont à cœur le désir d’aider. Des prêtres qui aiment les gens.”

Mgr Desrochers ne regrette rien de ses années “rock n’roll”. Bien au contraire. Il affirme que ce bagage fait de lui un meilleur prêtre, un meilleur confident, un meilleur ami.

“Cette expérience-là a fait que, comme prêtre, j’ai une grande compassion pour les gens ‘puckés’, pour ceux qui ont des problèmes de drogue, de boisson, de jeu et tout ça. Je m’identifie à eux et je les aide, je suis proche d’eux. Cette expérience-là a ouvert mon cœur bien gros et bien grand sur les gens.”

Denis Gratton

La lutte d’une vie

CHRONIQUE / Ils ont été de toutes les luttes, de toutes les mobilisations, de toutes les victoires.

De Penetanguishene au mouvement « C’est l’temps », en passant par Sault-Ste-Marie, l’accent aigu sur « Orléans » et S.O.S. Montfort, ils étaient là, aux barricades, prêts au combat et prêts à tout pour s’assurer que les générations futures puissent à leur tour clamer : « Nous sommes, nous serons ! ».