Pour affronter les Stars, du côté gauche, il devait s’appuyer sur Thomas Chabot et Ben Harpur. Ensemble, ces deux joueurs totalisent moins de 100 matches d’expérience dans la LNH.

De la patience et rien d’autre

CHRONIQUE / Comme les Sénateurs, j’ai parfois l’impression d’avoir passé les derniers mois à faire du surplace. Radoter, comme on dit en bon français. Raconter, encore et toujours, la même histoire.

L’été dernier, j’étais convaincu que la perte de Marc Méthot au repêchage d’expansion, aurait des conséquences terribles dans le court terme.

Une équipe qui ne mise pas sur quatre solides défenseurs d’expérience, dans mon esprit, ne pouvait pas contenir les meilleurs attaquants adverses sur une base régulière.

Pas de succès contre les attaquants adverses, pas de victoires.

Pas de victoires, pas de séries éliminatoires.

Pas de séries...

Pas de séries.

On a vu le scénario catastrophe se dérouler, au ralenti, devant nos yeux. Vendredi, alors que Méthot remettait les pieds au Centre Canadian Tire pour la première fois, on écoutait attentivement Guy Boucher. Dans sa conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur-chef des Sénateurs parlait de l’expérience qu’il faut acquérir avant de pouvoir briller à cette position, dans la LNH.

Il sait de quoi il parle. Il a perdu Johnny Oduya et Dion Phaneuf à l’approche de la date limite des transactions.

Pour affronter les Stars, du côté gauche, il devait s’appuyer sur Thomas Chabot et Ben Harpur. Ensemble, ces deux joueurs totalisent moins de 100 matches d’expérience dans la LNH.

Ma première question se voulait innocente.

Ça prend combien de temps, Guy, pour acquérir l’expérience nécessaire pour exercer le métier de défenseur ?

« Mon Dieu ! C’est très long », a-t-il répondu.

« C’est très long », a-t-il répété pour s’assurer que tout le monde comprenne.

Je ne vous reproduirai pas entièrement sa longue explication. Il reconnaît que les défenseurs se développent un peu plus rapidement que les gardiens. Après, c’est du cas par cas.

« À 18 ou 19 ans, tu ne peux pas te défendre adéquatement contre des joueurs de la LNH. Je me souviens que Marc-Édouard Vlasic s’en tirait pas mal parce qu’il ne commettait pas d’erreurs. Malgré cela, il a été obligé de se développer physiquement, comme tous les autres, avant de gérer toutes les minutes d’un défenseur top-4. »

Ma question suivante fut pas mal moins innocente.

Comment peut-on continuer à vendre du rêve aux partisans, alors, dans un contexte où Chabot et Harpur pourraient continuer d’être utilisés à profusion la saison prochaine ?

J’ai posé cette question en me demandant si je vais continuer à radoter encore longtemps.

« Il faut du temps, m’a répondu Boucher. Je ne me raconterai pas de menteries. Je n’inventerai pas de scénarios magiques. Cette année, on travaille avec Chabot et Harpur en espérant qu’ils progressent le plus rapidement possible. Il faut quand même comprendre que le processus normal va suivre son cours. »

« Tu sais, on aimerait tous posséder une lampe d’Aladin, la frotter très fort pour faire sortir le génie. Dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. »

Boucher ne va quand même pas lancer la serviette avant même le début de la saison 2018-19.

« Tant qu’on ne connaîtra pas le portrait complet de notre équipe, je ne serai pas vraiment en mesure de te parler de l’an prochain », a-t-il complété.

Belle façon de nous rappeler que son patron poursuit sa tournée des amphithéâtres de hockey nord-américains et européens. Il y aura d’autres changements dans les prochains mois. Qui sait à quoi ressemblera la brigade défensive d’Ottawa en octobre ?

Parlant de Pierre Dorion, d’avenir, de changements...

Le directeur général des Sénateurs a fait jaser de lui, en assistant à deux matches des Oilers d’Edmonton, récemment.

Il pourrait, effectivement, s’intéresser à Ryan Nugent-Hopkins. Tôt ou tard, il faudra bien trouver un centre offensif pour succéder à Derick Brassard.

J’ai envie de lancer une autre idée, comme ça. Une solution qui pourrait s’avérer moins coûteuse.

Le contrat de Jason Spezza pourrait être racheté par les Stars, l’été prochain.

On parle ici d’un joueur de 34 ans. La carrière de Spezza tire à sa fin, c’est évident.

Si on pouvait le convaincre d’accepter un salaire modeste, il pourrait revenir dans la ville où tout a commencé, pour lui. Il pourrait, à Ottawa, combler un besoin à court terme.