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Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Le premier ministre ontarien Doug Ford a visité une clinique de vaccination cette semaine à Mississauga.
Le premier ministre ontarien Doug Ford a visité une clinique de vaccination cette semaine à Mississauga.

Campagne de vaccination incertaine en Ontario

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ANALYSE / Le 19 janvier dernier, Doug Ford avait retrouvé ses formules populistes de la campagne électorale de 2018. Manifestement fâché de la lenteur de la campagne de vaccination, le premier ministre promettait d’être chaque jour au téléphone avec la direction du laboratoire Pfizer s’il avait été à la place de son homologue fédéral, Justin Trudeau.

TORONTO

On ne pouvait pas donner tort à M. Ford. Au jeu des comparaisons, le Canada n’a jamais été dans le train des pays occidentaux les plus rapides à vacciner. Aujourd’hui, seulement un peu plus de 2 millions de Canadiens ont reçu une dose, contre plus de 22 millions de personnes en Grande-Bretagne, ou 82 millions aux États-Unis.

Une note d’espoir tout de même avec l’approbation récente par Santé publique Canada du vaccin AstraZeneca, et ce vendredi, le feu vert pour celui de Johnson & Johnson.

Plusieurs semaines après cette démonstration d’impatience de la part de M. Ford, la campagne de vaccination semble a priori limpide. L’Ontario a débuté la vaccination des plus de 80 ans. Le gouvernement prévoit commencer à vacciner les plus de 75 ans le 15 avril, les plus de 70 ans le 1er mai, les plus de 65 ans le 1er juin et enfin les plus de 60 ans le 1er juillet.

Mais sur le terrain, les couacs se multiplient : le système de rendez-vous pour un vaccin s’avère très lent. De plus, la stratégie de ne pas fixer de régions prioritaires est interrogeable, d’autant que Toronto, ville la plus touchée par la COVID-19, est en retard dans l’administration des vaccins.

Les chiffres confirment ces hésitations. Ce vendredi, la province avait administré au total 820 714 doses totales, soit un peu plus de 5 700 injections pour 100 000 habitants. C’est sensiblement moins que le Québec, le Manitoba, l’Alberta, et la Colombie-Britannique.

En dépit de cette course incertaine à la vaccination, l’Ontario peut se targuer d’un succès provisoire. La levée de l’état d’urgence mi-février n’a pour le moment pas provoqué une hausse des contaminations.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens se maintient aux alentours de 1000, bien loin en somme du sombre pic de 4249 infections enregistrées le 8 janvier. Les hospitalisations en raison de la COVID-19 ont aussi dégringolé par rapport au retour du temps des Fêtes, pour atteindre désormais un plateau stable.

Il serait cependant faux de crier victoire.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.