Autour de la Keurig

Le livre «The You Code» ne date pas d’hier et les critiques de certains lecteurs publiées sur les Internet ne sont pas toutes tendres. Malgré tout, je pense bien le lire. Je le classerai ensuite dans la catégorie des lectures légères et divertissantes. De quoi ça parle ? Les auteurs y dévoilent ce que certaines de nos habitudes nous apprennent sur nous.

Par exemple, notre façon de manger un spaghetti ou celle de ranger notre bureau en diraient long sur notre personnalité. Ce que nous mettons dans notre sandwich au jambon ou le genre d’émissions de télé qu’on écoute aussi.

Spécialisés dans l’analyse du langage du corps, ils y abordent également, paraît-il, ce que nos préférences en terme de café révèlent sur nous. Adeptes du café latté ou du cappucino, sachez qu’une seule tasse de votre boisson préférée peut révéler à la face du monde si vous êtes anxieux, immatures, extravertis ou raffinés.

L’existence de ce livre et de son joyeux contenu m’a fait sourire, car moi aussi, au fil des années, j’ai développé une fine analyse de la personnalité de certains de mes collègues en lien avec leur consommation de café. Celle-ci repose en fait sur le grand principe suivant : « Dis-moi comment tu prépares ton café et je te dirai qui tu es. »

On ne doit jamais sous-estimer ce que peut révéler l’utilisation d’une simple cafetière-Keurig-une-tasse-à-la-fois. N’oublions pas que celle-ci demande pourtant très peu de manipulations. Aucune dans le cas de la préparation d’un café noir. D’ailleurs, ceux qui boivent leur café noir sont, selon moi, des personnes très ordonnées. Propres. Celles qui mettent du sucre, elles, le sont souvent... un peu moins.

Sachez que mon étude repose sur mes années d’expérience en tant que « responsable de la machine à café » au sein du club social du bureau. La bébelle, je la remplis, la nettoie et l’entoure de couleurs (bleu Mocha Java, orange Mélange du matin, jaune Costa Rica, etc.). Je veille au taux de sucre sur le comptoir, à la quantité de lait dans le frigo. Son environnement, j’en prends soin.

C’est donc ainsi que j’ai découvert que pour le lait, le fait d’en ajouter à son café parle davantage sur les capacités motrices d’une personne. Plus le bec verseur du deux litres fait couler le lait comme à travers un arroseur à pelouse, plus c’est signe que la personne qui s’y est attaqué a coulé sa maternelle. Un matin, j’étais certaine que quelqu’un avait ouvert le carton avec des gants de boxe !

J’en reviens au sucre. Personnellement, je me fiche du fait que certaines personnes en tapissent le fond de leur tasse jusqu’au bord, lançant ainsi un défi à leurs artères. Peuvent-elles toutefois le faire sans en saupoudrer partout sur les murs de la cafétéria ?

Y’a des matins où je me questionne à savoir si quelqu’un ne s’est pas servi de notre petit pot de sucre blanc communautaire pour s’épiler tellement le comptoir en est couvert. Le pire, c’est quand j’en extirpe la cuillère collective... on dirait parfois un bâton Rock Sugar cristallisé.

Et ça ne s’arrête pas là. Dans notre souci écologique au club social, j’ai aménagé un petit coin « soucoupe/cuillère » sur le micro-ondes, près du lavabo, pour permettre aux amateurs de lait de brasser leur café, de rincer l’ustensile, pour ensuite pouvoir le remettre à sa place.

Devinez quoi ?

Un jour, quelqu’un avait visiblement mangé de la lasagne avec ladite cuillère, pour ensuite la remettre dans notre « repose cuillère » sans même la laver. Des vrais ados !

Pour les besoins de la cause, j’ai donc pigé une autre cuillère dans ma coutellerie. Au bout de deux semaines, elle avait disparu ! Depuis, on brasse nos cafés avec une paille.

La prochaine cuillère à partager, je vais la fixer au mur au bout d’une chaîne à maillons courts en acier inoxydable.

À force de m’entendre chialer sur leur désinvolture quand vient le temps de se préparer un vanille française ou un colombien noir, je me dis qu’un jour les choses vont changer. J’peux pas croire.

Faire les choses de belle façon et dans le respect, c’est comme le goût du vin ou du café, torrieux, ça doit se développer, non ?