Craig Anderson a fait face à 42 tirs jeudi soir.

Allouer moins de tirs, quelques pistes de solutions

CHRONIQUE / C’était un bon match pour une jeune formation qui a beaucoup de choses à prouver.

Le principal problème des Sénateurs, depuis le début de la saison, est assez facile à identifier. Il s’agit, bien entendu, du filet de Craig Anderson qui se fait bombarder de lancers, soir après soir.

Ils occupaient jeudi matin le 31e rang dans la LNH. Ils avaient alloué, en moyenne, 39,1 tirs à leurs 15 premières parties.

Rien ne nous laisse croire que les choses s’améliorent.

Et, si ça continue comme ça, ils pourraient fort bien établir un record dont ils ne seront pas très fiers.

En 2014-15, les Sabres de Buffalo ont concédé, en moyenne, 35 tirs par match à leurs adversaires.

C’est la marque que personne ne veut battre.

C’était un bon match pour une équipe qui voulait se racheter. Anderson a fait face à 53 lancers, le 28 octobre, à Vegas.

Ce jeudi, les Golden Knights ont lancé 42 fois. Tirez vos propres conclusions.

Guy Boucher prône la patience. Dès que le sujet fait surface, en conférence de presse, il s’empresse de rappeler qu’il mise sur la brigade défensive la moins expérimentée de toute la ligue. Ça cause naturellement des problèmes dans la couverture homme pour homme, à un contre un. Il n’y a pas de raccourcis à prendre, selon lui. Il faut attendre.

Anderson est un bon soldat, lui aussi. Avec son air impassible, il jure qu’il est capable d’en prendre. Lancez, lancez... Je ferai les arrêts.

Lui aussi, semble croire qu’il faut se montrer patient envers les jeunes défenseurs en début de carrière.

C’est là que Mark Borowiecki entre en scène.

Personne, dans le vestiaire, n’est aussi habile que lui quand vient le temps de vulgariser le sport. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa place dans la formation, après avoir été suspendu, puis blessé, je lui a demandé s’il n’y avait pas moyen d’accélérer un peu le processus.

« Il ne faut pas se raconter d’histoires. Il faut suivre le processus », a-t-il commencé.

Mark Borowiecki

« Mais, tu sais, les gens aiment bien montrer les défenseurs du doigt. Ils aiment bien montrer les jeunes défenseurs du doigt, surtout. Soyons sérieux. La couverture, en territoire défensif, c’est l’affaire de tous les joueurs qui sont sur la patinoire. »

Les défenseurs ont une grosse part du travail à faire, insiste-t-il. Ils peuvent travailler plus fort pour isoler le porteur de la rondelle. Ils peuvent se montrer plus affamés quand vient le temps de sauter sur les rondelles libres. « Ce sont des choses qui pourraient nous aider à contrôler davantage le jeu. »

Borowiecki parle aussi d’améliorer la communication.

« Parfois, quand on se fait attaquer, on tombe en mode survie. Dans ce temps-là, on peut oublier de parler à nos coéquipiers. C’est un autre aspect du jeu où il est assez facile de s’améliorer. Les bons leaders n’ont pas peur de guider les autres joueurs, dans le feu de l’action. »

« On en parle. Beaucoup. On sait trop bien que si on continue d’allouer plus de tirs ou de chances de marquer à nos adversaires, la rondelle va se retrouver plus souvent dans le rond de notre filet. Il faut que ça s’améliore. »

***

Borowiecki a récité tout cela de manière très sérieuse, mais il s’est quand même permis une pointe. « Tu ne peux pas me tenir responsable de ce qui s’est passé à Vegas. J’ai joué tout juste trois minutes, dans ce match-là ! »

Très tôt, en première période, il a été expulsé à la suite d’une mise en échec à la tête de Cody Eakin.

Cette charge lui a valu sa plus récente suspension.

« Non, je n’ai pas l’intention de changer quoi que ce soit à ma façon de jouer », dit-il, allant au-devant des questions.

Pas question de changer, même s’il a déjà été suspendu à deux occasions depuis le début de la présente saison.

« À la fin de la journée, je n’ai aucun contrôle sur la façon dont certaines personnes interprètent mes mises en échec. La plupart des gens de la LNH me connaissent bien, après toutes ces années. Ils savent que je respecte énormément mes semblables, à l’extérieur de la patinoire. Je ne deviens pas une personne complètement différente, en appuyant sur un interrupteur, quand je chausse mes patins. »

« Je ne changerai rien, jure-t-il. Si je deviens plus timide, ça n’affectera pas uniquement mon jeu physique. Ça va affecter l’ensemble de mon jeu. »