Le 17 décembre prochain, les 67’s d'Ottawa croiseront le fer avec les Olympiques de Gatineau à l'occasion d'un match disputé à l'extérieur, à la Place TD.

Ce match devait être joué en plein air

CHRONIQUE / Un tweet du regretté Bob Bissonnette m’est revenu en tête, mercredi midi, alors que je roulais tranquillement vers la Place TD.

Je ne me souviens plus très bien des détails. Je ne saurais pas vous dire précisément quand c’est arrivé. Je me souviens juste d’une fois où la «rock star» a réagi avec beaucoup d’enthousiasme à l’annonce d’une série de matches hors-concours opposant les 67’s aux Olympiques.

«J’haïs Lance Galbraith», avait-il gazouillé, probablement en lettres majuscules. Avec des points d’exclamation.

Il faut comprendre qu’à l’époque où il jouait dans la LHJMQ, quand on l’appelait Roberto, Gatineau et Ottawa croisaient le fer souvent. Ça donnait à coup sûr des matches intenses. Parfois violents. Toujours mémorables.

Deux ou trois incidents, survenus dans ces rencontres, étaient restés gravés dans la mémoire de Bissonnette. Galbraith, la détestable peste de Brian Kilrea, conservait pour cela une «place de choix» dans son coeur.

Tout ça pour dire que je pensais à Bob, mercredi.

Je suis content, moi aussi, de savoir que les deux clubs de hockey junior de la région vont se retrouver dans le cadre d’un vrai match, avec des points à l’enjeu.

Surtout, je suis content de savoir que ce match sera joué en plein air.

On ne saura peut-être jamais exactement pourquoi les dirigeants de la LNH ont mis autant de temps à donner leur aval à ce projet.

Pour un paquet de raison, cette rencontre ne pouvait avoir lieu nulle part ailleurs que dans le gros stade de football.

Les 67’s et les Olympiques, d’abord, ont cruellement besoin de se rattacher à cet événement de marque. C’est une simple question de visibilité.

On ne se bouscule pas aux portillons du Centre Guertin depuis le début de la saison. On n’assiste pas à une ruée vers l’aréna de la Place TD non plus. Malgré tous les efforts fournis par les génies du marketing du Ottawa Sports and Entertainment Group, à peine 3000 personnes ont assisté au dernier match, dimanche, alors que le puissant Sting de Sarnia était en visite.

J’écris que les deux clubs de la région ont besoin de visibilité. Sauf qu’on pourrait dire la même chose de presque toutes les équipes de hockey junior au Canada.

Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, ne s’est pas déplacé jusqu’à Ottawa pour rien, mercredi.

Nous vivons à une époque où à peu près tous les événements sportifs d’envergure sont retransmis en direct et en haute définition dans des millions de foyers. Pour survivre et prospérer, les clubs de la Ligue canadienne de hockey doivent trouver des moyens de sortir de leurs vieux arénas. C’est vital.

«On nous offre une opportunité de mettre en évidence notre produit de manière plus accrue. En ce moment, l’aspect télévision est extrêmement important pour nous», a-t-il concédé.

La LNH aurait commis un grave impair en fermant les portes du stade à ses petits frères du hockey junior. Tout au long de l’année, on a célébré à Ottawa l’ensemble de la culture canadienne. Et le sport national des Canadiens n’est pas exclusivement l’affaire des professionnels.

Trente-sept jours. Dans 37 jours, les Sénateurs et le Canadien s’affronteront en bordure du canal Rideau. L’événement doit, on s’en souvient, servir à célébrer le centenaire de la LNH.

Que va-t-il se passer en ville, avant, pendant et après le match ?

On ne sait pas. On attend toujours la conférence ou le communiqué de presse dévoilant la programmation complémentaire.

J’ai posé la question aux gens qui m’entourent, mercredi. Personne n’est au courant de rien.

Suis-je le seul à m’en inquiéter ?