«Les Québécois ne s’attendent pas à ce qu’on soit parfait, ils s’attendent à ce qu’on les écoute, puis qu’on fasse de notre mieux, qu’on s’améliore, qu’on se retrousse les manches pour les aider. On a le droit de faire des erreurs», disait le premier ministre François Legault, l’an dernier à la suite de son élection.

Bon pour le Québec et pour la CAQ

CHRONIQUE / «Les Québécois ne s’attendent pas à ce qu’on soit parfait, ils s’attendent à ce qu’on les écoute, puis qu’on fasse de notre mieux, qu’on s’améliore, qu’on se retrousse les manches pour les aider. On a le droit de faire des erreurs.» Ce sont des paroles que le premier ministre François Legault prononçait l’an dernier.

Rester proche des Québécois, rester proche des préoccupations des Québécois. Faire preuve d’humilité et s’élever au-dessus des considérations partisanes, disait-il aussi. 

Après maintes années d’arrogance libérale, les mots du nouveau premier ministre étaient l’an dernier de la musique aux oreilles des Québécois.

Avec le temps, l’esprit d’ouverture, d’humilité et de proximité prôné par le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est malheureusement étiolé à cause de son obsession à vouloir remplir à tout prix des promesses électorales.

Implantation des maternelles 4 ans, réforme en immigration, âge légal pour consommer du cannabis, fixation des tarifs d’électricité, abolition des élections scolaires et transformation des commissions scolaires sont autant de dossiers où de nombreuses voix indiquent au gouvernement Legault qu’il ne prend pas la bonne direction.  

Évidemment, les électeurs souhaitent, autant que faire se peut, que les politiciens respectent leurs promesses. 

Mais si celles-ci s’avèrent plus onéreuses que prévu (maternelles 4 ans), si celles-ci vont à l’encontre d’avis d’experts scientifiques (âge légal pour consommer du cannabis), si celles-ci après analyse sont jugées contraires aux intérêts du Québec (immigration et besoin de main-d’œuvre), quel électeur lui en tiendra rigueur d’apporter des ajustements, de modifier, voire de mettre de côté un engagement?

À la suite de la dernière campagne électorale, M. Legault avait réalisé qu’il était possible de reconnaître une erreur, comme il l’avait fait dans le dossier de l’immigration dont il ne maîtrisait pas tous les éléments. Il disait en tirer une leçon. 

Dommage que cette leçon et cette humilité n’animent pas toujours ses troupes.

Prenons le projet de loi sur l’établissement des tarifs d’Hydro-Québec. Les grandes et les petites entreprises ainsi que les consommateurs s’y opposent. Quatre anciens ministres de l’Énergie et des Ressources naturelles estiment que le projet de loi menace les exportations d’énergie vers les États-Unis. Mais, le gouvernement ne bronche pas. «Nous n’avons pas l’intention de renoncer au projet de loi», affirme le ministre Jonatan Julien. 

Dans le dossier de l’immigration, entreprises et chambres de commerce répètent que les seuils fixés par Québec ne permettent pas de répondre pleinement aux besoins criants et pressants de main-d’œuvre partout au Québec. 

Succès mitigé jusqu’à maintenant, mais petite lueur d’espoir depuis lundi. Le premier ministre Legault a indiqué qu’il était ouvert à apporter des ajustements à ses réformes. Et pour cause. 

Radio-Canada faisait état lundi des inquiétudes exprimées par le fondateur de l’Institut québécois en intelligence artificielle, le chercheur Yoshua Benfio.

Ce dernier craint que les réformes en immigration du gouvernement caquiste, notamment le resserrement de l’accès au programme d’expérience québécoise, perturbent le recrutement des étudiants internationaux et de jeunes professionnels talentueux. 

Québec investit et mise sur l’intelligence artificielle. À quoi bon s’il ne peut attirer et retenir chercheurs et ingénieurs? Le premier ministre semble avoir saisi le danger et se montre ouvert à des correctifs. 

Le Québec s’en portera mieux et le premier ministre, son gouvernement et la CAQ y gagneront aussi.

Pourquoi ne pas appliquer la même logique et faire preuve d’une réelle écoute dans d’autres secteurs, notamment en éducation?