Tuukka Rask et ses coéquipiers ont mis fin à la séquence victorieuse des « nouveaux » Sénateurs, mardi au Centre Canadian Tire.

Ça ne pouvait pas durer, mais...

CHRONIQUE / On peut résumer ce match assez facilement. Le toujours très dangereux David Pastrnak a marqué deux buts dans un filet. Le fiable défenseur Brandon Carlo a sorti deux lapins de son chapeau pour empêcher deux rondelles d’entrer dans l’autre filet.

Comme ça, la première séquence victorieuse des « nouveaux » Sénateurs a pris fin, mardi soir.

On savait bien qu’elle ne pourrait pas s’étirer bien longtemps. Et ce n’est pas bien grave.

On savait bien que cette séquence ne pourrait pas s’étirer bien longtemps. Ils devraient perdre plus souvent qu’ils gagneront, d’ici la fin de la saison.

Surtout, on a vu des tas de signes encourageants durant ce long séjour à domicile.

La séquence de victoires est finie, mais le jeu de puissance semble déjà bien plus productif et efficace que la saison dernière. Le taux de réussite s’élevait à 27 %, avant le match de mardi.

« Beaucoup de choses ont changé. Vraiment, beaucoup. D’abord, les gars travaillent en synchronicité », croit Guy Boucher.

« On s’installe en zone d’attaque avec une certaine aisance. Les joueurs se soutiennent mutuellement. Ils utilisent bien leur vitesse. J’ai horreur des unités spéciales qui travaillent uniquement en périphérie, qui obtiennent une seule chance de marquer à la fois. Les gars font tout en leur possible pour ne pas que cela s’applique à notre équipe. »

La séquence n’a pas été très longue, mais Boucher est en train de prouver qu’il méritait de rester.

On l’a écrit à quelques occasions, dans cet espace. L’entraîneur-chef québécois est un homme beaucoup trop intelligent pour n’avoir qu’une seule corde à son arc.

Il nous prouve un peu plus chaque jour qu’il sait s’adapter.

Des partisans, polis, affirmaient qu’il était incapable de faire confiance aux jeunes.

Les partisans moins polis allaient jusqu’à dire qu’il ne les aimait pas.

On se demande ce que pensent ces gens, aujourd’hui.

Boucher utilise ses recrues à outrance lors des matches. Il ne rate jamais une occasion de vanter leurs mérites entre les matches.

Mardi matin, Christian Jaros a eu son tour.

« C’est un dur. Un dur qui patine très vite. Il s’implique constamment dans le jeu. Même lors de ses replis défensifs, on sent son enthousiasme. Il lui arrive de commettre des erreurs, mais il est capable d’utiliser sa vitesse pour se racheter. Il a de bonnes mains. Ses lancers sont à point. Il possède vraiment plusieurs outils. Je l’aime beaucoup », a résumé le coach.

Un collègue qui l’écoutait attentivement s’est risqué. Puisqu’il possède toutes ces qualités, comment se fait-il que Jaros continue de faire la navette entre Belleville et Ottawa ?

Boucher s’est contenté de sourire. Il a simplement ajouté que les choses pourraient évoluer rapidement.

Ça ne s’arrêtera probablement pas là. Drake Batherson a inscrit neuf points en six parties dans la Ligue américaine. Dans le climat actuel, il finira sans doute par avoir sa chance. Plus tôt que tard.

La séquence est terminée. Les changements les plus importants s’opèrent en profondeur.

Quiconque a regardé une moitié de match a constaté que le style de jeu des Sénateurs a changé. Pour le meilleur et pour le pire, les joueurs sont plus actifs.

Les joueurs qui ont été témoins de la destruction du vestiaire, la saison dernière, vous diront que le changement de culture est encore plus important.

« Chabby (Thomas Chabot) m’a dit quelque chose d’important, il y a une semaine ou deux. Quelque chose que je n’ai pas oublié. Il m’a dit qu’il se fiche éperdument d’amasser des points, tant que l’équipe marque des buts », me confiait Mark Borowiecki, mardi matin.

« Quand un joueur aussi doué offensivement que lui parle comme ça, c’est drôlement encourageant. Ça signifie que les jeunes comprennent déjà bien des choses. »

Je suis d’avis qu’une bonne équipe doit d’abord apprendre à bien fonctionner à l’extérieur de la patinoire.

Là-dessus, Borowiecki pense comme moi.

« Tu ne veux pas attendre l’Action de Grâce américaine avant de commencer à développer un bon esprit d’équipe. Tu ne veux surtout pas traîner de la patte, arriver aux Fêtes avec un vestiaire en désordre. Ça peut causer un paquet de problèmes. »

« En ce moment, nous avons du plaisir. Les gens peuvent s’imaginer que ce n’est pas important. Je vous le dis, moi. C’est majeur. »