Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton
Si par miracle le CH se rend jusqu’à la finale pour la coupe Stanley, notre chroniqueur promet de  regarder les matches.
Si par miracle le CH se rend jusqu’à la finale pour la coupe Stanley, notre chroniqueur promet de  regarder les matches.

Ce petit quelque chose

CHRONIQUE / J’ai regardé la moitié d’une période du match de hockey Montréal-Pittsburgh, puis je suis passé à CNN pour l’émission de télé-réalité la plus populaire: Le Donald Trump Show. Les deux étaient ennuyantes…

Le hockey en août… non. Je n’y arrive pas. C’est contre nature.

Vrai, je suis un «fan fini» des Sénateurs d’Ottawa. Un inconditionnel. Et si les Sénateurs étaient en séries présentement, je regarderais sûrement leurs matches. Même en plein coeur de l’été.

Mais les Canadiens de Montréal me laissent plutôt indifférent. Correction. Ils me laissent habituellement indifférent. Pas cette fois-ci.

Cette fois-ci, dans cette série contre Crosby et les Penguins, je souhaite que le CH gagne. Sans blague. Je ne regarde pas leurs matches, mais je veux qu’ils gagnent, puis qu’ils perdent la prochaine série.

Ainsi, les Canadiens ne seraient pas admissibles à la loterie pour le premier choix au repêchage, Alexis Lafrenière.

Je les déteste à ce point. Stéphane Richer est le dernier compteur de 50 buts dans l’histoire de la Sainte-Flanelle, un exploit réalisé deux fois, en 1988 et en 1990, et je veux que ça reste comme ça.

C’est méchant, dites-vous ? Bien non. Pas du tout. C’est de bonne guerre. C’est ça, le hockey. C’est ça être un fan. Si les Sénateurs avaient mis la main sur Lafrenière lors de la première ronde de cette ridicule loterie du repêchage de la LNH, croyez-vous que les partisans du Canadien s’en seraient réjoui ? Ils en auraient sûrement fait des boutons.

Cela dit, si par miracle le CH se rend jusqu’à la finale pour la coupe Stanley, je vais regarder les matches. C’est sûr.

Parce que pour tout vous dire, je suis un peu «docteur Jeckyll et M. Hyde» lorsqu’il est question des Canadiens de Montréal. Il y a un petit quelque chose en moi, enfoui creux dans mon subconscient et dans mon âme, qui se dit partisan du CH.

Ce petit quelque chose ne se manifeste pas souvent. Presque jamais, en fait. Mais il est là. Je sais qu’il est là. Je l’ai vu une dernière fois en 1993, il y a 27 ans, lors de la dernière conquête de la coupe Stanley par Montréal. Il était fou de joie, mon petit quelque chose.

Reviendrait-il si le Canadien devait réaliser l’impossible et se rendre jusqu’en finale cet été ? Je crains que oui. Il est inné, mon petit quelque chose. Dans mes gènes.

Dans ma famille, quand j’étais enfant, mes grands-parents et mes parents vénéraient deux noms: Dieu et Jean Béliveau. Et pas nécessairement dans cet ordre. Guy Lafleur allait être «canonisé» par mes aïeux quelques années plus tard.

Et si j’avais osé prononcer un seul mot contre le Canadien de Montréal à l’époque, mes parents m’auraient sûrement renié. Je crois même que le curé s’en serait mêlé.

Alors vous comprendrez pourquoi ce petit quelque chose en moi est là pour rester.

Je ne regarderai pas les matches de hockey à la télé. Mais si Le Droit m’apprend dans quelques semaines que le CH a atteint la finale, je serai devant ma télé. Garanti.

Et je regarderai toutes les parties de cette série avec «mon petit quelque chose».

Après 27 ans sans se voir, on aura sûrement des histoires à se raconter.

LE FRANÇAIS, QUOSSE ÇA DONNE ?

En terminant… À classer dans la catégorie: «À ne pas dire si…».

À ne pas dire si vous êtes candidat aux élections partielles dans le quartier de Cumberland à Ottawa. Ce poste de conseiller municipal est devenu vacant avec le départ de Stephen Blais pour Queen’s Park, en février dernier. À souligner que Cumberland est le quartier d’Ottawa qui compte le plus grand nombre de francophones.

Donc à ne pas dire si vous êtes candidat dans ce secteur:

«L’anglais est la langue de l’argent. Les services en français, ce n’est pas une priorité pour moi. […] Je n’ai jamais rencontré un francophone qui ne pouvait parler anglais à Ottawa», a affirmé le candidat Mark Scharfe.

Le candidat dans Cumberland, Mark Scharfe

Et celui-ci en a rajouté une couche en déclarant au Droit qu’il est en mesure de parler français, mais qu’il ne s’en ai jamais servi, même lorsqu’il patrouillait les rues de Vanier lorsqu’il était policier.

Misère…