Il faut reconnaître que Craig Anderson a encore livré une performance moyenne, jeudi, contre les Oilers d’Edmonton.

Boucher peut se relever

CHRONIQUE / Une équipe de hockey qui déçoit. Des joueurs de talent qui ne savent plus gagner. De mauvais buts alloués, soir après soir, par les gardiens. Un virage jeunesse précipité. Il faut vivre avec les erreurs de recrues.

Au milieu de tout ça, Guy Boucher se tient droit. Il affronte la tempête.

Je ne parle pas, ici, de la misérable fin de saison des Sénateurs.

Je raconte mes vieux souvenirs d’il y a cinq ans.

Le 23 mars 2013, Boucher a dirigé son dernier match derrière le banc du Lightning de Tampa Bay. J’en conserve un souvenir assez net. Cette partie a été disputée à Ottawa, dans le building qu’on appelait alors Place Banque Scotia.

La veille de ce match, j’avais décidé de couvrir les entraînements des deux équipes.

J’ai été chanceux, ce jour-là. J’étais le seul journaliste dans les gradins pour voir Steven Stamkos, Martin Saint-Louis et Vincent Lecavalier patiner. Ça signifie que j’ai eu droit à un entretien particulier avec Boucher, par la suite.

Généreux, comme à son habitude, il m’avait longuement expliqué la descente aux enfers du Lightning.

Au hockey, tout commence et tout se termine devant le filet. En 2011, Boucher et le Lightning ont atteint la finale de l’Association Est. Leur gardien quadragénaire, Dwayne Roloson, défiait alors toutes les règles du vieillissement dans le sport.

Dans les 24 mois qui avaient suivi, Roloson avait frappé un mur et il avait choisi d’accrocher ses jambières. Le vétéran Mathieu Garon et le jeune Anders Lindback avaient pris la relève avec des succès très mitigés.

Le 23 mars 2013, Garon a laissé passer trois des 11 premiers lancers dirigés vers son filet. Les Sénateurs ont infligé au Lightning une défaite de trop. En quittant Kanata, ce soir-là, Boucher a compris qu’il venait de perdre son poste.

Curieux, parfois, comme l’histoire tend à se répéter.

Dans les jours qui ont suivi le congédiement de Boucher, Steve Yzerman s’est expliqué aux journalistes de la Floride. Sans trop entrer dans les détails, il a parlé de «différences philosophiques» avec Boucher.

Ça peut vouloir dire un plein de choses. Les directeurs généraux de la LNH sont plein de messages ambigus.

Un autre exemple? Pierre Dorion qui dit, vendredi, que le travail de ses entraîneurs sera «évalué» à la fin de la saison.

Ça ne veut rien dire.

Le travail de TOUS les entraîneurs de la LNH est évalué à la fin de CHAQUE saison. C’est comme ça que ça marche.

Dorion a été tellement occupé dans ses missions d’éclaireur, ces derniers temps. Il n’a pas passé beaucoup de temps dans l’entourage de l’équipe.

Jusqu’à tout récemment, j’étais convaincu que les deux hommes de hockey francophones formaient une équipe bien soudée. «Guy et moi, nous avons une très bonne relation», se plaisait à répéter le DG.

Il ferait bien de s’en souvenir, au moment d’effectuer son évaluation.

Boucher, à travers tout ce qu’il a vécu dans les derniers mois, a su faire face à la musique. Il a travaillé avec franchise, il a su conserver son calme, il a gardé la tête hors de l’eau. Il a sans doute commis des erreurs. Nul n’est parfait.

Il y a bien un truc, par contre, qui ne me rentre pas dans la tête. Boucher est un homme très intelligent. Ça saute aux yeux. Un homme aussi brillant doit forcément avoir la capacité de s’ajuster. Il a su connaître du succès en dirigeant des vétérans. Il devrait être capable d’adapter ses méthodes pour faire fonctionner une formation plus jeune.

Il faudrait, bien entendu, que ses gardiens lui donnent un coup de pouce. On aura beau rendre hommage à Connor McDavid...

Il faut reconnaître que Craig Anderson a encore livré une performance moyenne, jeudi, contre les Oilers d’Edmonton.

Les choses bougent.

Selon le bruit qui court, le propriétaire des Sénateurs se sent capable d’affronter les partisans. Eugene Melnyk accepterait de participer à deux séances de discussion, dans les prochaines semaines.

Fort intéressant.

Cette nouvelle parvient à nos oreilles quelques jours, à peine, après l’apparition des panneaux #MelnykOut dans différents secteurs de la capitale.

C’est peut-être une coïncidence, remarquez.

Je croyais que les fans à l’origine de cette campagne gaspillaient leur temps et leur argent.

Je le crois de moins en moins.