Le propriétaire et président, Eugene Melnyk

Ça ne peut plus durer

CHRONIQUE / J’ai une question. Une question toute simple, mais pourtant fort sérieuse. Une question dirigée à la personne — ou aux personnes — qui mène(ent) présentement la barque des Sénateurs.

Que comptez-vous faire, maintenant ?

Le propriétaire et président Eugene Melnyk ne peut être tenu directement responsable de cette sordide histoire de cyberintimidation. Ce n’est pas la faute du directeur général, non plus. Ni celle du coach. Ni celle des joueurs. Ce n’est même pas la faute des responsables des communications et du marketing.

C’est la faute de personne. Pourtant, tous ces gens doivent réaliser que la pression repose désormais sur leurs épaules. Tous sont impliqués directement. Personne ne peut s’en laver les mains.

Il y a urgence d’agir.

Le climat n’était pas joyeux d’avance, à Ottawa. Les sorties maladroites de M. Melnyk et ses hésitations face au projet de développement des plaines LeBreton ont allumé un feu. Les confidences de Daniel Alfredsson, lors du lancement de campagne du maire Jim Watson, n’ont fait que raviver la flamme.

L’arrestation du directeur général adjoint Randy Lee, durant le camp d’évaluation des espoirs de la LNH à Buffalo, a provoqué une vague d’indignation au sein des partisans.

Et maintenant, ça.

Les dirigeants des Sénateurs doivent comprendre qu’à force de s’accumuler, tous ces incidents — même s’ils n’ont pas de lien — finiront par entacher, de façon sérieuse, la réputation et l’image de marque de toute l’organisation.

Ça ne peut pas continuer comme ça encore bien longtemps.

Mardi après-midi, la réaction des partisans a été puissante, instantanée. Les commentaires partent presque tous dans le même sens. Au-delà de la sympathie pour Melinda Karlsson, il se dégage un fort sentiment de honte.

Les Sénateurs sont nés au début des années 1990 dans un petit marché qui n’avait pas grand-chose à faire dans les ligues majeures du sport. Malgré les nombreuses embûches rencontrées sur leur chemin, ils ont réussi à se développer et à survivre entre Toronto et Montréal parce qu’ils comptaient sur une petite, mais loyale base de partisans très fiers.

Le jour où cette fierté va s’évaporer, l’organisation sera réellement en péril.

Sur les ondes de la station radiophonique TSN 1040, le très respecté analyste Ray Ferraro a dit tout haut ce que bien des gens pensent tout bas. « C’est le fouillis total, de la cave au grenier, dans cette organisation. Les Sénateurs sont en voie de devenir la risée de la LNH. C’est tellement drôle que ça devient triste. »

Je répète la question que j’aurais envie de poser aux gens qui prennent les décisions importantes, chez les Sénateurs.

Que comptez-vous faire, maintenant ?

Je ne serais moi-même pas capable d’y répondre. Je n’ai même pas de suggestions. On se trouve dans une situation complètement nouvelle.

Je n’envie pas les gens qui seront appelés à gérer cette crise, durant les prochains mois.

Je sais cependant que la réponse des dirigeants des Sénateurs devra être forte. Aussi forte que la réaction des partisans.

Des actions lourdes, concrètes devront être posées.

L’heure n’est plus aux laconiques communiqués de trois ou quatre lignes. Les Sénateurs ne peuvent plus se contenter de dire qu’ils « suivent avec intérêt la situation » et que « des gestes nécessaires seront posés en temps et lieu ».

Les partisans méritent plus. Surtout, ils méritent mieux.

***

J’ai commencé à rédiger une chronique un peu différente, mais toujours sur Erik Karlsson, mardi matin. J’avais presque fini, en fin de journée, quand toute cette histoire impliquant les conjointes des joueurs des Sénateurs a éclaté.

En matinée, je voulais vous parler de cette entente verbale conclue entre les Coyotes de l’Arizona et Oliver Ekman-Larsson.

Selon l’information qui circule, OEL toucherait un salaire annuel moyen de 8,25 millions $ US dans un contrat de huit ans qui entrerait en vigueur le 1er juillet 2019.

J’étais sous l’impression qu’en se comparant avec son compatriote, Karlsson pouvait facilement demander un contrat d’une valeur de 80 millions $ US aux Sénateurs.

À condition, bien sûr, qu’il ait toujours envie de rester.

Karlsson est un type extrêmement réservé qui n’accorde pas sa confiance à n’importe qui. Il n’a jamais été parfaitement à l’aise avec le caractère public de sa profession. S’il décidait de finir sa carrière au soleil, dans l’anonymat, on comprendrait.