« Tout ce que je pourrais vouloir, en tant qu’athlète, on me le donne », a déclaré Mark Stone qui file le parfait bonheur à Vegas.

Ces joueurs gâtés pourris

CHRONIQUE / Les responsables des communications des Golden Knights nous ont dit que le directeur général serait disponible aux environs de 12 h 30.

Kelly McCrimmon a fait son apparition, au bout du couloir, à 12 h 29. Quand il a commencé à répondre aux questions des journalistes, il était – précisément – 12 h 30. Les Knights ne font rien à peu près.

Dans le communiqué de presse qu’il avait signé, en début de journée, il avait pas mal déjà dit ce qu’il devait dire.

« Notre équipe n’a pas joué à la hauteur de son talent. »

C’était la principale – la seule ? – raison qui l’a poussé à congédier son entraîneur-chef.

Devant les caméras, dans les coulisses du Centre Canadian Tire, il s’est permis d’ajouter un tout petit détail, mais un détail d’une importance capitale.

« Je sens que nous avons un peu sous-performé, en tant qu’équipe. J’ai donc l’impression qu’un changement était nécessaire. »

Voilà.

Les Golden Knights ont « un peu » sous-performé.

Juste un peu !

Après 49 matches, ils accusent un retard de trois petits points sur les détenteurs du premier rang de leur division.

Il y a deux façons de regarder cette situation.

On peut se placer dans les souliers du pauvre type qui vient de perdre son emploi. On se met alors naturellement à plaindre Gerard Gallant. Que pouvait-il faire de plus, au juste ?

On peut aussi mettre les lunettes de McCrimmon. Cet homme doit ressentir une pression énorme. Il répond directement à un propriétaire qui n’accepte rien d’autre que l’excellence.

En réalité, il y a peut-être une troisième façon les choses.

On peut aussi se mettre à la place d’un joueur. Mark Stone, par exemple.

Stone doit drôlement se plaire à Las Vegas.

Stone affichait son air le plus sérieux, mercredi après-midi, quand il a retrouvé les journalistes sportifs d’Ottawa.

Évidemment, le contexte ne se prêtait pas aux blagues. Par respect pour Gallant, il n’avait pas le choix d’utiliser les formules d’usage.

Nous n’avons pas été à la hauteur, nous sommes tous déçus pour Gerard, nous nous sentons responsables, etc.

De toute façon, il ne fallait pas s’attendre à vivre des retrouvailles touchantes avec le numéro 61.

Autant Stone peut être expressif quand il se trouve sur la patinoire, autant il est stoïque quand il doit s’exprimer publiquement. C’est comme s’il aborde chaque entrevue avec une certaine méfiance.

À la veille de son premier match au Centre Canadian Tire, depuis la transaction de l’an dernier, il avait quand même quelque chose d’important à dire.

Son deuil de la capitale canadienne est fait. Son cœur est maintenant dans le désert.

« J’ai pris la décision de partir, raconte-t-il. J’ai pris la décision parce qu’à ce moment-là, l’organisation des Golden Knights était celle avec laquelle j’avais envie de jouer. Aujourd’hui, ça demeure l’organisation avec laquelle je veux jouer. Je veux passer le reste de ma carrière ici. »

« J’ai adoré mes années passées à Ottawa, mais Vegas, c’est vite devenu ma maison. Les joueurs des Knights sont gâtés pourris. »

« Tout ce que je pourrais vouloir, en tant qu’athlète, on me le donne. »

Stone, ce qu’il veut par-dessus tout c’est gagner.

C’est pourquoi j’ai l’impression qu’il ne portera pas trop longtemps le deuil de Gerard Gallant. Ce geste, audacieux, nous démontre une fois de plus à quel point les Knights sont prêts à tout pour la victoire.

Stone s’estime « gâté pourri » à Vegas. Ça laisse sous-entendre que les Knights, avec leurs grands moyens, ont plus à offrir à leurs protégés que les Sénateurs.

C’est le genre de truc qui peut faire réfléchir ses anciens coéquipiers et amis qui portent toujours les couleurs des Sénateurs. On parle, bien entendu, des joueurs qui écoulent, à leur tour, les derniers mois de leurs contrats.

Stone dit qu’il ne veut pas se mêler du dossier de Jean-Gabriel Pageau, mais il ne peut pas retenir ce commentaire.

« Les mois qui ont précédé la date limite des transactions, l’an dernier, n’ont pas été agréables. Je n’ai pas eu beaucoup de plaisir durant cette expérience. Mais je suis heureux d’avoir vécu tout ça parce qu’en fin de compte, ça m’a mené quelque part où je suis heureux. »