Will Butcher, le défenseur américain de 22 ans qu’on connaissait peu, a connu un départ fulgurant.

Butcher transforme les Devils

CHRONIQUE / Un si petit et, surtout, si jeune défenseur peut-il faire une si grosse différence?

Les Devils du New Jersey ont causé une des plus belles surprises du mois d’octobre, dans la Ligue nationale de hockey. Parce qu’ils ont remporté six de leurs huit premières parties, ils trônent au sommet de la très puissante division métropolitaine.

On s’attendait à tout, sauf à ça de la part d’une formation qui a raté les séries éliminatoires chaque année depuis 2013.

Surtout que l’équipe n’a pas la réputation de miser sur un groupe d’espoirs particulièrement prometteur...

C’est alors que Will Butcher entre en scène.

Le défenseur américain de 22 ans, qu’on connaissait peu, a connu un départ fulgurant. Il a récolté neuf points à ses huit premiers matches en carrière. En cette époque où toutes les équipes de hockey recherchent des défenseurs habiles, capables de relancer l’attaque, il a son gros mot à dire dans la transformation rapide de son équipe.

«Il n’est pas tout seul», intervient le capitaine des Devils, le bon vieux Andy Greene.

«Nico Hischier et Jesper Bratt sont arrivés en même temps que Will. Il suffit de regarder un peu partout, autour de la ligue... Les équipes qui veulent se sortir du pétrin ont souvent besoin de miser sur un noyau de deux ou trois jeunes joueurs. Il faut que ces jeunes soient prêts à faire la différence, bien entendu. Ils ne peuvent pas se contenter d’être ici pour acquérir de l’expérience.»

«Jusqu’ici, nos trois recrues ont réussi à faire la différence. Leur enthousiasme est contagieux. Il se propage dans le vestiaire. Parce qu’ils connaissent du succès, un climat de compétition s’installe rapidement chez nous. Ce n’est pas désagréable», complète le joueur de 34 ans qui a passé toute sa carrière au New Jersey.

Greene est un interlocuteur intéressant. Butcher est un peu moins bavard.

On connaît les grandes lignes de son histoire. Il a été repêché en cinquième ronde par l’Avalanche du Colorado, lors du repêchage amateur de 2013.

Pour des raisons qui demeurent nébuleuses, il a choisi de ne pas s’entendre avec cette organisation qui a pourtant grand besoin de relève à la ligne bleue.

Joueur autonome sans compensation, à sa sortie des rangs universitaires, il a choisi de s’établir à Newark, possiblement la ville la plus dangereuse sur la côte de l’océan Atlantique.

«Je me voyais grandir au sein de cette organisation. Je trouvais que les Devils se dirigeaient dans la bonne direction. J’avais envie de m’embarquer avec eux», a-t-il simplement répondu lorsqu’on l’a questionné à cet effet, la semaine dernière.

Il paraît qu’il ne faut pas trop se fier aux statistiques. L’adaptation à la vie dans la LNH «n’est pas aussi facile que ça en a l’air».

«Les vétérans de l’équipe m’ont vraiment bien accueilli. Ils sont en grande partie responsables de mon bon début de saison. Parce qu’ils ont été aussi gentils avec moi, j’ai pu me concentrer sur le travail que j’avais à accomplir sur la patinoire.»

En insistant un peu, Butcher a fini par servir quelques exemples. Il a parlé des ailiers Taylor Hall et Kyle Palimeri, qui évoluent avec lui dans la première vague de l’attaque massive. 

«Travailler avec deux joueurs aussi doués, sur les flancs, facilite grandement mon travail, dit-il. Ces deux joueurs me permettent de travailler dans un système de jeu similaire à celui que nous avions, l’an dernier, à l’Université de Denver.»

LES TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Erik Karlsson

«Je ne me sentirai plus jamais comme je me sentais auparavant», a répété à maintes reprises le capitaine des Sénateurs d’Ottawa, dans les dernières semaines. «J’ai toujours l’impression qu’Il y a quelque chose, dans mon pied, qui ne m’appartient pas», a-t-il balancé à quelques heures de son premier match de la saison régulière. Karlsson a été blanchi dans ce match. Il a cependant trouvé un moyen d’ouvrir la machine assez rapidement, récoltant six mentions d’aide à ses deux sorties suivantes. «Je ne sais pas trop comment il se sent, avec ses jambes. Mais Erik Karlsson, c’est Erik Karlsson. Même à 85 %, il serait meilleur que tout le monde», a déclaré son entraîneur, Guy Boucher, tard samedi soir. Karlsson est sans doute un peu motivé par la possibilité de remporter un troisième trophée Norris. Ses copains ont un peu l’impression qu’il aurait dû le gagner l’an dernier.

2. Patrice Bergeron

À l’instar de Karlsson, l’attaquant québécois des Bruins de Boston n’a pas raté son entrée en scène. Sans Patrice Bergeron, l’équipe avait un peu manqué de panache. Elle avait remporté, avec beaucoup de mal, deux de ses cinq premières parties. À sa première partie, mercredi dernier, l’attaquant qui fait la fierté de L’Ancienne-Lorette a marqué un but, tout en récoltant trois passes payantes. Il a soulevé ses coéquipiers, qui ont vaincu assez facilement les Canucks de Vancouver, 6-3. «Comment a-t-il réussi à prendre le contrôle d’un match après une si longue période d’absence? C’est tout simplement incroyable», a confié son coéquipier Brad Marchand à un reporter du Boston Globe après cette rencontre. «On voit tout de suite à quel point il est un membre important de notre groupe. Sa seule présence parvient à calmer un peu tout le monde. Il montre l’exemple.»

3. Ed Olczyk

Les Canadiens connaissent surtout Olczyk pour sa participation aux jeux vidéos de hockey de la firme EA Sports. Aux États-Unis, où il fait carrière, il est un des analystes de hockey les plus respectés. Beaucoup de gens étaient heureux de l’entendre, mercredi dernier. Entre deux traitements de chimiothérapie, l’homme qui combat un cancer colorectal a repris sa place dans la galerie de la presse du United Center. Il a joué son rôle d’analyste dans un match opposant les Blackhawks de Chicago aux Blues de Saint-Louis. «C’est remarquable de le revoir à son poste si rapidement», a déclaré son partenaire de travail, Mike «Doc» Emrick, au Chicago Tribune. Olczyk a disputé 1031 matches dans la LNH avant de passer dans le monde des médias. «Nous pensons à lui chaque jour et nous sommes contents de le revoir», commente l’entraîneur-chef des Hawks, Joel Quenneville.