Chroniques

Hissez les voiles!

CHRONIQUE / Le transport maritime international a connu une augmentation fulgurante au cours des trente dernières années à la faveur d’une libéralisation du commerce et du transfert des activités manufacturières vers les pays émergents.

Conséquence ? La marine est aujourd’hui responsable de sept pour cent de la consommation mondiale de pétrole et contribue ainsi à une production annuelle d’émissions de gaz à effet de serre (GES) trois fois plus importante que celle du Canada. 

Malgré l’épisode protectionniste que nous vivons avec l’actuelle présidence américaine, il semble que la tendance soit lourde. Avec une population en pleine croissance et les prévisions de l’OCDE qui annoncent une multiplication de l’économie mondiale par un facteur quatre d’ici 2060, il faudra extraire et transporter 167 milliards de tonnes de matières premières contre 80 aujourd’hui. 

Une grande partie voguera sur les mers, soit comme matériel brut (vrac) ou comme produits manufacturés. Cela représente beaucoup de boulot en perspective pour les chantiers maritimes, mais aussi tout un défi dans un contexte d’urgence climatique !

Opinions

Agriculture bio: meilleure pour les abeilles

CHRONIQUE / Les impacts de l’agriculture conventionnelle sur les insectes pollinisateurs sont un sujet de préoccupation depuis plusieurs années. L’utilisation des herbicides et des insecticides à large spectre affectent aussi les insectes bénéfiques. Les insecticides les empoisonnent par l’alimentation ou par l’eau qu’ils contaminent. Les herbicides réduisent la diversité des fleurs qu’ils peuvent butiner. Or, la pollinisation est un facteur important pour la production agricole de fruits et de graines. Les producteurs le savent et font régulièrement appel aux apiculteurs pour s’assurer de meilleures récoltes.

La supériorité de l’agriculture biologique dans le maintien de la biodiversité n’est plus à démontrer. En bannissant les pesticides de synthèse, en protégeant les sols par des pratiques de fertilisation organique et en favorisant les synergies entre les plantes, les producteurs bio permettent à plus d’espèces végétales et animales de coexister. Plusieurs études ont démontré les bénéfices de ce type de culture sur les pollinisateurs sauvages, mais qu’en est-il des abeilles domestiques qui produisent le miel ?

Opinions

Le premier 20 %

CHRONIQUE / Une lectrice du Quotidien me demandait récemment quel était l’impact des excès de vitesse sur la pollution et la consommation de carburant. À voir la façon dont les gens conduisent « en cowboy » au Québec et plus particulièrement à Saguenay, la question prend tout son sens. Elle interpelle bien sûr la dimension environnementale du développement durable, mais aussi la dimension sociale et la dimension économique. Dans le modèle de la chaire en éco-conseil, les dimensions éthique, culturelle et de gouvernance sont aussi interrogées pour comprendre la complexité de ce phénomène et tenter d’y trouver des pistes de solution.

Dans le domaine énergétique, il faut distinguer l’énergie de la puissance. La seconde est la capacité d’une machine à utiliser ou à produire de l’énergie par unité de temps. Par exemple, une centrale électrique de 10 mégawatts ne peut pas produire plus que 10 mégawattheures par heure. De la même façon, un moteur d’une puissance de cent chevaux-vapeur (US) correspond à 74,5 kilowatts. Comme il y a 10 kilowattheures dans un litre d’essence, si la transformation était parfaite, il consommerait environ sept litres et demi de carburant à l’heure. Mais la transformation est loin d’être parfaite, car la combustion de l’essence dans un moteur a une efficacité de moins de 35 %. Donc, à pleine puissance, vous consommerez trois fois plus. Ainsi, plus un moteur est utilisé à fond, plus il consomme de carburant. La puissance des moteurs est rarement utilisée à fond. C’est surtout lors des accélérations et en lien direct avec la vitesse qu’on a besoin de puissance. En effet, plus on roule vite, plus la résistance de l’air est grande et il faut de la puissance pour la vaincre et maintenir sa vitesse. C’est à partir de ces bases simples qu’on peut comprendre qu’une conduite caractérisée par des accélérations brutales et par des excès de vitesse se traduira par une facture d’essence plus élevée. Sans compter le stress imposé aux autres composantes du véhicule, en particulier les pneus. Voilà pour le côté économique. Ça coûte plus cher de conduire en cowboy !

Opinions

« L’écologie en action »

CHRONIQUE / C’était le titre d’une exposition de 36 tableaux produite par le Programme de l’Homme et de la Biosphère (MAB) de l’UNESCO à l’occasion de son dixième anniversaire en 1981. Chacun faisait la synthèse de projets de recherche menés un peu partout sur la planète pour imaginer une alternative au développement économique conventionnel.

À l’époque, j’en avais obtenu une copie à Paris. Avec quelques amis, nous l’avons fait circuler dans la région du Saguenay Lac-Saint-Jean. Vingt mille visiteurs avaient ainsi pu être sensibilisés au « développement durable » (DD), un terme qui était inconnu au Québec à l’époque. L’objectif était de faire de l’éducation à l’environnement dans une région qui en avait bien besoin. Au début des années 1980 en effet, le Québec était « un paradis de la pollution ». Il y avait du chemin à faire !

Chroniques

L’utopie de l’hydrogène

CHRONIQUE / À la réunion 2019 du G20 au Japon, les chefs des plus grandes économies de la planète ont à l’ordre du jour une séance portant sur deux technologies susceptibles de favoriser la décarbonisation de l’énergie et l’atteinte des cibles de l’Accord de Paris. Les deux vedettes sont le moteur à hydrogène ainsi que le captage et le stockage du CO2 (CSC). Les deux technologies présentent, semble-t-il, un réel potentiel d’ici vingt ans. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Voyons cela d’un peu plus près.

L’hydrogène (H) est l’élément le plus léger du tableau périodique. Très réactif, on ne le retrouve pas à l’état élémentaire dans la nature. Dans chaque molécule d’eau (H2O), il y a deux atomes d’H, mais il faut beaucoup d’énergie électrique pour les séparer de l’oxygène. Il y a aussi beaucoup de H dans des carburants fossiles comme le gaz naturel (CH4), mais pour le séparer, on produit du CO2.

Chroniques

Alors, qui est de trop?

CHRONIQUE / C’était à Strasbourg il y a trente ans. J’enseignais aux futurs éco-conseillers les grandes problématiques environnementales qui affectaient déjà la planète et nous faisaient craindre pour le futur. Dans la classe, un étudiant me demande : « Professeur n’y a-t-il pas trop d’humains sur terre ? » La question méritait qu’on y réfléchisse.

Théâtralement, je descends de l’estrade et je vais à l’arrière barrer la porte. Puis, sans un mot, j’ouvre les fenêtres (Eh oui, les fenêtres s’ouvraient à cette époque !). Nous étions au quatrième étage. Je remonte sur la tribune et demande à la classe : « Alors, qui est de trop ? » Silence.

Chroniques

F1: la paille dans l’oeil du voisin

CHRONIQUE / La semaine dernière, l’équipe de l’émission scientifique Les Années lumière de Radio-Canada m’a demandé de répondre à une question d’un auditeur. Ce dernier voulait savoir combien il fallait planter d’arbres pour absorber le CO2 émis par une voiture dans une course de Formule 1 comme le Grand Prix de Montréal. La question mérite une réflexion plus large.

Pour la course, une voiture consomme de 50 à 75 litres par 100 kilomètres et parcourt 305 km. Cela représente de 600 à 700 kilos de CO2. C’est la quantité que cinq épinettes noires mettront 70 ans à absorber dans le nord du Lac-Saint-Jean, selon les équations que nous utilisons avec Carbone boréal.

Opinions

Subventionnons-nous les carburants fossiles?

CHRONIQUE / La fiscalité est un domaine complexe dans lequel je n’ai aucune compétence, sinon comme payeur d’impôts et de taxes. Toutefois, dans mon domaine d’expertise, il faut s’intéresser aux forces motrices qui motivent les choix de société à l’origine des problèmes environnementaux. C’est dans cet esprit que j’ai pris connaissance d’un rapport du Fonds monétaire international (FMI) qui fait état des subventions données par les États à l’industrie des carburants fossiles, pétrole, charbon et gaz naturel. Le portrait qu’on y trace met bien en perspective l’insondable duplicité du discours politique sur la lutte aux changements climatiques.

Les chiffres à l’échelle mondiale sont difficiles à concevoir, mais avec des subventions de 4 700 milliards de dollars US en 2015 et une estimation de 5 300 milliards en 2017, cela représente 6,5 % du produit mondial brut… En tête de liste, la Chine subventionne à hauteur de 1 400 milliards, les États-Unis à 649 milliards, la Russie à 551 milliards, la Communauté européenne à 289 milliards et l’Inde à 209 milliards, ce qui représente 58 % du total. 

Le Canada avec 43 milliards $ US semble un tout petit joueur, mais si on remet ce chiffre en perspective, cela représente une subvention de 1 600 dollars canadiens par personne… ce qui est 20 % plus élevé que la Chine, mais tout de même deux fois moins que les États-Unis et trois fois moins que l’Arabie saoudite et la Russie.

Environnement

Halte à l’exportation des déchets !

CHRONIQUE / Le commerce international est un phénomène aussi vieux que la civilisation. Dans l’antiquité, les Phéniciens parcouraient la Méditerranée, des caravanes de marchands suivaient la route de la soie, de la Chine jusqu’à Antioche en passant par l’Afghanistan, l’Iran et le Moyen-Orient. Le trafic des galions entre l’Amérique centrale et l’Espagne, la route du rhum et du sucre, et l’exportation de bois et de fourrures ont créé notre infrastructure économique et fait la richesse des empires. Aujourd’hui, plus que jamais, les échanges commerciaux ne cessent d’augmenter en volume. Cela se reflète dans la croissance du trafic maritime, ferroviaire et routier.

Si, dans le passé, on exportait et importait des marchandises de grande valeur, aujourd’hui, les navires transportent n’importe quoi, y compris des conteneurs de déchets. Sous prétexte que la main-d’oeuvre y est peu chère, on envoie recycler chaque année des millions de tonnes de déchets plus ou moins bien triés, des pays industrialisés vers des pays en voie de développement. Comme on l’a vu récemment avec le contentieux entre le Canada et les Philippines, les déchets exportés par certaines entreprises ne sont carrément pas recyclables. En conséquence, comme le dénonçait Greenpeace en début d’année, des déchets de plastique canadiens se retrouvent sur les plages indonésiennes. Bref, pas vus pas pris, nous exportons nos problèmes plutôt que de payer le prix d’une bonne gestion des matières résiduelles. C’est un peu comme si on abaissait nos exigences environnementales au même niveau que celles des pays où nous exportons nos déchets. Il y a là une grande hypocrisie et un enjeu environnemental mondial qui affecte la biodiversité, la santé des populations exposées aux résidus et les changements climatiques. Mais le commerce international ne tient pas compte de ce genre de choses et les pays qui reçoivent les déchets peuvent rarement les refuser.

Claude Villeneuve

« Chauffer le dehors »

CHRONIQUE / Chez les anciens, c’était une aberration de laisser portes et fenêtres ouvertes lorsqu’il faisait froid. « Arrête de chauffer le dehors », entendait-on quelques fois dans mon enfance lorsqu’on prenait trop de temps à rentrer dans la maison où le poêle peinait à lutter contre le froid. Les choses ont bien changé ! À la mode aujourd’hui, l’outdooring nous incite, au contraire, à profiter de la terrasse en toute saison, quitte à y mettre des appareils de chauffage alimentés au gaz propane pour la chaleur ou l’ambiance d’un feu de foyer. Bref, en termes crus, il est à la mode de « chauffer le dehors ».

Il semble que les publicitaires ne soient jamais à court d’idées pour nous faire gaspiller. C’est à ce prix, paraît-il, qu’on fait rouler l’économie. Produits à usage unique, modes vestimentaires éphémères, dictature de la décoration intérieure. « Pas de changement, pas d’agrément ! », disait le proverbe. Il suffit de visiter votre quincaillier ou votre centre jardin pour voir ce qu’on vous offre pour « chauffer le dehors ». Des dizaines de modèles de chaufferettes, surtout alimentées au propane et coûtant de 150 $ à 1500 $, se disputent votre attention. Au point de vue environnemental, c’est désolant.

Chroniques

Réinventer le mutualisme

CHRONIQUE / Le constat est alarmant. Lundi dernier, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, connue sous l’acronyme IPBES, a rendu public son premier rapport au terme de trois ans de travail. Pour le moment, seul le résumé à l’intention des décideurs est accessible en anglais, mais la version française suivra bientôt et le rapport complet, un colosse de 1800 pages, sera édité et publié un peu plus tard cette année. L’IPBES est à la Convention-cadre sur la biodiversité ce que le GIEC est à la Convention-cadre sur les changements climatiques : un groupe international de chercheurs qui font une revue de la littérature scientifique récente et qui statuent sur les grandes tendances qu’on peut y trouver sur l’évolution de la diversité biologique.

Un million d’espèces sur la planète seraient en voie de disparition. Le chiffre est impressionnant, la réalité est cruelle. Depuis la nuit des temps, l’humanité dépend de la Nature. Les populations de chasseurs-cueilleurs ont quelquefois surexploité les espèces vivantes, mais comme elles en payaient le prix, leurs cultures ont intégré une cosmologie qui les incitait à rechercher un équilibre avec les écosystèmes dont dépendait leur survie. On parle de mutualisme. On pourrait résumer cette posture par « tout être vivant mérite le respect ». Avec l’invention de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans, l’attitude a beaucoup changé. « Ôte-toi de là que je m’y mette » serait la formule la plus appropriée pour caricaturer un brin. L’agriculture, même si elle doit compter avec la Nature, amène de profondes transformations dans les habitats et favorise certaines espèces aux dépens d’autres. On maximise ainsi le rendement du territoire en fonction de nos propres besoins et on fait disparaître les espèces concurrentes. Tant que l’activité agricole se déroule sur une portion acceptable du territoire, la résilience des écosystèmes permet tout de même un certain équilibre.

Claude Villeneuve

L’écologie industrielle… pourquoi pas?

CHRONIQUE / L’écologie est une science qui étudie les êtres vivants et leurs interactions entre eux et avec leur milieu. Fondée au dix-neuvième siècle, que vient faire cette science du vivant dans le monde industriel ?

L’expression écologie industrielle a été inventée à la fin des années 1980 dans la foulée des efforts pour rendre opérationnelle la notion de développement durable. Elle décrit les échanges entre des unités de production industrielle ou municipale qui s’alimentent des mêmes flux de matière et d’énergie à différents stades de leurs opérations. Dit plus simplement, les déchets des uns deviennent les intrants des autres. C’est un parallèle avec les écosystèmes où les déchets des végétaux et des animaux sont recyclés par les décomposeurs qui s’en nourrissent et recyclent les éléments minéraux qui seront récupérés par les plantes.

Claude Villeneuve

Les continents de plastique

CHRONIQUE / Chaque année, environ huit millions de tonnes de plastique supplémentaires se retrouvent dans les océans. À ce rythme, on estime qu’il y aura en 2050 plus de plastique qu’il n’y a de poissons dans la mer. Depuis une vingtaine d’années, on constate qu’il s’accumule au gré des courants d’immenses masses de débris de plastique dans les mers du monde. Mais quand cela s’est-il produit ?

Il est très difficile de remonter le temps pour répondre à des questions comme celle-là. On peut prendre appui sur des données indirectes, comme les statistiques de production de plastique dans le monde. Mais entre la production et l’océan, il y a un monde. Après tout, personne ne produit du plastique pour le jeter à la mer… La semaine dernière, un article de la revue Nature Communications (Ostle, C. et al. Nature Commun. 10, 1622 (2019)) présentait une contribution originale pour retracer l’évolution du phénomène depuis 60 ans. De manière surprenante, la source de données utilisée n’avait rien à voir avec la question de recherche.

Environnement

Le bruit maritime, un enjeu émergent

CHRONIQUE / Dans nos vies, le bruit ambiant est une nuisance qui peut engendrer un niveau de stress nocif pour la santé. Bien sûr, il y a toutes sortes de bruits. Circulation, musique des autres, chants d’oiseaux ; ils peuvent définir une ambiance agréable ou dérangeante. Quiconque a vécu quelques jours à New York ou à Paris connaît le bruit de fond des grandes cités. Notre réaction dans un milieu bruyant est d’ajuster le volume de notre voix pour communiquer. Mais au passage d’un gros camion ou d’un motard décérébré, il ne sert à rien de crier, il vaut mieux attendre que la source de bruit soit suffisamment éloignée pour reprendre la conversation. Mais qu’en est-il dans les océans ?

Le son voyage différemment dans l’eau que dans l’air, il n’est donc pas simple de comparer les deux milieux. Dans la revue Nature du 10 avril dernier, un article très intéressant soulevait les enjeux du dérangement occasionné par les différents bruits générés par les activités humaines sur les espèces marines un peu partout dans le monde. Le sujet tombe à pic, dans la perspective d’une augmentation du trafic maritime, mais aussi d’activités comme l’exploration pétrolière et gazière, les forages sous-marins et le dragage, l’utilisation de sonars et j’en passe. Ces bruits, tantôt puissants et brutaux, tantôt continus, représentent pour les poissons, les crustacés et les cétacés une cacophonie dont le niveau sonore peut perturber la communication et augmenter le niveau de stress. Pire encore, certains sons peuvent se propager sur des centaines de kilomètres !

Environnement

Bio ou durable ?

CHRONIQUE / Il y a trente ans, lorsque nous réfléchissions à faire du Saguenay-Lac-Saint-Jean un laboratoire de développement durable, la question des indicateurs de succès m’avait amené à postuler que la proportion d’agriculteurs certifiés bio pouvait être un bon candidat. La question a refait surface à l’occasion d’une entrevue à l’émission Y’a des matins, à l’antenne de la première chaîne de Radio-Canada, à la suite de l’initiative lancée par Carl Bouchard de devenir la première région du Québec 100 % biologique en 2050. En entrevue à la même émission, le 11 avril, Mario Théberge de l’UPA confirmait que la chose serait possible, mais que la région travaillait déjà sur l’agriculture durable, ce qui semblait plus à portée de l’ensemble des agriculteurs. Bio ou durable, quelle est la différence ?

Le deuxième des 17 Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 vise à : « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ». Parmi les éléments qui caractérisent l’agriculture durable, on retrouve des « pratiques agricoles résilientes qui permettent d’accroître la productivité et la production, contribuent à la préservation des écosystèmes, renforcent les capacités d’adaptation aux changements climatiques, aux phénomènes météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d’autres catastrophes, et améliorent progressivement la qualité des terres et des sols. » Nulle part ne parle-t-on de certification bio. Mais bien sûr, l’agriculture biologique doit respecter un cahier de charges qui la qualifie automatiquement comme une agriculture durable. Alors, pourquoi ne pas viser 100 % bio ?

Environnement

Des impacts insoupçonnés

CHRONIQUE / La Chine est un énorme importateur de grains. Non seulement elle doit nourrir sa population de plus en plus urbanisée et avide de protéines animales, mais comme vous pourrez le constater au supermarché, les produits alimentaires chinois envahissent nos épiceries. L’agriculture chinoise est beaucoup plus performante qu’autrefois, mais elle est menacée dans certaines régions par la désertification, l’industrie et l’étalement urbain. Le pays profite donc de ses échanges commerciaux internationaux pour fournir le complément. Et puis, les Chinois aiment manger de la viande. À mesure qu’ils s’enrichissent, il leur en faut toujours plus. Donc, plus de grain qu’ils ne peuvent en produire.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis et la Chine se font une guerre commerciale à coup de tarifs douaniers. Cette guerre s’est traduite par une réduction des importations chinoises de soja américain destiné à nourrir le bétail. En 2016, la Chine avait acheté 37,6 millions de tonnes de soja aux États-Unis. De 2017 à 2018, cette quantité a baissé de moitié, remplacée par des importations de soja brésilien. S’ajoute à cela la décision de Beijing de cesser l’importation de canola canadien dans le bras de fer qui résulte de la demande américaine d’extradition de Meng Wanzhou, cadre supérieur de Huawei. Or, le tourteau de canola est lui aussi utilisé dans les moulées pour l’alimentation du bétail.

Environnement

Les villes et l’urgence climatique

CHRONIQUE / Le rapport spécial du GIEC sur la possibilité de limiter le réchauffement du climat à 1,5˚C avant la fin du siècle a provoqué un sentiment d’urgence climatique.

Les déclarations des autorités onusiennes relayées par les groupes écologistes déterminent un horizon très court pour prendre des mesures musclées. Deux ans pour renforcer considérablement les engagements et les actions nationales, 12 ans pour avoir réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 45 %, 32 ans pour que l’humanité soit totalement carboneutre. C’est indispensable, mais est-ce bien réaliste ? Quelle que soit la réponse, on ne peut plus se payer le luxe de ne pas prendre la situation au sérieux. J’ai participé le 21 mars dernier à un panel dans le cadre du sommet municipal « Résilience Climat » organisé par l’Union des municipalités du Québec (https ://umq.qc.ca/evenements/sommet-municipal-resilience-climat/).

Opinions

Quoi de neuf docteur?

CHRONIQUE / La célèbre question que pose Bugs Bunny à tout propos m’est venue à l’esprit lorsque j’ai lu cette semaine, dans la revue Nature, un article traitant de l’utilisation d’antibiotiques pour arroser des orangeraies en Floride. Il faut dire que plusieurs nouvelles interpellant la santé et l’environnement ont été publiées dans le dernier mois.

D’abord, on a appris que 91 % de la population humaine était exposée à la pollution de l’air dans les villes, ensuite le deuxième rapport Global Chemical Outlook qui montre que 1,6 million de morts sont attribuables chaque année à l’usage de produits chimiques. 

Finalement, on apprenait la condamnation de Monsanto en Californie pour le cancer d’un citoyen attribuable à l’utilisation de l’herbicide Round-Up. Quoi de neuf docteur ?

Environnement

Couler dans le béton

CHRONIQUE / La production de béton est l’une des plus importantes sources de dioxyde de carbone (CO2) à l’échelle mondiale. Les estimations les plus récentes indiquent que 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) proviennent de ce secteur. L’accroissement de la population humaine et l’urbanisation accélérée font que la demande pour ce matériau ira en accélérant dans les prochaines décennies.

Notre monde est littéralement bâti avec du béton. Lorsque nos habitations ne sont pas faites en béton, elles sont construites sur du béton. Il en va de même de la majorité des infrastructures et des bâtiments publics. Les ponts, les ports, les aéroports, les barrages hydroélectriques, les ancrages d’éoliennes nécessitent des millions de tonnes de béton. Le barrage des Trois gorges en Chine en a consommé à lui seul 16 millions de mètres cubes soit près de 40 millions de tonnes. Ce matériau polyvalent, peu cher et durable fait partie de ce que les économistes appellent les commodités.

Chroniques

L’ubiquité et le plastique

CHRONIQUE / Au petit catéchisme, on nous faisait répéter en réponse à la question « Où est Dieu ? » « Dieu est partout ». Cette faculté attribuée jadis au grand barbu s’appelle l’ubiquité. Naturellement, si on avait le malheur de demander comment cela se pouvait, on se faisait invariablement répondre qu’il s’agissait d’un mystère et qu’il fallait se contenter d’y croire, voilà tout. Fin de la discussion : « Crois ou meurs ! »

La science nous dit tout le contraire. Il ne faut rien croire qu’on ne peut pas démontrer. Il est légitime de poser des hypothèses, mais elles doivent être examinées à la lumière des faits, le plus objectivement possible, et soumises au jugement des pairs. C’est un processus long et souvent frustrant, mais il nous permet de mieux comprendre le monde. C’est pourquoi la science nous permet d’agir sur nos destinées mieux que les simples croyances. Dans le domaine de la santé ou dans celui de l’environnement, si on trouve quelque chose d’incroyable, on ne peut l’affirmer que si on sait l’expliquer et qu’on accepte d’être contredit, voire de se rallier à une explication plus convaincante.

Claude Villeneuve

Vous avez dit Flexitarien?

CHRONIQUE ENVIRONNEMENT / Dans le monde des néologismes, on voit toutes sortes de choses. Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une nouvelle déclinaison des orientations sexuelles alternatives. Le flexitarisme est une expression qui désigne un mode d’alimentation varié faisant appel à une grande diversité de sources protéiques d’origine végétale et animale. Bref, le flexitarien et la flexitarienne mangent de tout. Ce sont des gens bien agréables à recevoir ! Mais pourquoi mettre l’emphase sur ce type d’alimentation ?

La production d’aliments pour une population de bientôt huit milliards d’habitants, de plus en plus urbanisés et riches est l’une des sources les plus importantes d’impacts sur l’environnement planétaire. Localement, l’utilisation des pesticides, la transformation des forêts en pâturage ou le drainage des milieux humides causent une dégradation de plus en plus marquée de l’environnement. Les conséquences comme la disparition de la biodiversité, la contamination chimique des eaux souterraines, l’eutrophisation des lacs et des estuaires n’en sont que quelques exemples. Globalement, une étude récente de l’Institute for Climate Economics évalue que plus du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont attribuables au cycle de vie des activités de production alimentaire. Devons-nous jeûner pour protéger le climat ? Loin de là. Il existe de nombreuses marges de manœuvre à exploiter pour améliorer la performance de la filière alimentaire à toutes les échelles et la modification du régime alimentaire est à la portée de tout le monde.

Environnement

Relevez le défi

CHRONIQUE / Mardi dernier à Radio-Canada, on dévoilait les résultats d’un défi original. L’équipe de l’émission Médium large avait demandé à trois volontaires de mesurer leur empreinte carbone et de poser des gestes pour la réduire en suivant mes recommandations, entre le 16 janvier et le 19 février. L’objectif était de mesurer « en vrai » comment les petits gestes peuvent faire une différence.

Beaucoup de gens ne croient pas à l’efficacité de l’action individuelle. « Pourquoi moi, je changerais mes habitudes alors que ce sont les grosses industries qui polluent ? » Cette attitude défaitiste ne fait qu’amplifier les problèmes écologiques liés à la société de consommation. Je le dis souvent à mes étudiants : « Si le problème est causé par une infinité de gestes insignifiants, tout geste répété par un grand nombre peut avoir un effet significatif. » Alors, voyons ce qu’a donné le défi.

Opinions

Des analogues climatiques

CHRONIQUE / Les simulateurs du climat sont des programmes informatiques d’une grande complexité qui calculent, à l’aide de puissants ordinateurs, les probabilités de l’évolution du climat selon des scénarios prédéfinis. Par exemple, on peut évaluer la probabilité d’une trajectoire d’évolution du climat dans les 100 prochaines années dans un scénario où on émet plus ou moins de gaz à effet de serre. Avec le dernier rapport spécial du GIEC sur la stabilisation du climat à 1,5 °C de plus que la moyenne préindustrielle par exemple, les modèles ont permis de calculer que la planète entière devrait être carboneutre en 2050 pour espérer y arriver. De même, j’ai expliqué dans une série de chroniques l’été dernier (du 30 juin au 25 juillet 2018) quels étaient les scénarios envisagés pour la prochaine série de rapports du GIEC qui devrait paraître en 2020-2021.

Pour la plupart des gens, une augmentation de 1, 2 ou 5 degrés sur le climat dans 60 ou 100 ans peut apparaître très abstraite et difficile à interpréter. En effet, peu de gens connaissent la température moyenne annuelle qu’il fait dans leur patelin. En gros, on sait qu’il fait en moyenne plus chaud à Montréal qu’à Chibougamau ou à Québec qu’à Sept-Îles, mais pas plus. Le 13 février, un article dans la revue Nature communications a utilisé la méthode des analogues climatiques contemporains pour illustrer l’évolution du climat dans 540 villes en Amérique du Nord selon le scénario où on continue d’émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel ou celui où on contrôle les émissions. Un site Internet permet de comparer les résultats à la fin du siècle (https ://tinyurl.com/urbanclimate). Les villes choisies représentent environ 75 % de la population des États-Unis et 50 % de la population canadienne.

Chroniques

Biomasse et climat: une percée

CHRONIQUE / Le 7 février dernier, la centrale thermique de Drax en Grande-Bretagne a testé pour la première fois son unité de captage de CO2. Malgré ses résultats très modestes, l’unité ne captant qu’une tonne de gaz carbonique par jour, cette initiative ouvre néanmoins de nouvelles perspectives pour la lutte aux changements climatiques. En effet, la centrale de Drax introduit depuis 2016 une portion croissante de biomasse forestière pour la substituer au charbon comme combustible. La biomasse qu’on brûle émet du CO2, mais celui-ci n’est pas comptabilisé comme facteur de changement climatique si le territoire d’où il provient conserve sa vocation forestière. Les arbres qui poussent captent en effet une quantité de ce gaz équivalente à celle qui provient de la combustion.

En captant du CO2 issu de la combustion de la biomasse pour le séquestrer dans des formations géologiques ou pour l’utiliser à d’autres usages comme la gazéification de bière ou la croissance de légumes en serre, on obtient un avantage pour la lutte aux changements climatiques. D’ailleurs, le dernier rapport du GIEC sur la stabilisation du climat à 1,5 °C considère que le captage et le stockage de CO2 issu de la biomasse énergétique (BECCS) est l’une des mesures dites « à émissions négatives » qui devrait être rapidement déployée pour stabiliser le climat. Les experts estiment que la BECCS devrait retirer de l’atmosphère une quinzaine de millions de tonnes de CO2 par année en 2030. On en est encore loin !

Environnement

Le nouveau plan d’affaires

CHRONIQUE / L’objectif de développement durable (ODD) 12 de l’agenda 2030 des Nations Unies porte sur la production et la consommation durables. Il comporte 11 cibles que les pays, villes, institutions et industries doivent viser pour un avenir viable.

Ce plan ambitieux permettrait un bouleversement de l’économie telle que nous la connaissons dans sa forme linéaire « extraction-fabrication-distribution-vente-utilisation-disposition » qu’on peut résumer sous l’expression « Achète pis jette ! ». Ce modèle linéaire, dans lequel personne n’est responsable des déchets générés, des impacts du cycle de vie des produits, de l’épuisement des ressources, de la pollution sous toutes ses formes, a fait son temps. Pourtant, quand un entrepreneur présente son plan d’affaires à ses investisseurs, ces questions sont bien peu importantes au regard du profit anticipé.

Chroniques

Haro sur les bovins?

CHRONIQUE / Avec la sortie du nouveau guide alimentaire canadien, la montée du véganisme, les dénonciations des écologistes et des apôtres du bien-être animal, la consommation de viande de bœuf et de produits laitiers semble être devenue suspecte. On associe aussi la réduction de la consommation de viande rouge à la lutte aux changements climatiques. Qu’en dit la science ?

Je n’ai pas de compétences approfondies en nutrition et en santé, mais ce qu’on peut lire sur les avantages d’une diète plus riche en fibres et en légumes frais ne semble pas faire l’objet de controverses. Les médecins et nutritionnistes soulignent aussi les liens entre la consommation de viande rouge et certaines maladies. Fort bien : mangez mieux, vivez plus vieux. Mais comment la consommation de viande de bœuf et de produits laitiers est-elle mauvaise pour la santé de la planète ?

Chroniques

Trois défis pour nourrir le monde

CHRONIQUE / Fin décembre 2018, le World Resources Institute et ses partenaires, la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, ont publié un rapport synthèse issu d’un projet d’une dizaine d’années de travail pour répondre à la question : « Comment pourrons-nous nourrir de manière durable une humanité dont les effectifs pourraient atteindre 9,8 milliards de personnes en 2050 ? »

La question n’est pas anodine, car les indicateurs de croissance démographique et de croissance économique rencontrent les indicateurs d’épuisement des ressources et de lutte aux changements climatiques, ce qui laisse présager une situation catastrophique. Jugez-en par vous-mêmes.

Environnement

Les modèles ont dit vrai

CHRONIQUE ENVIRONNEMENT / Dans une démarche scientifique, il faut toujours comparer un dispositif expérimental avec au moins un contrôle jugé équivalent sur lequel on prend les mêmes mesures pour évaluer l’effet du traitement. De même, une expérience qui n’est faite qu’une fois n’a aucune valeur statistique. C’est l’une des grandes limites de la science des changements climatiques. La Terre est un système unique, qu’on ne peut répliquer pour faire une expérience et confirmer ou infirmer nos hypothèses. Comme nous n’avons pas de planète identique, il faut construire différemment nos expériences. Il y a beaucoup d’autres limites à la science des changements climatiques, par exemple le temps d’évolution du système et l’ampleur du champ de mesures nécessaires à obtenir des réponses claires, ce qui rend parfois nécessaire le recours à des mesures indirectes appelées proxys et à des collaborations internationales de très grande envergure entre les universités, les offices météorologiques et les agences spatiales par exemple.

Les ordinateurs les plus puissants sont aujourd’hui capables de gérer des calculs qui étaient impensables il y a même vingt ans et la perspective des ordinateurs quantiques laisse croire que cette tendance n’est pas près de s’arrêter. Depuis trente ans, des équipes spécialisées, un peu partout dans le monde, ont construit des programmes qui permettent de modéliser le climat à l’échelle planétaire et son évolution en fonction de certains paramètres dictés par différents scénarios. Ces simulateurs du climat sont une sorte de « planète virtuelle » où on peut faire des expériences en modifiant, par exemple, la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour vérifier comment se comporteront les glaces, les précipitations ou la température des océans. À partir d’un même scénario, plusieurs modèles différents sont appelés à calculer l’évolution des paramètres d’intérêt sur des décennies, voire des siècles. Plusieurs dizaines de simulations sont ainsi produites pour permettre aux chercheurs d’appliquer des tests statistiques et se donner un intervalle de confiance pour prédire l’avenir le plus probable. Mais rien de tout cela ne vaut la vérification de terrain.

Environnement

L’économie circulaire est-elle une solution ?

CHRONIQUE / Dans une chronique publiée le 23 octobre, je faisais référence à un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les prévisions de la demande en matériaux à l’horizon 2040. Il ressortait clairement de ce rapport que nous allions encore amplifier les problèmes environnementaux actuels si la croissance économique se maintient, dans un contexte de croissance démographique. Il est assez évident qu’on ne peut pas régler les problèmes en faisant plus de la même chose qui est à leur origine. Mais, peut-on faire autrement ? Comment faire plus et mieux avec moins ? C’est le défi auquel veut s’attaquer l’économie circulaire.

En principe, l’économie circulaire est une approche systémique qui s’applique au cycle de vie et à la chaîne de valeurs des produits et des services que nous consommons pour réduire les impacts négatifs du premier et augmenter les retombées positives de la seconde. De façon caricaturale, l’économie linéaire, celle qui domine notre monde actuel, vise à produire plus au moindre coût afin de satisfaire une demande présumée infinie justifiée par les besoins d’humains avides de confort et de nouveauté. On peut ainsi réaliser des profits en maîtrisant les coûts de matériel et de main-d’oeuvre pour déclasser la concurrence, mais aussi en stimulant la demande par la publicité. Tout ce processus est linéaire, c’est-à-dire que chaque étape nourrit la suivante sans retour en arrière. C’est le modèle « extraire-fabriquer-jeter ».

Claude Villeneuve

Les animaux et le climat

CHRONIQUE ENVIRONNEMENT/ Quand on parle de lutte aux changements climatiques, les végétaux sont au premier plan. Par exemple, avec Carbone boréal, nous avons planté, en 10 ans, plus de 1,2 million d’arbres, qui vont contribuer à capter environ 145 000 tonnes de CO2. Les arbres, par la photosynthèse, captent le dioxyde de carbone, principal gaz responsable du réchauffement climatique. Ils le stockent sous forme de matière ligneuse pendant un siècle ou plus. Mais qu’en est-il du rôle des animaux dans l’équation ? Les animaux se nourrissent de végétaux et retournent le dioxyde de carbone dans l’atmosphère par leur respiration. Une étude publiée dans la revue Science, le 7 décembre, a étudié cette question. Les auteurs ont compilé les données de nombreuses études faites dans des contextes expérimentaux et en pleine nature, et les constats sont fort intéressants.

D’abord, il n’est pas surprenant que les herbivores réduisent la capacité des plantes à stocker le carbone. Ils les consomment. Mais lorsqu’on introduit des carnivores, l’effet se stabilise, et on voit même des gains dans certains écosystèmes, comme les forêts, les prairies, dans les lacs et les océans.