Boucar Diouf a brillé par sa pertinence dimanche soir à «Tout le monde en parle».

Avez-vous dit Bitcoin?

CHRONIQUE / Boucar Diouf est toujours un invité gagnant pour «Tout le monde en parle». Dimanche, il a multiplié les interventions, toujours engagées, intelligentes et percutantes. Un soir où on a beaucoup parlé de nos finances, des réelles aux virtuelles, et où la notion de cryptomonnaie et de Bitcoin a dû rester abstraite et floue pour bien des téléspectateurs.

Le quatrième spectacle de Boucar Diouf, à qui je décerne l'étoile du match, est bâti autour de l'importance de l'eau. «Le fleuve, c'est l'artère principale, c'est le cœur, c'est le sang du Québec», dit-il. Il fait un parallèle entre les bélugas et les Québécois francophones, et les compare à «un village gaulois, une minorité audible, qui a résisté malgré maintes tentatives historiques de les faire disparaître.»

Le sage humoriste d'origine sénégalaise était «totalement perdu» à son arrivée à Rimouski en 1991. Il a dû se faire expliquer comment on fait l'épicerie. «Sinon, moi j'étais parti pour négocier le poulet. Ça coûte cinq dollars? Ben je donne trois piasses!» Ses collègues humoristes ont tendance à ne pas le considérer comme faisant partie des leurs. «C'est écrit pour que les gens rient», dit-il pourtant de ses spectacles. Qu'importe, en autant que les gens viennent le voir pour qu'il puisse payer son bungalow. Fera-t-il un jour le saut en politique? «La chose m'intéresse beaucoup, mais j'ai des jeunes enfants et je veux les voir grandir», affirme celui qui a livré son opinion aussi bien sur l'éducation que sur le scrutin proportionnel.

Véronique Cloutier arborait un t-shirt «Différent comme toi» de la fondation Véro & Louis pour le mois de l'autisme. La star, qui animera un Gala ComediHa! en août prochain, qualifie son émission 1res fois de «télé pur bonheur», alors que Dany Turcotte parle plutôt d'«emotainment», dont la prononciation par le fou du roi a bien fait rire Véro. Au sujet du site de potins Monde de stars, qui a titré qu'elle était en guerre avec Maripier Morin, elle affirme spontanément: «C'est-tu niaiseux, ça!» Elle déplore que ce genre de sites reprenne des nouvelles en leur ajoutant des titres sensationnalistes pour faire des clics. «Rien à voir là-dedans, j'adore Maripier», dit-elle, avouant néanmoins que ces sites sont utiles quand vient le temps de faire la promotion d'un événement.

Une des premières fois qu'elle s'est plantée? «Quand j'ai animé l'ADISQ. J'aurais pas dû faire ça.» Son premier chum? Sébastien Tougas, durant trois semaines à 15 ans. Et quand elle a dû commenter sa première relation sexuelle, on a entendu un objet tomber en studio. «Ça ressemblait à ça!» a blagué Véro.

Venue promouvoir son album de reprises intitulé Forever Young, Nana Mouskouri n'a jamais voulu commercialiser ses fameuses lunettes, dont les télés ne voulaient pas à ses débuts, à cause du reflet de l'éclairage. La chanteuse aux 300 millions de disques vendus est ravie aujourd'hui de voir les jeunes femmes porter des lunettes semblables. Le Canada est le pays où elle a donné le plus de spectacles. Son fils vit d'ailleurs à Montréal et lui a donné trois petits-enfants. Même s'ils ne le lui reprochent pas, elle regrette d'avoir négligé ses enfants pour se consacrer à sa carrière. «Ils aiment leur maman mais ils n'aiment pas la chanteuse», dit-elle.

Les deux banquiers du gouvernement, Carlos Leitão et Pierre Arcand, sont venus défendre le récent budget. «Avez-vous poussé le bouchon un peu trop loin?» a demandé Boucar, en parlant de la période d'austérité. «Je ne pense pas», a répondu le ministre Leitão, qui rappelle le contexte de déficit de 2014, et que son gouvernement a ralenti la croissance des dépenses sans pour autant les réduire.

Avec ce budget, le gouvernement a choisi de taxer les géants américains du numérique, dont Netflix. «On ne peut pas les obliger à le faire», admet le ministre. Ceux qui ne s'y conforment pas pourraient s'exposer à une poursuite du gouvernement. «Ce n'est pas dans leur intérêt de ne pas se conformer à la loi.»

Débat intéressant autour de l'accusation de «nationalisme ethnique», formulé par le ministre Leitão à l'endroit de la CAQ. «Un qualificatif lourd de conséquences», a commenté Boucar Diouf, qui souhaite qu'on puisse discuter d'autres sujets que l'immigration dans la prochaine campagne électorale. Avez-vous remarqué que M. Leitão a parlé du Québec comme du «pays» qu'il adore? La phrase a dû faire sourciller quelques fédéralistes. La carte du fou du roi: «C'est le 1er octobre prochain qu'on saura si votre stratégie d'affamer pour mieux nourrir était la bonne.»

Je comptais sur le segment concernant le Bitcoin pour mieux comprendre le concept de cryptomonnaie, mais on m'a perdu. «Je pense que le public va être encore plus mêlé après ce soir», a même lancé l'analyste et entrepreneure financière Elisabeth Préfontaine, exaspérée par le point de vue de Michel Nadeau, hostile au Bitcoin. «On ne connaît pas le nom des joueurs, on ne sait pas avec qui on transige», déplore le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques, qui parle d'un concept «absolument imprévisible». C'est le contraire, selon le président et fondateur de l'Académie Bitcoin, Jonathan Hamel, qui affirme que le Bitcoin est un choix judicieux pour les virements internationaux. Il reconnaît néanmoins qu'il y a peu d'avantages à s'en procurer au Canada, mais qu'il peut profiter à d'autres pays comme le Venezuela.

Belle visite de Loud, le rappeur québécois de l'heure. Son vidéoclip 56K a été vu plus de deux millions de fois. Et la France tombe sous son charme. Il parle d'argent, de consécration, d'ambition, sous une certaine arrogance sympathique. «Ça fait partie de l'ADN du rap», affirme Loud, de son vrai nom Simon Cliche-Trudeau. Les radios ne tournent pas ses titres, sauf un, Toutes les femmes savent danser, joué par CKOI. Normal, les radios commerciales «n'ont pas tendance à prendre des risques», dit-il lucidement. Des maisons de disques françaises auraient voulu qu'il change son accent. Pas question qu'il modifie sa personnalité. «On ne peut pas tricher là-dessus», a-t-il répliqué.

Jonathan Hamel était intéressé de savoir si Loud aimait les Bitcoin. «Ça se pourrait qu'il s'en câlisse un peu aussi», a lancé Dany Turcotte, la meilleure ligne de la soirée, qui a suscité l'hilarité générale. Comme quoi le Bitcoin n'a pas fait fureur dimanche soir.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.