Craig Anderson n’a pas pu empêcher Jason Pominville de marquer à son 1000e match, jeudi. Mais il a repoussé beaucoup, beaucoup de tirs.

De l’aide... et ça presse !

CHRONIQUE / Le mois dernier, je vous disais que les Sénateurs ont une (minuscule) chance de participer aux séries éliminatoires, ce printemps. Je vous disais, surtout, que tous leurs espoirs reposaient sur les épaules de leur gardien de buts numéro un, Craig Anderson.

Vous me donnez le droit de reprendre cette dernière affirmation ?

Mon opinion de l’équipe n’a pas changé, alors que débute un rude mois de novembre.

Je commence toutefois à croire que, pour espérer s’en sortir, elle aura surtout besoin d’un bon gardien de buts numéro deux.

C’est simple. Anderson nous a démontré qu’il était encore capable de jouer du bon hockey. Ses performances n’ont pas toujours été sublimes, mais il a plus souvent qu’autrement fait son travail.

Il est le récipiendaire de la Coupe Molson, à Ottawa, pour le mois d’octobre.

Le problème, et nous en avons souvent parlé, c’est qu’Anderson ne rajeunit pas. Il est âgé de 37 ans et demi. Il a subi une série de blessures au cours des quatre ou cinq dernières années.

Montrez-moi un entraîneur qui s’appuie trop sur son vétéran gardien. Je vous montrerai un entraîneur qui cherche le trouble.

Oh ! Anderson se bombait bien le torse, jeudi matin, quand il s’entretenait avec les journalistes. Jouer tout plein de matches, moi ? Pas de problème ! Je ne demande qu’à me faire bombarder de caoutchouc.

Ce n’est pas difficile, mentalement, de jouer aussi souvent ?

« Non, pas du tout ! On finit par tomber dans une zone de confort. Tout devient routinier. Je me sens un peu comme ça, en ce moment. Bien entendu, certaines journées se déroulent moins bien que d’autres. J’ai assez d’expérience pour les reconnaître, et pour savoir comment me relever », répond-il.

Mais Craig, tu affrontes, en moyenne, 37 lancers par match ! Même si on fait abstraction de ton âge, c’est une charge de travail considérable. Un gardien peut-il vraiment survivre, dans une saison où il affronte 37 lancers à 65 reprises ?

« Certainement. Sure ! Il suffit de ne pas y penser. Une saison de hockey, ça se vit un jour à la fois. Je ne pense déjà plus à ce qui m’est arrivé dans mes huit dernières parties. Il ne me sert à rien de me faire du sang de cochon en pensant à ce qui pourrait m’arriver dans les cinq prochaines. Je ne veux penser qu’à ce soir. »

On vous rappelle qu’Anderson a fait ces déclarations en fin de matinée, jeudi.

En soirée, il a été parfait pendant deux périodes. Il a fini par flancher, juste un peu, durant un troisième tiers où il a été bombardé de 23 lancers.

Il a fait face à 48 rondelles, en tout, pour aller chercher sa cinquième victoire.

Il jure qu’il est capable d’en prendre. On pense que ça ne peut pas durer.

On verra bien.

Mike McKenna est là pour le seconder, maintenant. Guy Boucher a laissé entendre que ce vieux routier des ligues mineures aura sans doute la chance de jouer au moins un match, ce week-end.

Advienne que pourra.

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Je salue la décision de laisser Filip Gustavsson à Belleville, pour l’instant.

Paraît que c’est drôlement bien parti pour le gardien d’avenir de l’organisation des Sénateurs. Mercredi, dans la magnifique Place Bell de Laval, il est allé chercher, pratiquement tout seul, deux points pour les Senators de la Ligue américaine.

La feuille de match dit presque tout ce qu’il faut savoir. Dans une troisième période où le Rocket a dominé 18-0 au chapitre des tirs au but, il a tout arrêté.

Un espion lavallois me dit que Gustafsson a réussi ni plus, ni moins qu’un vol. Au moins cinq des 18 lancers du troisième tiers auraient facilement pu se retrouver dans le fond du filet. Byron Froese, un des plus dangereux franc-tireurs de la Ligue américaine, aurait obtenu au moins trois chances de marquer de qualité durant cette rencontre.

« Gustafsson n’a pas l’air d’un gardien de buts de 20 ans », me souffle à l’oreille ce fin observateur qui traîne dans les galeries de presse.

C’est positif.

Rien ne sert d’emmener Gustafsson à Ottawa trop rapidement.

À Ottawa, il serait appelé à jouer derrière des défenseurs qui ont 20 ans et qui font souvent leur âge.

Il est sans doute judicieux et sage de lui donner du temps. Livrer d’autres performances du genre, faire le plein de confiance. Il en aura grand besoin quand il accédera au prochain niveau.