La Ville de Gatineau annonçait jeudi qu’elle va lancer une campagne de prévention et de sensibilisation sur le cannabis, notamment auprès des jeunes.

Cannabis, une méfiance légitime

CHRONIQUE / Savez-vous ce qui m’a frappé dans ce sondage sur la légalisation du cannabis ?

C’est que seulement 54 % des Gatinois sont favorables au projet du gouvernement Trudeau.

C’est peu.

En 2003, quand l’ex-conseiller municipal Pierre Philion faisait croisade pour bannir le tabac des bars et restaurants, la population l’appuyait dans une proportion de 70 %.

Avec autant de gens derrière lui, Pierre Philion a réussi à convaincre le maire de l’époque, sceptique au début, de le suivre dans son projet. Mieux, il a persuadé le gouvernement du Québec d’interdire la cigarette non seulement à Gatineau, mais dans tous les bars et restaurants de la province…

C’est toujours plus facile de faire respecter une loi ou un règlement quand une majorité est d’accord avec son entrée en vigueur.

Quand les gens se surveillent entre eux comme c’était le cas pour la fumée du tabac, il te faut moins d’inspecteurs ou de policiers pour faire respecter la loi.

Donc les gens sont méfiants à l’endroit de la légalisation du cannabis, et je les comprends.

Le gouvernement Trudeau a tellement poussé dans le dos des provinces, du Sénat et des municipalités pour faire avancer son projet, que l’opinion publique n’a pas eu le temps de suivre partout.

Si bien qu’il reste encore bien des préjugés et des idées préconçues en lien avec la consommation de pot. Et très peu de temps pour en venir à bout d’ici à l’entrée en vigueur de la légalisation maintenant prévue pour le 17 octobre prochain.

La Ville de Gatineau annonçait jeudi qu’elle va lancer une campagne de prévention et de sensibilisation sur le cannabis, notamment auprès des jeunes.

C’est une bonne idée, même si ça ne rendra pas la légalisation populaire pour autant.

De toute manière, si on attend que la légalisation du pot obtienne un fort taux d’acceptabilité sociale pour la réaliser, on n’y arrivera jamais. 

Si on légalise le cannabis, c’est que la répression n’a pas marché. Il fallait tenter une autre approche pour soutirer la vente de pot au marché noir et au crime organisé, tout en protégeant la santé des jeunes.

Nos jeunes qui continueront de fumer du pot, qu’il soit légal ou pas !

Plutôt que de se cacher la tête sous le sable ou, pire, de s’en laver les mains comme l’a fait jeudi la conseillère gatinoise Nathalie Lemieux en refusant de voter sur la campagne de prévention, il vaut mieux aller au-devant des coups.

Surtout dans une région comme Ottawa-Gatineau où la confusion risque de régner au début de la légalisation. Le pauvre citoyen devra y penser à deux fois avant de s’allumer un joint de pot légal, les restrictions étant beaucoup plus sévères du côté d’Ottawa que du côté de Gatineau.

Et je ne vous parle pas de la Commission de la capitale nationale (CCN) qui n’a toujours pas décidé comment elle gérerait le pot sur ses terrains, que ce soit durant Bal de Neige ou lors de la fête du Canada.

L’organisme n’a pas de règlement antitabac, encore moins de règles sur la consommation de cannabis, sous prétexte que la santé publique ne figure pas dans son mandat.

En fait, la CCN se fie à la bonne volonté des gens qui ont l’habitude de respecter les règles en vigueur à Ottawa et Gatineau. On verra si cette approche tiendra le coup après la légalisation du pot !