Le premier évêque de Bytown, Bruno Guigues

Bruno Guigues, premier évêque de Bytown

NOTRE HISTOIRE / Une rue située au cœur de la Basse-Ville d’Ottawa honore la mémoire du premier évêque de Bytown.

Provincial des Pères Oblats du Canada, Mgr Bruno Guigues (1805-1874) aura joué un rôle déterminant à titre de premier évêque de Bytown.

Après être entré au noviciat des Missionnaires de Provence à Gap en France à l’âge de 16 ans, Bruno Guigues fit ses études en théologie à Aix-en-Provence avant d’être ordonné prêtre oblat le 13 mai 1828.

Professeur de philosophie et économe au grand séminaire de Marseille, il est chargé en 1834 de la restauration du sanctuaire de Notre-Dame-de-l’Osier, selon les archives du Réseau du patrimoine francophone au sujet de cette figure marquante de l’histoire de Bytown.

C’est en 1844 que le père Guigues est nommé supérieur de la maison Longueuil et provincial de sa congrégation au Canada, avant de devenir en juillet 1847 premier évêque du nouveau diocèse de Bytown, appelé le diocèse d’Ottawa en 1860.

Celui qui était connu comme « Mgr de Bytown » se préoccupait de la réconciliation entre Canadiens-français et Irlandais qui partageaient la même foi.

Il repousse les limites de son diocèse en fondant des paroisses dans des communautés éloignées. Il crée une société de colonisation en 1849, dont il assumera la présidence.

Au sujet de cette société, l’auteur Gaston Carrière raconte dans un texte publié sur le site web de l’Écho du peuple que Mgr Guigues écrivit de nombreuses lettres aux diverses autorités estimant que le clergé devait s’intéresser à cette œuvre de colonisation.

Mais il la considérait « essentiellement laïque » et il valait mieux que la direction fût laissée aux laïcs.

Il jugea bon de diriger les colons du Québec vers la Gatineau et les cantons situés entre Rigaud et Bytown, estimant qu’« il valait mieux commencer par ceux-là, car les Canadiens s’effraient quand ils sont seuls ; il vaut mieux les mettre en compagnie ».

Quant aux colons irlandais, il les encouragea à se fixer entre Ottawa et le lac Huron, rappelle M. Carrière dans son texte.

En 1856, un nouveau collège est érigé sur le site actuel de l’Université d’Ottawa alors que le père Joseph-Henri Tabaret en est le supérieur. La direction est confiée aux Oblats jusqu’en 1965.

Mgr Guigues instaura le bilinguisme dans son ministère et dans l’enseignement, et lutte pour défendre les catholiques et les Canadiens-français en offrant gratuitement au collège d’Ottawa un cours donnant les qualifications pour l’enseignement.

Après la construction de trois églises, trente chapelles en bois s’ajoutent entre 1848 et 1873. Au moment de son décès, il y avait environ 96 000 catholiques dans son diocèse.

En plus d’une rue, l’école primaire Guigues portait son nom entre 1864 et 1979, avant de devenir le centre de jour Guigues, un lieu de rassemblement pour les aînés francophones.

Mgr Guigues est décédé à Ottawa en février 1874 à 69 ans.

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