Le monde selon Goudreault

Les femmes qui lisent ne sont pas dangereuses

« Dans la lecture, je vais partir loin de ce qui me poursuit et qui n’a pas de visage. » — Jeanne Benameur

CHRONIQUE / Je sais, je chronique souvent sur les livres et sur la détention, mais laissez-moi vous parler de livres en détention. Des détenues et de leur amour des livres, plutôt. Et de mon admiration pour les détenues qui lisent. 

Dernièrement, j’ai ressenti un immense coup de foudre pour une quinzaine de lectrices émérites du Club de lecture du pénitencier de Joliette. Et même si notre amour est platonique et littéraire, il n’en demeure pas moins que notre rencontre fut passionnée.

« C’est un dangereux malade! », « J’ai fréquenté des gars aussi fuckés que lui, moi. », « Pauvre ti-loup, je voulais le prendre dans mes bras. ». Pas de doute, le personnage principal de mon roman ne les laisse pas indifférentes. Tant mieux. « On n’a pas le temps de lire des livres plates en dedans!». Et pourtant, plusieurs détenues en ont encore pour de longues années derrière les murs, les sentences au fédéral allant de deux ans jusqu’à la perpétuité.

Parlant de l’impulsivité de mon personnage, une lectrice fait remarquer que certaines détenues sont incarcérées pour des gestes irréfléchis. S’ensuit un silence lourd de sens. « Il est souffrant le héros, au fond, il se met toujours dans la marde parce qu’on ne lui a pas appris à faire autrement. » Sans excuser les crimes, on arrive parfois à les expliquer. On frise l’analyse sociologique.

Lire délivre, c’est documenté. Certains pays, comme le Brésil, la France et les États-Unis offrent même des remises de peine pour les détenus qui s’engagent dans certains programmes de lecture. Pas au Canada, pas encore. Rien pour empêcher Christine, cette détenue responsable de la bibliothèque, de chérir son club. Celui-ci est tellement prisé qu’elle doit gérer une liste d’attente; il n’y a jamais de siège vide, comme à l’Académie française! Heureusement, deux bénévoles lui prêtent main-forte : Denise, qui insuffle sa belle folie et Catherine, bibliothécaire de métier, qui assure la rigueur et pilote l’analyse.

Chaque livre proposé aux détenues est scruté par l’œil aguerri de Catherine. Fanny Derouin, agente de programmes sociaux et fière alliée du club, le soumet alors à la direction pour approbation avant de profiter du fonds Book Clubs for Inmates. Ce fonds permet à chaque femme d’avoir sa propre copie du bouquin. Cet organisme de bienfaisance établi à Toronto soutient 28 clubs dans les pénitenciers du Canada.

Au club de Joliette, le seul au Québec, plus de quarante livres ont été lus dans les quatre dernières années. Des exemples? Aminata, de Lawrence Hill, Le temps du déluge, de Margaret Atwood, Le comte de Monte Cristo, d’Alexandre Dumas, Damnés, de Hervé Gagnon, Paul à Québec, de Michel Rabagliati, 1984, de George Orwell, Carnets de naufrage, de Guillaume Vigneault, Cent ans de solitude, de Gabriel Garciá Marquez et La bête à sa mère, de David Goudreault. Me voilà en bonne compagnie!

Une seule fois par année, les lectrices reçoivent un auteur pour discuter de littérature. C’est un privilège, de part et d’autre. Les visites sont rares en détention. Mais le club de lecture en permet certaines. La journaliste Noémi Mercier a même pu assister à six rencontres et rédiger un article magistral pour L’Actualité. Catherine se réjouit de cette incursion médiatique : « Le reportage de Noémi a eu un impact sur le personnel, qui comprend maintenant mieux les effets bénéfiques du club sur ses membres. »
Plusieurs femmes découvrent l’introspection et commencent à lire en prison. On peut appeler ça un bénéfice collatéral. Une détenue m’a bouleversé en m’avouant avoir détesté mon personnage, mais adoré le roman. « C’est le premier livre que je lis au complet de toute ma vie. Je vais lire la suite dès que je sors d’icitte! » De simples phrases qui valent davantage que tous mes droits d’auteur.

Plusieurs détenues conservent leurs habitudes de lecture et participent à des clubs à l’extérieur de la prison, ce qui contribue à leur réhabilitation par des activités structurantes avec des citoyens non criminalisés. Sans parler des bienfaits de la lecture sur la capacité de s’exprimer, développer l’empathie, l’altruisme, l’estime de soi, etc. Bien sûr, ces femmes ont commis des gestes condamnables, elles ont d’ailleurs été condamnées! Mais la justice devrait aussi permettre la réhabilitation. Tant mieux si on peut s’en approcher par la littérature. Tout ce qui se passe autour d’elle. Et tout ce qui se passe en dedans d’elles.

Au moment de se quitter, entre deux bouchées de gâteau, Christine et les bénévoles distribuent le prochain roman aux détenues. La dame aux camélias, d’Alexandre Dumas fils. Rien de moins! Un grand classique par année, chaque année, durant les Fêtes. Des Fêtes loin de leurs proches, mais près des livres.

Le monde selon Goudreault

Quand Jimmy rencontre Jammie

« La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à soi. » - Montaigne

CHRONIQUE / Jammie sourit, amusée de se prêter au jeu de l’entrevue. Elle rigole entre deux gorgées de moka glacé. Pourtant, on discute d’un sujet gravissime, aux conséquences immenses dans toutes les sphères de sa vie; Jammie s’apprête à changer de sexe, à franchir le pas chirurgical qui permettra à son corps de rejoindre l’identité de genre ressentie dans sa tête, ses tripes, son cœur.

« Je veux être perçue, considérée comme une femme, pas un homme en voie de devenir une femme. Je suis déjà une femme! Je veux juste que mon corps me rattrape. » Cette chirurgie de réassignation de sexe, en termes plus cliniques, est moins rare qu’on pourrait le croire. Dans les sept dernières années seulement, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 661 personnes ont eu recours à ces chirurgies au Québec : 304 femmes devenues hommes et 357 hommes devenus femmes. On s’approche de la parité!

Jammie a longtemps souffert de dysphorie de genre, la détresse psychologique vécue par une personne qui ne s’identifie pas à son sexe. 

J’ai connu Jimmy, jeune homme allumé, sur les scènes de slam et de micros ouverts de poésie. Romantique dans l’âme, il déclamait des textes sur l’amour, le grand amour! Mais il ne s’aimait pas; elle ne s’aimait pas, devrais-je préciser.

« À l’intérieur, je suis une femme, mais j’ai le corps d’un homme, ça fitte pas! Je m’identifie en tant que transgenre. » Après quelques secondes d’hésitation : « Je suis une femme, that’s it! » La position est claire, mais pas toujours bien reçue. 

Jammie a dû mettre de l’eau dans sa poésie pour affirmer cette nouvelle identité. Un tsunami de remous avec ses proches, sa famille, des embûches avec des intervenants du centre de réadaptation aussi, car Jammie n’en sera pas à ses premiers bouleversements physiques. Cette fois, par contre, elle veut choisir plutôt que subir.

 Quand Jammie s’appelait encore Jimmy, qu’elle était un adolescent en construction identitaire, un terrible accident a bouleversé sa trajectoire. Le 10 août 2010, à l’âge de 16 ans, alors que Jimmy apprenait à conduire, l’auto-école qu’il pilotait s’est engagée trop rapidement dans l’intersection et s’est fait percuter. Violemment. Le professeur de conduite est mort sur le coup. Jimmy s’est réveillé dans un piteux état : de multiples fractures et hémorragies combinées à un traumatisme crânien. Après plusieurs semaines dans le coma, des années de réadaptation, Jammie doit encore composer avec les séquelles de cet accident. Un boulet du passé qui ne l’empêche pas de marcher vers l’avenir.

Paradoxalement, huit ans après le funeste accident, l’argent des assurances permettra à Jammie de se payer les chirurgies d’affirmation de genre et de se réapproprier son corps. La RAMQ couvre une partie des frais médicaux liés à la vaginoplastie, mais pour se rendre au bout des multiples opérations et traitements hormonaux qui féminiseront son corps, Jammie devra débourser des sommes considérables et traverser tout un parcours médical et psychosocial. Elle est prête à tout. « Là, je suis moi, mais je suis une blessure. Après l’opération, je serai entièrement moi. Je serai complète et heureuse. » Je lui souhaite de l’être, elle le mérite.

J’espère aussi qu’elle rencontrera enfin ce grand amour qu’elle appelait de tous ses vœux sur scène, qu’elle trouvera enfin son amoureuse. Car Jammie préfère les femmes. « Je serai en couple au féminin. » La pirouette sémantique qu’entraînera sa transformation me fascine; Jammie passera donc d’un corps d’homme hétérosexuel à celui d’une femme homosexuelle. Encore une révélation pour moi, incarnée par Jammie mais corroborée par mes recherches sur le sujet : le désir de changer de sexe n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle.

Le sexe anatomique, l’identité de genre et l’orientation sexuelle sont trois caractéristiques distinctes. Je l’ignorais. Vivement le retour des cours de sexualité, de toutes les sexualités.

Il est une femme, elle est un homme? Et puis après? Rien n’est plus personnel et subjectif que l’identité. Si ma liberté s’arrête où commence la tienne, je dois admettre que tout ce qui se passe dans ton cœur, ta tête et tes bobettes t’appartient. Pourquoi refuserais-je de reconnaître le genre auquel tu t’identifies? Surtout, au-delà du genre, prévaut l’humain. Je retrouve chez Jammie ce que j’aimais chez Jimmy : l’humour, l’impertinence bien dosée, l’art de la répartie et le même sourire lumineux. Sensible aux défis qu’elle affronte fièrement, je n’ai que plus d’estime pour elle.

Et l’avenir, Jammie? Trop de projets se bousculent : elle veut écrire un livre, dénicher un emploi trippant, retourner aux études, s’acheter une maison avec un immense terrain. Et tout ça en même temps... « Maudit qu’on est compliquées, nous autres, les femmes! »

Le monde selon Goudreault

Les trolls de la forêt web

« Quel cronique de marde! » - Christian F., troll

Internet est un champ de bataille. D’ailleurs, cet outil révolutionnaire a été développé et utilisé par les forces militaires avant d’être accessible au commun des mortels. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur étant la possibilité de se connecter aux quatre coins du monde, de s’informer et de communiquer à une vitesse étonnante. Le pire étant le réseautage des pédophiles, la désinformation massive, la fraude sans frontières et la diffusion de la haine à grande échelle, entre autres choses.

Au cœur de ce champ de bataille, parmi tous les phénomènes ayant émergé dans la forêt web, une certaine faune me fascine : les trolls. La métaphore en dit long sur ces internautes brutaux, souvent violents, toujours prompts à se battre plutôt que de débattre. Habituellement sous le couvert de l’anonymat, ces parasites cherchent le trouble et le trouvent ou le provoquent avec un talent indéniable. Pour vous y retrouver, je vous dévoile ma nomenclature des spécimens les plus communs.

Le troll élémentaire, analphabète plus ou moins fonctionnel, incapable de saisir le véritable propos d’un article ou de formuler un argumentaire digne de ce nom, se rencontre partout sur la toile. Il s’enfarge dans le titre, se fait une (mauvaise) idée en moins de deux et vous attaque de front sans plus de préliminaires. Retrouver les mots Té conne, esti de gogauche et Va don te pendre sont des indices probants de la présence d’un troll élémentaire dans votre fil d’actualité. Sa maladresse n’a d’égale que son obstination à dénigrer ses interlocuteurs. Il est plein de haine, mais plutôt amusant. L’ignorer le rend fou et le mène aux limites de l’implosion, je vous recommande cette technique de défense.

Le troll troublé, quant à lui, inquiète davantage. Parfois psychotique, parfois intoxiqué, il atteint son plein potentiel lorsqu’il combine ces deux états et se lance dans une déformation délirante de la réalité. Il interprète vos propos, vos photos, l’alignement des lettres dans votre nom et il peut même opérer un recoupement entre votre signe astrologique et son code postal pour démontrer votre culpabilité. Coupable de quoi? Peu importe, ce troll est paranoïaque et trouvera quelque chose à vous reprocher. La compassion qu’il inspire ne devrait jamais nous faire oublier sa dangerosité. Lui recommander de se faire soigner l’excite beaucoup; à éviter.

Désagréable mais inoffensif, le troll-maringouin gosse, picosse et s’obstine systématiquement. Il critique tout, tous et toutes, tout le temps. Ce fatigant existe par opposition. Moins téméraire que ses grands frères, ses attaques sont modérées, mais son indécrottable persévérance force presque l’admiration. S’opposer le nourrit, se reposer ne lui effleure jamais l’esprit. Si vous le laissez vous piquer au vif, il sucera votre temps et votre énergie. Éventuellement, votre sang aussi. À tolérer, masquer ou bloquer selon votre degré de patience.

Le ti-troll de droite et le ti-troll de gauche vont de pair, ce qu’ils nieront avec véhémence, mais quand on choisit les extrémités on finit par se rejoindre. Plus ou moins politisés, mais convaincus de l’être au plus haut point, les ti-trolls sont adeptes du « paradigme » et des « cadres d’analyse ». Émules intransigeants d’Adam Smith ou de Lénine, ces carencés de la nuance détiennent la vérité et leur vie prend tout son sens quand ils peuvent marteler leurs concepts et leurs idéologies à tout vent. Ils évoluent en cliques fermées, font beaucoup de bruit et s’entre-déchirent régulièrement. Éviter leurs pièges et maintenir une saine distance demeure la meilleure stratégie.

Le troll articulé s’avère le plus intéressant. Davantage sophistiqué que ses compères, il maîtrise la langue et l’art du déguisement. On ne le voit pas venir, on pourrait croire qu’il relève davantage du preux chevalier, du noble pourfendeur de dragon. Pourtant, il s’agit bien d’un troll. Quand on gratte le vernis, que l’on navigue entre les paragraphes où se mêlent vérités et sophismes, que l’on va jusqu’au bout de la réflexion alambiquée, perce la haine traditionnelle. Qu’elle marine dans la bile misogyne, homophobe, raciste, monarchique ou confuse, la haine demeure la même. Vous lancer dans une joute verbale avec ce troll vous épuisera ou vous contaminera. Laissez lui croire qu’il a raison et poursuivez votre chemin.

Charles Manson est décédé cette semaine, mais l’espèce n’est pas menacée. Des monstres pétris d’amertume, adeptes de la violence comme moyen d’expression, habitent toujours nos villes, fréquentent nos écoles et nous côtoient sur la toile. Les trolls ne sont pas systématiquement dangereux, mais certains peuvent le devenir. Parmi ces internautes haineux, incompris, blessés et blessants, qui sera le prochain Marc Lépine, Valery Fabrikant ou Kimveer Gill? N’oublions pas que ces meurtriers avaient exprimé leur haine aussi, avant de commettre l’irréparable. Les trolls sont souvent pathétiques, parfois drôles, mais nous devrions toujours prendre leurs menaces au sérieux. Méfiez-vous des créatures que vous croisez dans la forêt web.

Le monde selon Goudreault

Abandonner l’exemple

« Fais ce que je dis, pas ce que je fais. » — Contribuable anonyme

CHRONIQUE / Quand je demande à mes enfants de se calmer tout en m’énervant; quand j’exige de ma fille qu’elle range sa chambre alors que la mienne ressemble à une autoroute québécoise (un beau bordel en éternel chantier); quand je donne des conseils à tout le monde, mais néglige de les appliquer moi-même; quand je prône des valeurs humanistes, mais condamne sévèrement l’imbécile qui laisse tourner son moteur, la cigarette au bec devant la garderie, je donne un piètre exemple.

Je suis loin d’être parfait. Comme vous, comme tout le monde, j’essaie de reconnaître mes torts et de faire mieux. Ça ne semble pas toujours être le cas de nos élus, ces leaders éclairés, ces modèles d’engagement politique. Ni celui d’une fraction de nos gens d’affaires aux pratiques parfois douteuses, aussi légales qu’immorales. Notre jeunesse assoiffée de modèles inspirants doit commencer à se déshydrater.

À l’échelle internationale, le Canada serait, paraît-il, un modèle à suivre en matière de défense des droits humains. Pourtant, on donne un drôle d’exemple quand le gouvernement fédéral laisse tomber les droits de l’homme pour mieux négocier la vente de véhicules militaires à l’Arabie Saoudite ou la conclusion d’ententes commerciales avec la Chine. Je sais, l’économie d’abord, l’économie à tout prix, mais ne devrait-on pas rougir un peu, comme nos feuilles d’érable à l’automne, quand toutes les organisations humanitaires dénoncent les conditions de travail qui perdurent dans les mines canadiennes, en Afrique comme en Amérique du Sud? Et rougir encore quand l’ONU dénonce les conditions de vie dignes du tiers-monde dans lesquelles on maintient les communautés autochtones? Le plus meilleur pays du monde devrait parfois se regarder dans le miroir plutôt que de s’admirer le nombril.

Et que penser des nouvelles révélations des Paradise Papers? Après Bill Morneau qui a dû s’extirper d’un troublant conflit d’intérêts et confier à une fiducie sans droit de regard les actions de son entreprise, c’est au tour du responsable du financement du Parti libéral du Canada, Stephen Bronfman, et de l’ex-sénateur libéral Leo Kolber de se retrouver dans l’eau chaude avec une fiducie de plus de 60 millions de dollars américains aux îles Caïmans. Autant d’argent détourné du fisc, autant d’argent qui ne pourra servir la collectivité.

Les nouvelles révélations sur les paradis fiscaux n’ont pas fini de nous troubler. On y retrouve des milliers de Canadiens qui ont magouillé aux limites de la légalité pour planquer leur argent à l’abri de l’impôt. De grandes compagnies s’y retrouvent aussi, du Canadien de Montréal à Hydro-Québec en passant par Couche-Tard. Nos fleurons subventionnés et célébrés auraient-ils les racines pourries? Que nenni! Ils répondront probablement qu’ils font de l’évitement fiscal et non de la fuite…

« J’ai le droit, c’est légal, j’ai le droit! ». Comme le sympathique et viral Gatinois en train d’enterrer des déchets suspects pour niveler son terrain en répétant agir dans le cadre de la loi, ces politiciens et gens d’affaires joueront la carte de la légalité en guise de justification. Pour la moralité, on repassera! Séviront toujours les lobbys et les « spécialistes de la fiscalité » prêts à défendre l’indéfendable. Et remporter la mise. C’est l’état de droit et on a souvent droit à l’injustice.

On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. On peut aussi se lever et aller le remplir. Si l’actualité nous offre des modèles désolants, essayons de trouver des sources d’inspirations au-delà des individus et des compagnies aux comportements condamnables. Laissons-nous inspirer par le sens du devoir et de la justice des sonneurs d’alarmes et divulgateurs d’informations sensibles, ces héros de la justice sociale aux talons des paradis fiscaux, des élus véreux et des États voyous. Saluons la montée des politiciens qui abandonnent le financement illégal, le copinage et les pots-de-vin. Apprécions le travail des entreprises honnêtes et des gens d’affaires qui ne cachent pas leurs magots et acceptent de participer au développement de nos communautés. Et si vous trouvez qu’on manque encore de modèles, rien ne vous empêche d’en devenir un.