Dans une vidéo mise en ligne lundi, Eugene Melnyk affirme qu’un important virage jeunesse se prépare à Ottawa.

Ça ne tient pas la route

CHRONIQUE / Quelque chose cloche. Un passage crucial de la vidéo lancée dans les réseaux sociaux par les Sénateurs, tard lundi soir, ne tient pas la route.

Eugene Melnyk confirme qu’un important virage jeunesse se prépare. Ça va.

Il s’aventure ensuite dans les plates-bandes de son directeur général en parlant de la composition de son équipe pour les prochaines saisons. Ça passe un peu plus difficilement, mais bon. Jusqu’à nouvel ordre, l’équipe lui appartient. Il a le droit de s’exprimer.

On se demande toutefois comment il fait ses calculs, quand il dit qu’au moins dix « nouveaux joueurs » se grefferont à son alignement cet automne.

« On parle ici de recrues ou de joueurs qui ont joué moins de 10 parties la saison dernière », affirme-t-il.

Ça n’a pas de sens.

Alors que le camp d’entraînement prend son envol, les Sénateurs misent présentement sur 13 patineurs – en santé – qui ont plus de 150 matches au compteur.

À ce groupe, on peut ajouter cinq jeunes – Thomas Chabot, Filip Chlapik, Ben Harpur, Max McCormick et Colin White – qui ont disputé plus de 20 matches dans la LNH la saison dernière.

Il faut aussi penser aux deux gardiens d’expérience qui sont sous contrat jusqu’en juillet 2020.

Les mathématiques n’ont jamais été ma matière favorite, mais je peux facilement compléter cette opération.

Je me pose alors une question, toute simple. Comment peut-on ajouter à ce groupe une dizaine de recrues ?

Dans la même réponse, M. Melnyk affirme que le mouvement jeunesse va gagner de la vitesse durant la saison 2019-20. À ce moment, une quinzaine de gamins pourraient se côtoyer dans le vestiaire du club local, au Centre Canadian Tire.

Ça soulève une autre question d’importance.

Est-il possible de réunir autant de jeunes joueurs dans une ligue où le plancher salarial frôle les 60 millions $ US ?

On peut quand même se réjouir d’un truc. La – trop – longue période de silence de la direction des Sénateurs est terminée.

La stratégie n’est peut-être pas parfaite. La lettre qui a été publiée par M. Melnyk dans les trois principaux quotidiens d’Ottawa mardi matin était un peu creuse. Le choix des acteurs pour la vidéo laissait un peu à désirer. 

À titre d’intervieweur, le pauvre Mark Borowiecki n’était clairement pas dans son élément. Si on se fie à la réponse spontanée et forte dans les réseaux sociaux, on doit arriver à la conclusion que le propriétaire ne peut plus agir à titre de porte-parole de l’organisation.

Je l’ai écrit à deux ou trois occasions, déjà. Ça ne me gène pas de le répéter. Si M. Melnyk avait voulu que les partisans lui pardonnent sa maladresse de l’hiver dernier, il aurait d’abord fallu qu’il demande pardon. Il a raté au moins deux belles occasions de faire amende honorable dans les derniers mois. Possible qu’il soit trop tard, maintenant, pour réparer les pots cassés.

Malgré tout cela, on en sait plus long sur les objectifs à court, moyen et long terme de l’organisation.

Pendant de longs mois, nous avons répété que les partisans méritaient qu’on leur fournisse des réponses.

D’ailleurs, à micros fermés, certains joueurs ont soufflé cet été qu’ils avaient aussi hâte de savoir sur quel pied danser.

Eh bien, on sait, maintenant.

Lorsque M. Melnyk affirme que « deux ou trois joueurs de talent » ne peuvent faire la différence, dans le hockey d’aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de penser aux trois piliers des Sénateurs qui entament la dernière année de leurs contrats. Matt Duchene, Erik Karlsson et Mark Stone peuvent s’attendre à tout, à compter de maintenant.

M. Melnyk écrit aussi qu’il a élaboré un « plan pluriannuel qui repose sur l’engagement profond de responsabilité ». On va conclure qu’il sera ultimement responsable des réussites ou des échecs de son organisation.

Le camp débutera, enfin, dans les prochaines heures. On présume que Pierre Dorion sera le prochain à sortir de son mutisme estival.

Avec un peu de chance, le DG pourra éclairer nos lanternes, et nous donner plus de précisions sur la façon dont il compte s’y prendre pour intégrer, dans la prochaine année, 15 nouvelles recrues à son alignement.